Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 2 avril 2025

© Kremlin.ru Aujourd'hui en Europe - 2 avril 2025
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Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'euradio à Bruxelles. Avec Gaspard Timmermans, Robin Job Thomas Kox, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde.

Au programme: 

- Les extrêmes droites unies après l’annonce de l'inéligibilité de Marine Le Pen

- Milorad Dodik, le président de la Republika Srpska, présent à Moscou

- L’amende de 458 millions d’euros infligée par la Commission européenne à quinze groupes automobiles

Bonjour, on ouvre ce journal en abordant la condamnation de Marine Le Pen, figure de l’extrême droite française. Pour rappel, cette dernière a été reconnue coupable, lundi 31 mars, avec 23 des co-accusés de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement National, anciennement Front National.

Oui en effet, le verdict a ébranlé la presse européenne à l’instar du journal belge La Libre qui a évoqué un “tremblement de terre politique”. Et pour cause les magistrats du tribunal correctionnel de Paris ont requis contre Marine Le Pen, une peine de quatre ans d’emprisonnement dont deux ans ferme aménageables avec un bracelet électronique ainsi que 100 000 euros d’amende. Toutefois, la sanction la plus décisive reste l’annonce de sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, ce qui pourrait l'empêcher de se présenter aux présidentielles de 2027. 

Même si le délit financier reproché à Marine Le Pen est important, l'ensemble des extrêmes droites européennes lui ont immédiatement apporté leur soutien.

Oui en effet, rappelons que le préjudice total s’élève à 4,4 millions d’euros. Le parti a été reconnu coupable d’avoir mis en place, pendant douze ans, un système d’emplois fictifs d’assistants parlementaires européens aux dépens du Parlement européen.

Les figures incontournables des extrêmes droites européennes ont immédiatement fait bloc pour soutenir leur alliée française. “Je suis Marine” écrivait notamment Viktor Orban sur le réseau social X. Aux Pays Bas, le dirigeant de la formation d’extrême droite Parti pour la liberté, Geert Wilders, s’est quant à  lui  dit « choqué » par le verdict « extrêmement sévère »  contre Marine Le Pen. .  

C’est « un mauvais film que nous voyons aussi dans d’autres pays comme la Roumanie », a poursuivi Matteo Salvini, le vice premier ministre italien après avoir parlé d’une, je cite, « déclaration de guerre de Bruxelles » 

Oui ce dernier fait référence au candidat d'extrême droite roumain, Calin Georgescu, dont la  victoire au premier tour de la présidentielle avait été annulée en décembre 2024 après des soupçons d’ingérence massive de puissances étrangères, la Russie en tête. Néanmoins, rappelons que dans son jugement, le tribunal correctionnel de Paris insiste sur sa responsabilité de veiller à ce que “les élus, comme tout justiciable, ne bénéficient pas d’un régime de faveur” estimant qu’au vu des faits “il apparaît nécessaire (…) d’assortir les peines d’inéligibilité prononcées de l’exécution provisoire”. On est donc loin de la  “violation des normes démocratiques” dénoncée par Vladimir Poutine. 

On continue ce journal en évoquant  la situation en Bosnie. Dans une vidéo, Milorad Dodik, le président de la Republika Srpska, la région serbe de Bosnie, a annoncé ce lundi 31 mars, qu’il se trouve à Moscou alors qu’il est pour rappel sous le coup d’un mandat d’arrêt international. 

Oui, condamné le 26 février à un an de prison et à six mois d’interdiction d’exercer, Milorad Dodik est poursuivi par la justice bosnienne pour avoir rejeté l’autorité du Haut représentant international chargé de superviser l’accord de paix en Bosnie-Herzégovine. Il est par ailleurs visé par un mandat d’arrêt international depuis le 27 mars après des soupçons d’attaques contre l’ordre constitutionnel du pays. Malgré cette condamnation, le chef de la Republika Srpska a multiplié les déplacements à l’étranger, se rendant en Serbie, en Israël, et désormais en Russie.

Dans son message vidéo de deux minutes, Dodik ne se contente pas d’annoncer son arrivée à Moscou.

Effectivement, il y salue également, je cite, le « leader historique (…) du peuple russe, Vladimir Poutine ». Le président russe qui l’a reçu ce mardi 1er avril au Kremlin et lui aurait d’ailleurs affirmé que “La Russie s'engagerait, je cite,  à mettre fin au travail des institutions internationales, visant en particulier la fonction de haut représentant de la communauté internationale en Bosnie.

Rappelons que le Haut représentant international en Bosnie-Herzégovine, Christian Schmidt , est l’homme qui a pour fonction de faire appliquer les accords de Dayton qui avaient mis fin à la guerre en 1995.

Oui le Haut-représentant est garant de la paix en Bosnie. Il a fort à faire depuis des années face aux prises de position et actions sécessionnistes du leader de la région serbe de Bosnie, Milorad Dodik, dont les actions attisent les tensions dans la région. C’est dans ce contexte qu’un mandat d’arrêt a été émis à son encontre par la cour de justice bosnienne.

Malgré ce mandat, aucune notice rouge n’a, à ce jour, été publiée sur le site d’Interpol.

Oui, en effet une notice rouge consiste en une demande adressée aux services chargés d’appliquer la loi et ce dans le monde entier. Elle a pour but de localiser une personne afin de pouvoir l’arrêter provisoirement dans l’attente de son extradition. Il faut notifier qu’Interpol doit, avant d’émettre une “notice rouge”, faire une enquête préalable qui peut parfois s’avérer longue.

On termine ce journal en évoquant l’amende de 458 millions d’euros que vient d’ infliger la Commission européenne à quinze groupes automobiles ainsi qu’à l’association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) accusée d’entente sur le recyclage 

Oui en effet, mardi 1er avril, l’Union européenne a sanctionné des grands constructeurs automobiles comme Volkswagen (127,7 millions d’euros), Renault-Nissan (81,5 millions) et Stellantis (74,9 millions)  tandis que Mercedes-Benz échappe à l’amende grâce au programme de clémence de la Commission face à laquelle elle a reconnu avoir participé à une entente sur le recyclage.   

Ces constructeurs automobiles se sont en effet mis d’accord pendant plus de 15 ans pour accepter de ne pas se faire concurrence en gardant le silence auprès des consommateurs sur la part des matériaux recyclés dans les voitures à vendre. Plus encore, ils se sont coordonnés "pour éviter de payer des services de recyclage pour les véhicules en fin de vie" a souligné Teresa Ribera, la commissaire à la concurrence. 

Une décision ferme qui intervient le jour où la Commission a finalement proposé d'assouplir les normes d'émission de CO2 après des mois de campagne de la part de l'industrie automobile.

En effet, alors que les normes d'émission de CO2 devaient être respectées dès cette année, la Commission a fait un pas en arrière en proposant que la conformité aux normes soit évaluée sur une moyenne de trois ans à partir de 2025 pour laisser le secteur automobile s’adapter. 

Un journal de Assia Patel, Isaline Feller et Gaspard Timmermans.