Chaque semaine sur euradio, retrouvez la chronique de Bernard Guetta, député européen, qui effectue un retour sur les actualités et événements européens actuels.
Contrairement à ce que pensent les Russes, leur président n’est peut-être pas l’homme le plus riche du monde. Il a des concurrents mais sa fortune est évidemment considérable car depuis vingt-sept ans qu’il est aux commandes d’un pays gorgé de gaz et de pétrole, il a eu tout loisir de profiter de la kleptocratie qu’il a mise en place.
Cet argent est investi grâce à des cascades de sociétés dont le détenteur n’est pas aisément traçable mais les services secrets y ont travaillé. Ils sont payés pour cela. Beaucoup de gouvernements ont d’épais dossiers sur les avoirs de Vladimir Poutine, ses placements et les entreprises qu’il contrôle, et rien n’empêcherait donc de lui faire savoir que ces informations pourraient être publiées.
Ce serait l’un des moyens de lui donner à réfléchir avant qu’il ne se lance dans l’escalade à laquelle le poussent l’essoufflement de son économie, l’échec de ses troupes dans le Donbass et la fenêtre d’opportunité qui s’ouvre à lui aux Etats-Unis comme en Europe. Non seulement le maître du Kremlin a un besoin vital de marquer des points pour des raisons de politique intérieure mais il croit que les élections américaines de mi-mandat, la confusion que les succès de l’AfD créent en Allemagne et la campagne présidentielle dans laquelle est entrée la France lui en offrent la possibilité.
Il a déjà entrepris d’intensifier le bombardement des villes et infrastructures ukrainiennes. Il multiplie les provocations sur le territoire de l’Union et les services de renseignement rapportent unanimement qu’il va tenter d’ouvrir un second front au Nord et s’apprête à organiser un coup de main dans un pays membre ou proche de l’Union européenne et de l’Otan.