Les éclaireurs du voyage

Le voyage de Giovanni Caboto

© DR Le voyage de Giovanni Caboto
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Toutes les semaines, Stéphanie Taupin et Fabien Hée vous emmènent à la découverte de l'Europe... et plus si affinité ! Les cofondateurs de l'agence Les Éclaireurs Du Voyage ramènent de leurs repérages sur le terrain, souvenirs de rencontres, trouvailles insolites et conseils pour vos prochains voyages. Un regard parfois amusé, toujours sincère, sur ces destinations qui nous entourent et nous en font voir de toutes les couleurs.

Bonjour Fabien Hée,

Bonjour Laurence,

Vous êtes cofondateur de l’agence Les Éclaireurs du Voyage, et aujourd’hui vous nous emmenez sur les traces d’un grand navigateur de la fin du 15e siècle.

Absolument Laurence. Il s’agit de Jean Cabot, Giovanni Caboto en italien, un navigateur vénitien engagé par le roi d’Angleterre Henri VII. En mai 1497, il quitte Bristol à bord d’un petit navire nommé Matthew avec une vingtaine d’hommes. Après plusieurs semaines de traversée parfois périlleuse dans l’Atlantique Nord, il aperçoit une terre le 24 juin 1497.

Ce rivage, Cabot le baptise «Terre-Neuve » et y plante le drapeau anglais au nom du roi. Il note notamment l’abondance exceptionnelle de morues le long de ces côtes, sans pour autant établir de colonie. Cabot revient ensuite en Angleterre, persuadé d’avoir franchi l’Atlantique et d’avoir peut-être touché l’Asie.

Qu’est-ce qui distingue Jean Cabot des autres grands navigateurs de son époque ?

Ce qui rend Jean Cabot fascinant, c’est avant tout son audace et son pragmatisme. Contrairement à d’autres, Christophe Colomb par exemple, il n’est pas mu par la conquête ou la recherche d’or : c’est un marchand-navigateur pragmatique. Cabot proposa à Henri VII un itinéraire original, passant plus au nord de l’Atlantique pour éviter les routes espagnoles et portugaises. Il n’a pas suivi aveuglément les certitudes de son temps : il interroge les cartes existantes et croit possible un autre chemin vers l’Asie.

Jean Cabot n’était pas un conquérant. Il n’a pas fondé de colonie, n’a pas accumulé de trésor. Ce qu’il a laissé, c’est une carte mentale, un cap, une ouverture. Il est plutôt un visionnaire du voyage, dont le nom reste associé à la quête du passage du Nord-Ouest vers les Indes.

Cette arrivée du 24 juin 1497, qu’est-ce qu’elle représente symboliquement ?

Cette arrivée symbolise l’esprit d’exploration et d’innovation. Jean Cabot quitte Bristol avec une intuition forte : « si l’Ouest mène aux Indes, pourquoi ne pas essayer plus au nord, loin des routes déjà empruntées ». Plutôt que de confirmer les connaissances établies, il choisit de douter et de tracer son propre cap.

C’est une véritable leçon de voyage : les découvertes majeures naissent souvent quand on ose jeter par-dessus bord les cartes connues. Cabot incarne donc l’audace de remettre en question les certitudes cartographiques de l’époque et de s’ouvrir à l’inconnu.

Peut-on aujourd’hui proposer un itinéraire touristique qui suit ces traces ?

Direction Terre-Neuve, où débarqua Cabot en 1497. Au cap Bonavista, une statue de Jean Cabot commémore son arrivée et un musée expose une réplique de son navire. Ce petit port historique, avec ses maisons colorées et son phare du XIXe siècle, permet de ressentir l’écho de cette première rencontre avec l’Amérique du Nord.

On peut y observer des icebergs ou des baleines au large, rappelant les énergies naturelles qu’il a découvertes. Enfin, on gagnerait la Nouvelle-Écosse, où la fameuse Piste Cabot offre 300 km de panorama côtier autour de l’île du Cap-Breton. Cette route panoramique suit en partie les eaux que Cabot a longées.

Un endroit à nous recommander particulièrement sur ce parcours ?

Sans hésiter, le cap Bonavista en Terre-Neuve. C’est précisément là qu’en 1497 Jean Cabot « rencontra enfin l’Amérique du Nord », comme le souligne le site de tourisme de Terre-Neuve. Sur cette pointe exposée aux vents, on retrouve un phare historique et une plaque commémorative. On imagine aisément Cabot prenant pied et plantant le drapeau anglais face à l’immensité de l’Atlantique.

Le village de Bonavista, avec son port de pêche traditionnel et ses bâtiments d’autrefois, fait palpiter le lien entre l’Ancien et le Nouveau Monde. La statue du navigateur, face au large, donne un léger frisson. Bref, Bonavista est pour moi le lieu le plus émouvant de ce voyage historique.

Quelle est la meilleure saison pour découvrir ces régions ?

En pratique on privilégie l’été nordique. Les côtes de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse sont très venteuses et froides en hiver. La période la plus favorable s’étend de fin mai à mi-octobre. L’été offre des températures plus douces, un ensoleillement maximal et la possibilité d’observer la faune marine : baleines, macareux, icebergs flottants... C’est le moment où les villages historiques comme Bonavista vivent à plein, et où la route panoramique du Cap-Breton est dégagée pour admirer les falaises et les lacs.

Merci Fabien...

Merci Laurence, et à la semaine prochaine !

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.

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