Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.
Au programme :
- Russie : les élections législatives se clôturent après trois jours.
- Allemagne : le coup de tonnerre des résultats des élections régionales à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale ce dimanche.
- Groenland : un accord sur la sécurité du territoire conclu vendredi entre les États-Unis et le Danemark.
On ouvre ce journal en Russie, où les élections législatives russes se sont clôturées ce dimanche.
Depuis vendredi et jusqu’à dimanche, les Russes ont été appelés à voter pour renouveler les 450 sièges de la Douma d’État, la chambre basse du Parlement russe. Le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie, est donné vainqueur dimanche soir, avec 57,5 % des voix, soit 8 points de plus par rapport à 2021.
Ce sont les premières élections législatives depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.
Seuls les partis qui soutiennent le président Vladimir Poutine et la guerre ont été autorisés à se présenter aux élections. Depuis son arrivée au pouvoir, en 2000, les élections se déroulent dans un climat de plus en plus répressif. Les bureaux de vote étaient équipés de caméras, ce qui ne permettait pas de garantir le secret du vote. En outre, les électeurs ont été encouragés à voter par voie électronique, ce qui facilite les fraudes. Pour maximiser son score, le régime a notamment interdit au parti anti-guerre Iabloko de se présenter. Certains candidats du parti ont pu, dans un premier temps, se présenter individuellement, mais ont rapidement été interdits de concourir. Le parti a d’ailleurs invité les citoyens russes à boycotter les élections alors que l’opposition en exil avait appelé à voter, dans tous les cas, contre le parti de Poutine.
Les élections se déroulent dans un contexte particulier, celui de la guerre.
La Commission électorale en Russie a observé plus d’un millier d’attaques informatiques visant à perturber les élections. Ella Pamfilova, la présidente de la commission, a dénoncé “une ingérence ukrainienne”. Dimanche matin, Moscou a été la cible de centaines de drones ukrainiens. Au moins deux personnes ont été tuées. Le maire de la ville, Sergueï Sobianine, a dénoncé, je cite, une “attaque sans précédent”, qui “a été clairement planifiée pour perturber les élections”.
Sous la menace de Moscou, les habitants ukrainiens des régions annexées ont également été appelés à voter.
L’objectif derrière ces votes est de montrer au monde et aux habitants des territoires annexés qu’ils font désormais partie de la Russie. Pour le centre de lutte contre la désinformation ukrainien, c’est aussi un moyen pour la Russie de contrôler la population et d’identifier ceux qui ne coopèrent pas. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe avait déjà déclaré en août que les résultats des élections dans ces régions ne seraient pas pris en compte au regard du droit international.
On continue ce journal en Allemagne, après le nouveau coup de tonnerre qu’ont constitué les résultats des élections régionales à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale ce dimanche.
Deux semaines après les élections en Saxe-Anhalt, les Allemands des deux régions étaient appelés ce dimanche à voter pour renouveler leur parlement respectif. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne a obtenu environ 38 % des suffrages. Une nette progression comparée à 2021 où ils avaient obtenu 16,7 % des voix. Le Parti social-démocrate se retrouve devancé, avec 36 % des suffrages. Cependant, une alliance avec d’autres partis de gauche devrait lui permettre de conserver le contrôle de l’exécutif régional.
Qu’en est-il à Berlin ?
Dans la ville-État, c’est le parti de gauche radicale Die Linke qui a remporté les élections. Il dépasse la CDU, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne, qui obtient 20 % des suffrages, et l’AfD, qui, elle, récolte 15 % des suffrages. Le parti d’extrême droite progresse également nettement, puisqu’il obtenait 9 % il y a trois ans. La tête de liste de Die Linke, Elif Eralp, a déclaré à la suite des résultats : “Dans notre ville, la liberté et la justice ont triomphé de la haine”.
Une situation compliquée pour le chancelier Friedrich Merz, membre de la CDU.
La CDU enregistre coup sur coup des défaites d’une ampleur inédite. Il ne parvient même pas à entrer au parlement régional en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, n’ayant pas atteint les 5 % requis pour être représenté. Le chancelier a reconnu avant l’annonce des résultats “un désastre électoral”. Il a cependant promis de poursuivre les réformes dans lesquelles il s’était engagé. Il exclut ainsi de quitter ses fonctions de chancelier et de président de la CDU, après des spéculations depuis plusieurs jours à ce sujet.
On termine ce journal au Groenland, où les États-Unis et le Danemark ont annoncé avoir conclu un accord sur la sécurité du territoire.
Vendredi soir, le président américain Donald Trump a annoncé qu’un accord entre les trois parties avait été trouvé. Le contenu du texte reste encore inconnu, mais il accorderait un contrôle permanent aux États-Unis sur la sécurité du territoire. Il donnerait aussi à Washington un droit de regard et de contrôle au sujet de toute présence militaire sur ce territoire. Un dispositif qui assure qu’aucun adversaire des États-Unis ne puisse s’établir militairement au Groenland, visant notamment la Russie ou la Chine, selon un responsable du département d’État sous couvert de l’anonymat.
Un soulagement pour le Danemark à qui appartient ce territoire autonome.
La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a félicité l’accord qui, je cite, “respecte la souveraineté du Danemark, le droit à l'autodétermination des populations locales” et qui “renforce la sécurité de l'Arctique”. Un accord qui “bénéficie à l’OTAN et à l’Europe”. Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a pour sa part affirmé que l’accord garantissait la sécurité du Groenland, du Danemark, des États Unis et de l’Occident.
De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé qu’il s’agissait d’une “énorme victoire” obtenue par Donald Trump.
Pourtant, des commentateurs danois nuancent la portée de cette “victoire” américaine. Ils rappellent que Washington avait déjà la capacité de renforcer sa présence militaire sur l’île, avec un accord de défense datant de 1951, actualisé en 2004, qui donne un accès privilégié aux États-Unis. Le texte doit être signé cette semaine à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Il devra ensuite être ratifié par les parlements du Groenland et du Danemark.
Un journal de Audrey Heller et Thomas Kox.