Échos d'Europe

Le dialogue intergénérationnel comme fondement de la cohésion sociale : le modèle Points4Action avec Bernadette Pirker et Marie-Theres Svoboda

Photo de Kaspars Eglitis sur Unsplash Le dialogue intergénérationnel comme fondement de la cohésion sociale : le modèle Points4Action avec Bernadette Pirker et Marie-Theres Svoboda
Photo de Kaspars Eglitis sur Unsplash

Michel Derdevet, président du think tank Confrontations Europe revient dans cette chronique hebdomadaire sur les dernières publications de son organisation, notamment de sa revue semestrielle. Énergie, numérique, finances, gouvernance européenne, géopolitique, social, les sujets d'analyse sont traités par des experts européens de tout le continent dont le travail est présenté par Michel Derdevet.

Lors de la publication de son dossier sur l’engagement des jeunes, Confrontations Europe s’est penché sur le dialogue intergénérationnel comme fondement de la cohésion sociale. Dans cet épisode d’Echos d’Europe, Michel Derdevet revient sur le modèle Points4Action, évoquée par Bernadette Pirker et Marie-Theres Svoboda Responsables de l’information aux jeunes et du projet Points4Action à l’association LOGO.

Pourquoi le dialogue entre les générations est-il devenu un enjeu de société majeur aujourd’hui ?

Le changement démographique est l'un des défis majeurs du XXIe siècle. Avec la baisse de la natalité et l'augmentation de l'espérance de vie, notre structure sociale se transforme. Mais au-delà des chiffres, c'est un enjeu de cohésion sociale.

Aujourd'hui, l'individualisation et la numérisation rendent les rencontres personnelles plus difficiles. On observe un paradoxe : de nombreux seniors souffrent d'isolement, tandis que les jeunes cherchent du sens et une reconnaissance dans la communauté. Le dialogue intergénérationnel permet de recréer ce lien : les aînés apportent leur expérience, et les jeunes leurs perspectives nouvelles. C’est dans cette rencontre que se construit la résilience de notre démocratie.

En quoi consiste le projet Points4Action et comment fonctionne-t-il ?

Lancé à Graz en 2006, Points4Action invite les jeunes de 13 à 18 ans à s’engager bénévolement dans des établissements pour personnes âgées ou dans des maisons multigénérationnelles. L'idée n'est pas de prodiguer des soins médicaux, mais de privilégier la rencontre humaine : discuter, jouer, lire ou aider à l'utilisation du numérique.

Le système repose sur une reconnaissance innovante : pour chaque heure passée, le jeune reçoit un "point". Ces points sont une sorte de monnaie symbolique échangeable dans des entreprises locales partenaires (cinémas, piscines, auto-écoles). C’est une manière pour la ville de dire que le "temps social" a une valeur réelle, sans pour autant transformer le bénévolat en simple job marchand. L'engagement reste volontaire et autodéterminé.

Quel est l’impact réel de cette initiative sur les participants et sur la société ?

Les résultats sont profonds et dépassent les chiffres (même si les 60 000 heures de bénévolat accumulées sont impressionnantes).

Pour les seniors : C'est un remède puissant contre la solitude. Ils se sentent à nouveau valorisés et écoutés, ce qui améliore leur qualité de vie.

Pour les jeunes : Ils voient qu'ils ont un rôle à jouer. L'étude montre que si le système de points les attire au début, c'est l'intérêt pour l'autre qui les fait rester. Ils développent des compétences sociales (empathie, responsabilité) qui leur serviront toute leur vie.

Au final, Points4Action transforme les maisons de retraite en lieux de rencontre citoyens. C'est une véritable bataille contre l'exclusion : en apprenant à se connaître, les générations cessent d'être des groupes séparés pour devenir des partenaires solidaires.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.