Chaque semaine sur euradio, retrouvez la chronique de Bernard Guetta, député européen, qui effectue un retour sur les actualités et événements européens actuels.
Le Canada est la plus européenne des Amériques. Le Canada est l’Europe en Amérique mais si son Premier ministre a accepté, jeudi dernier, ce statut de «membre associé» de l’Union que lui avait proposé la présidente de la Commission, c’est avant tout que nous devons faire front.
Ce n’est pas dit mais c’est bel et bien une alliance politique qui vient de se sceller, une alliance contre un homme dont Mark Carney n’a jamais prononcé le nom, contre l’adversaire états-unien qui voudrait annexer le Canada, guigne le Groenland et tente de nous faire tous plier à coups de tarifs douaniers.
Donald Trump a trouvé cela «risible», mais il ferait mieux d’ouvrir les yeux et de voir que cette association du Canada et de l’Union européenne était en germes dans le rapprochement entre l’Union, la Grande-Bretagne et la Norvège ; dans la Coalition des volontaires formée par Paris et Londres pour soutenir l’Ukraine ou encore dans la Communauté politique européenne imaginée par Emmanuel Macron dès 2022 pour réunir l’ensemble des démocraties européennes, membres ou non de l’Union, dans un seul et même forum.
A tâtons, il y a plusieurs années déjà que l’Union européenne cherche à faire face à l’expansionnisme russe, au dumping chinois et à l’éloignement des Etats-Unis en faisant émerger un réseau mondial de démocraties désireuses de faire bloc contre ces trois menaces. Très présentes dans le monde et bénéficiant des meilleures armées d’Europe, la France et la Grande-Bretagne sont à la manœuvre et il est frappant que ce soit avec un pays où toutes deux pèsent d’un si grand poids que les choses se soient maintenant accélérées.