Voyage, transport, e-commerce, protection des données personnelles… Les 3/4 des droits des consommateurs qui s’appliquent en France comme dans les autres pays européens sont issus de directives et règlements européens. Dans cette chronique, Elphège Tignel, du Centre Européen des consommateurs France, vous explique sur euradio comment l’Europe protège les consommateurs dans leur vie quotidienne et quels sont vos droits si vous voyagez, déménagez, achetez, payez, étudiez, téléphonez… en Europe.
2026 s’annonce comme une année de changements importants pour les citoyens européens. Et vous avez décidé de nous parler de ce que l’Europe réserve concrètement aux consommateurs.
Oui 2026 va apporter son lot de nouveautés ! Plus de protection, plus de transparence et parfois même… moins de frais ! Plusieurs mesures entrent en vigueur cette année. Elles devraient faciliter le quotidien des voyageurs, des acheteurs et plus largement de tous les consommateurs européens.
On commence par une nouveauté qui va faciliter les voyages en Europe : la Bulgarie passe à l’euro.
C’est le 21e pays à intégrer la zone euro ! Depuis le 1er janvier, la Bulgarie a officiellement adopté l’euro et est entrée dans une période transitoire d’un mois. C’est-à-dire, qu’il est encore possible de payer en lev jusqu’au 1er février prochain.
Désormais, il n’est donc plus nécessaire de passer par un bureau de change en arrivant en Bulgarie. Fini les frais de conversion bancaire et les mauvaises surprises liées au taux de change. Les consommateurs pourront aussi comparer plus facilement les prix. Autant sur place ou sur des sites marchands bulgares.
Vous l’avez compris, un week-end à Sofia est donc aussi simple qu’un week-end à Rome !
L’Europe veut aussi allonger la durée de vie de nos appareils du quotidien.
Exactement. , l’Europe renforce le droit à la réparation.
D’ici au 31 juillet, tous les États membres doivent transposer la nouvelle directive qui oblige les fabricants à proposer la réparation, même après les deux ans de garantie légale. Cette obligation s’imposera, par exemple, aux fabricants de smartphones, de lave-linge, de tablettes ou d’aspirateurs.
Ainsi, votre téléphone acheté en 2023 pourra encore être réparé par le fabricant jusqu’en 2026. Ce ne sera pas forcément gratuit, bien sûr, mais les tarifs devront être justes, proportionnés et transparents.
Et autre point important : si vous privilégiez la réparation au remplacement pendant la période de garantie légale, celle-ci sera automatiquement prolongée de douze mois. Contre 6 mois actuellement en France.
Autre ambition de l’Union européenne : améliorer l’information sur les garanties
Oui. Et pour cela, l’Europe crée un nouveau label.
Obligatoire à partir du 27 septembre prochain, ce label indiquera clairement que tous les produits vendus dans l’UE bénéficient d’une garantie légale d’au moins deux ans.
Il rappellera également que cette garantie peut être plus longue dans certains pays, et qu’en cas de défaut, le consommateur dispose de droits précis : réparation, remplacement, remboursement ou réduction du prix.
Le label intégrera un QR code permettant d’accéder à une page détaillant les règles de garantie pour chaque pays.
Et si les fabricants considèrent leurs produits plus « durables », un deuxième label distinct devra obligatoirement être affiché. Il informera les consommateurs sur la garantie commerciale de durabilité offerte pour une durée de plus de 2 ans.
L’Europe s’attaque aussi aux fausses promesses écologiques.
En effet. Les mesures visant à lutter contre le greenwashing deviennent encore plus concrète cette année.
À partir du 27 septembre, les entreprises ne pourront plus utiliser des termes vagues comme “écologique”, “vert”, “neutre en carbone” ou “respectueux de l’environnement” sans justification précise. Toutes les déclarations environnementales devront être fondées sur des preuves vérifiables, des données fiables et contrôlables.
L’objectif, c’est de protéger les consommateurs contre les arguments marketing verts. Des techniques commerciales qui masquent des pratiques pas si écologiques que ça.
Enfin, l’Europe va mieux encadrer les achats à crédit et notamment les solutions de paiement qui permettent d’acheter maintenant mais de payer plus tard.
Oui, les nouvelles règles de la directive sur le crédit à la consommation s’appliqueront aux contrats conclus à partir du 20 novembre.
Elles concernent les petits prêts de moins de 200 euros, les crédits très courts ou sans frais, et les solutions « Buy Now, Pay Later » très utilisées par les achats en ligne.
Cette solution de paiement permet en effet d’acheter un produit immédiatement et de le régler plus tard, soit en un seul paiement différé, soit en plusieurs échéances souvent sans frais apparents. Mais en réalité, il s’agit bien d’une forme de crédit. Si le consommateur ne respecte pas les échéances, il peut devoir payer des pénalités, voire s’exposer à un risque de surendettement. D’où la volonté de l’Union européenne de mieux l’encadrer en 2026.
Les prêteurs devront expliquer les conditions et les coûts de manière claire et transparente, afin de prévenir les mauvaises surprises. Mais ils devront aussi procéder à une vérification plus stricte de la solvabilité du consommateur avant d’accorder un crédit.
Vous l’aurez compris, 2026 sera riche en nouveautés pour les consommateurs européens. Je ne manquerai pas de tout vous expliquer tout au long de l’année, ce que ces nouvelles règles changent dans votre quotidien.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.