Aujourd’hui en Europe

Aujourd’hui en Europe - 24 septembre 2026

Rencontre à la Commission européenne de Péter Magyar, Premier ministre hongrois désigné, et d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 29 avril 2026. © Union européenne , 2026 - CE - Service audiovisuel Aujourd’hui en Europe - 24 septembre 2026
Rencontre à la Commission européenne de Péter Magyar, Premier ministre hongrois désigné, et d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 29 avril 2026. © Union européenne , 2026 - CE - Service audiovisuel

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • Hongrie : l’Union européenne débloque 4,2 milliards d’euros de fonds européens pour le pays. 
  • Assemblée générale de l’ONU : l’intelligence artificielle au centre des débats. 
  • Belgique - Rwanda : le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays. 

On commence ce journal en Hongrie avec l’annonce de l’Union européenne de débloquer 4,2 milliards d’euros de fonds européens pour le pays. 

La décision est une réponse aux mesures prises par le nouveau gouvernement de centre droit de Péter Magyar, le Tisza, pour rétablir l’État de droit.  Ursula von der Leyen a salué les efforts de celui-ci vers un retour à l’État de droit et a annoncé, en plus du budget débloqué pour la Hongrie, rouvrir intégralement l’accès aux programmes Erasmus et Horizon Europe aux étudiants et chercheurs hongrois. 

Mais pourquoi cet argent avait-il été bloqué initialement ? 

C’est en décembre 2022 que le Conseil de l’UE avait décidé de geler ces financements destinés à la Hongrie en raison de préoccupations face aux dérives du gouvernement Orbán, notamment liées aux droits des personnes LGBT+, des demandeurs d’asile, de la corruption et des situations de conflits d'intérêts sous l’administration de Viktor Orbán. Le mécanisme de conditionnalité, mis en place en 2020, permet à l’UE de bloquer des versements quand elle estime que l’atteinte à l’État de droit risque d’affecter la bonne utilisation de ces fonds. La Hongrie avait également été exclue de certains programmes européens en raison d’inquiétudes de l’UE concernant la liberté académique. Une vingtaine d'universités avaient donc été exclues du programme d’échange Erasmus et du programme de recherche Horizon. 

Ce déblocage est une étape de plus dans la normalisation en cours entre Budapest et Bruxelles.

La victoire de Péter Magyar a officiellement mis fin, en mai 2026, au régime de Viktor Orbán, en place depuis 16 ans, et aux relations particulièrement orageuses avec les institutions européennes. Pour répondre aux exigences de Bruxelles, Budapest a notamment pris des mesures pour améliorer la transparence des marchés publics et l’utilisation des dépenses publiques. Dans ce contexte, le nouveau pouvoir a également créé une nouvelle institution : l'Office national de récupération et de protection des avoirs pour récupérer l’argent public indûment versé à des affidés du régime de Viktor Orbán. 

Le déblocage de ces fonds doit encore être confirmé par les 27.

La Commission a proposé de lever les mesures de protection, mais la décision doit encore être validée par les États membres. Si la procédure aboutit, la Hongrie pourrait recevoir ces premiers fonds de cohésion dans les prochaines semaines. Une aide budgétaire essentielle pour le pays, car l’ensemble des 16,4 milliards d'euros représente environ 13 % du budget du pays.

On continue ce journal à New York, où l’intelligence artificielle aura constitué un sujet central à l’Assemblée générale des Nations Unies. 

Ce mercredi, le Conseil de sécurité, présidé par la France, s’est pour la première fois concentré sur le danger que représente l’intelligence artificielle pour la sécurité. Des entreprises clés du secteur étaient notamment invitées à participer à la réunion, dont OpenAI, Anthropic et Hugging Face. Les patrons ont chacun reconnu les dérives que pouvait représenter cette nouvelle technologie. « La maîtrise de l’IA est la question de sécurité internationale la plus importante à laquelle fait face l’humanité », a mis en garde Dario Amodei, le patron d’Anthropic.

Quelle position adopter face à ce danger ? La question fait débat. 

Mardi, une vingtaine de dirigeants, dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avaient appelé à mettre en place des mesures contraignantes face à la course à l’intelligence artificielle. Du côté de la France, un responsable a expliqué vouloir « prendre le temps » d’examiner le texte. Selon Emmanuel Macron, l’heure est au développement des technologies indépendantes. De leur côté, les États-Unis, la Chine, mais aussi la Russie refusent l’idée d’une gouvernance mondiale sur l’IA, en mettant en avant le respect de la souveraineté des pays.

On clôture ce journal en Belgique qui vient de rétablir ses relations diplomatiques avec le Rwanda.

Le 17 mars 2025, le Rwanda avait rompu ses relations avec la Belgique, lui reprochant un positionnement en faveur de Kinshasa durant le conflit en République démocratique du Congo. Pour rappel, en décembre 2024, le groupe armé M23, soutenu par l’armée rwandaise, avait lancé une offensive en RDC, dans l’est du pays. Bruxelles avait lourdement dénoncé cette attaque, allant jusqu’à demander des sanctions contre le Rwanda à l’Union européenne. Une réaction qui avait précipité la dégradation des relations diplomatiques. Le Rwanda reprochait notamment à la Belgique de « maintenir ses illusions néocoloniales ». 

Après dix-huit mois de rupture diplomatique, qu’en est-il ? 

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, les deux pays ont publié un communiqué ce mardi dans lequel ils annonçaient rétablir le dialogue. Selon le texte, cette réconciliation est le fruit de négociations diplomatiques étendues sur ces derniers mois. « La Belgique et le Rwanda réaffirment leur engagement au maintien d’un dialogue ouvert, franc et transparent » indique le communiqué. Des négociations qui se sont tenues sous les auspices du Qatar, qui a joué un rôle important de médiateur. Les ambassades bilatérales respectives devront rouvrir d’ici peu. 

Ce rétablissement des relations avec le Rwanda change-t-il la position de la Belgique sur le conflit en RDC ? 

Maxime Prévot, ministre belge des Affaires étrangères, maintient la position de la Belgique. « Rétablir les relations ne signifie pas qu’on renie notre position ou qu’on fait le choix de se taire », a-t-il affirmé mardi soir à l’agence de presse Belga. Cela ne remet donc pas en cause le soutien de la Belgique à la République démocratique du Congo et la demande de retrait des troupes rwandaises. 

Un journal de Elise Houben, Audrey Heller et Thomas Kox.