Chaque semaine sur euradio, retrouvez Marc Tempelman, le cofondateur de l’application d’épargne gratuite Cashbee, qui traite les sujets et les actualités de la finance.
La génération Z semble redéfinir les règles du jeu dans de nombreux secteurs, dont celui de l’investissement. Pouvez-vous nous expliquer ce que ces jeunes adultes font différemment ?
En effet, la génération Z, qui regroupe les jeunes âgés de 18 à 27 ans, montre un intérêt précoce pour l’investissement. Selon une étude récente au niveau mondial, 30 % d’entre eux commencent à investir dès leurs années universitaires, soit bien plus que les générations précédentes.
Par comparaison, dans la génération des baby-boomers, dont je fais partie, seuls 5% avaient commencé à investir à leur âge.
Cela s’explique par plusieurs facteurs : l’accessibilité des applications mobiles comme Cashbee, qui permettent d’investir à faible frais, une abondance de contenu éducatif en ligne, et une culture numérique qui facilite la gestion autonome des finances.
Mais sans doute aussi une certaine prise de conscience qu’il va falloir s’intéresser à l’investissement si on veut s’assurer une bonne retraîte.
En France, quelles sont les tendances spécifiques que vous observez chez ces jeunes investisseurs ?
En France, la génération Z est particulièrement attirée par les fonds ISR (Investissement Socialement Responsable). Ces investissements responsables répondent à leurs préoccupations environnementales et sociales. De plus, ils privilégient des produits comme les ETFs - des fonds indiciels - qui permettent une gestion passive. Le marché européen des ETFs a d’ailleurs atteint 1 333 milliards d’euros récemment, soutenu par cette tendance.
Qu’en est-il des risques ? On entend souvent parler de leur engouement pour les cryptomonnaies.
Absolument. Les cryptomonnaies séduisent environ 27 % des investisseurs de la génération Z en France. Elles présentent des risques élevés. Beaucoup de jeunes sont influencés par du contenu sur les réseaux sociaux ou des "finfluenceurs" qui promettent des gains rapides. Cependant, ces investissements peuvent être très volatils et entraîner des pertes importantes. Les régulateurs, comme l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), mettent en garde contre ces pratiques et encouragent une éducation financière solide.
Justement, quel rôle jouent les réseaux sociaux dans cette nouvelle dynamique d’investissement ?
Les réseaux sociaux comme TikTok ont révolutionné l’éducation financière pour cette génération. En 2025, le hashtag finance sur TikTok est devenu une source majeure de conseils financiers pratiques. Cependant, cela pose un problème de fiabilité : beaucoup d’influenceurs ne sont pas qualifiés pour donner des conseils financiers. Il est donc essentiel que les jeunes vérifient la crédibilité des sources et privilégient les contenus éducatifs provenant d’experts certifiés.
Et l’intelligence artificielle ? Est-elle utilisée par ces jeunes investisseurs ?
Oui, tout à fait. Les outils d’intelligence artificielle sont adoptés par environ 41 % des jeunes investisseurs français pour gérer leurs portefeuilles ou prendre des décisions financières. Ces technologies offrent une personnalisation et une analyse rapide qui séduisent cette génération habituée à l’immédiateté numérique.
Pour conclure, quels conseils donneriez-vous à la génération Z pour investir de manière responsable ?
Je leur conseillerais de diversifier leurs investissements pour minimiser les risques et de se méfier des promesses de gains rapides, notamment avec les cryptomonnaies. Il n’y a pas de gains importants sans prise de risques.
Sinon, j’insisterai sur la perspective à long terme que doit prendre tout investisseur. Les marchés sont orientés à la hausse sur le long terme, mais peuvent connaître des corrections parfois violentes, sur le court terme.
En outre, il n’y a pas de honte à consulter des experts qualifiés et d’utiliser les outils éducatifs disponibles sur le marché français, comme ceux proposés par l’AMF ou d’autres institutions financières fiables.
Enfin, investir dans des fonds responsables peut être un excellent moyen d’allier performance financière et impact positif.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.