L'éco de Marc Tempelman

L’impact du budget 2026

Photo de Jakub Żerdzicki sur Unsplash L’impact du budget 2026
Photo de Jakub Żerdzicki sur Unsplash

Chaque semaine sur euradio, retrouvez Marc Tempelman, le cofondateur de l’application d’épargne gratuite Cashbee, qui traite les sujets et les actualités de la finance.

Nous accueillons Marc Tempelman, le cofondateur de la plateforme d’investissement Cashbee. Nous discutons toutes les semaines de finance. Bonjour Marc.

Nous avons enfin un budget 2026. Celui-ci inclut de nouvelles mesures qui font beaucoup réagir les épargnants. Quel est, selon vous, le changement le plus marquant cette année ?

Bonjour. Sans hésiter, c’est la hausse de la CSG sur les revenus du capital qui marque un tournant. Celle-ci augmente de 9,2% à 10,6% sur la plupart des placements des Français. Ce qui augmente la taxe sur les revenus générés par ces placements de 30% à 31,4%. Elle touche directement ce que j’appelle les investissements « productifs », c’est-à-dire ceux qui financent l’économie réelle : actions, obligations, PEA, PER, parts de fonds… Autrement dit, les placements qui soutiennent les entreprises et l’économie réelle.

Concrètement, qu’est-ce que cela change pour un épargnant individuel ?

Cela signifie que les revenus issus de ces placements sont davantage ponctionnés. Les dividendes, les intérêts versés sur les obligations, les plus-values générés au sein d’un PER supportent désormais une fiscalité plus lourde. Résultat : le rendement net baisse, parfois de manière significative.

À l’inverse, certains placements ne subissent pas cette hausse de la CSG …

Oui, et c’est là toute la contradiction. Des produits comme le Livret A, le LDDS - entièrement défiscalisés - ou encore l’assurance vie bénéficient d’un cadre fiscal stable. On se retrouve donc avec un système qui pénalise davantage ceux qui prennent des risques pour investir dans l’économie, et qui favorise l’épargne de précaution.

Peut-on parler d’un signal négatif envoyé aux investisseurs ?

Clairement. Aussi parce que la fameuse “flat tax” qui fut égale pour tout type de placement, est maintenant différente selon le support d’investissement choisi. Ce qui complexifie la vie de l’épargnant. En outre, cette augmentation sélective de la CSG risque de décourager l’investissement en actions ou en supports dynamiques. Or, ce sont ces investissements qui financent l’innovation, l’emploi et la croissance. On envoie le message suivant : « Il vaut mieux épargner sans risque que soutenir l’économie. » C’est un vrai sujet.

Parlons maintenant spécifiquement du Plan d’Épargne Retraite. Quelles sont les principales évolutions qui le concernent ?

Le PER est à la fois gagnant et perdant dans cette réforme.
Côté positif, certaines mesures renforcent sa souplesse, notamment sur l’utilisation des plafonds de déduction ou sur certains cas de sortie. Cela permet à certains épargnants d’optimiser davantage leur stratégie fiscale.

Et du côté des aspects défavorables ?

Il y en a plusieurs. D’abord, la hausse de la CSG affecte aussi les performances des supports investis en unités de compte dans le PER. Ensuite, les versements effectués sur un PER par une personne qui a plus de 70 ans ne seront plus déductibles de ses revenus comme ce fut le cas auparavant. Soyons clairs, le PER reste très attractif, pour les personnes en vie active et un outil puissant pour optimiser sa fiscalité durant sa vie active, tout en mettant de côté pour ses vieux jours. Et le temps long est une arme redoutable pour l’épargnant : plus on souscrit tôt à un PER, plus l’argent que vous mettez dessus à du temps de faire des petits.

Pour conclure, quels conseils donneriez-vous aux particuliers, dans ce nouveau contexte fiscal ?

D’abord, ne pas raisonner uniquement en fiscalité. La performance nette à long terme reste essentielle. Ensuite, diversifier : Livret A, assurance vie, PER, PEA, immobilier… chacun a sa place dans un patrimoine équilibré. Enfin, se faire accompagner. Avec la complexité croissante des règles, un mauvais choix peut coûter très cher sur 20 ou 30 ans.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.