Euradio et l'Agence nationale de la cohésion des territoires présentent "1000 façons de faire l'Europe". Chaque semaine, dans une alternance de reportages et d’interviews, partez à la rencontre de projets et de citoyen·nes qui font bouger les lignes, partout en France. Avec le soutien de l'Union européenne.
Dans le Nord de la France, à Killem près de Dunkerque, la société Van Robaeys Frères transforme depuis des décennies ans les tiges de lin en fibres textiles. Un savoir-faire ancien, mais une ambition tournée vers l'avenir. Depuis quelques années, l'entreprise a élargi son activité au chanvre, une plante cousine du lin aux propriétés proches, mais dont la transformation a nécessité plusieurs années de recherche et un investissement industriel conséquent. "L'expertise qu'on avait sur le lin était en partie transposable, mais ça a quand même nécessité plusieurs années de travail", explique Pierre Darras, PDG de l'entreprise depuis dix ans.
Les fibres produites alimentent aujourd'hui des filatures en Europe, en Turquie ou au Pakistan, sous forme de mélanges avec du coton ou de la viscose, mais aussi pour d'autres usages : papier monnaie, composites automobiles, ou litière.
Ce virage industriel a été rendu possible grâce à un financement européen. Le projet, soutenu par le Fonds européen de développement régional, le FEDER, à hauteur de 500 000 euros, s'inscrit dans un budget total de cinq millions d'euros.
Objectif affiché : faire de Van Robaeys Frères le premier transformateur industriel européen de chanvre textile. Au-delà de l'enjeu économique, c'est aussi un argument écologique. Lin et chanvre nécessitent peu d'eau, aucun pesticide, et le process industriel fonctionne à l'électricité. "Ces plantes pourraient presque être considérées comme des puits de carbone", résume Pierre Darras.
Un reportage de Lolla Sauty-Hoyer, en partenariat avec l’Agence nationale de la cohésion des territoires, avec le soutien de l’Union européenne.