L'humeur européenne de Bernard Guetta

La parenthèse du droit international s’est refermée dans le ciel iranien

Photo de mostafa meraji sur Unsplash La parenthèse du droit international s’est refermée dans le ciel iranien
Photo de mostafa meraji sur Unsplash

Chaque semaine sur euradio, retrouvez la chronique de Bernard Guetta, député européen, qui effectue un retour sur les actualités et événements européens actuels.

La mort d’un tyran, ça ne se regrette pas. Ça se fête et il y avait, samedi soir, toutes les raisons de penser au bonheur des Iraniens, aux dizaines de milliers d’opposants, de prisonniers et de manifestants que ce «Guide suprême» avait fait assassiner, aux quelque 1 500 personnes qu’il avait fait pendre la seule année dernière, à Mahsa Amini tabassée à mort pour un voile mal porté, à l’invention du jihadisme par son régime et à toutes les victimes des attentats qu’il avait fomentés à travers le monde et pourtant…

D’où vient pourtant ce malaise dont on ne se défait pas ? Tient-il au fait que c’est à un homme qui est tout sauf un démocrate et qui espère en tirer un profit politique que l’on doit d’être débarrassé d’Ali Khamenei ? Non, pas du tout, car s’il serait absurde de regretter que l’URSS ait tant contribué à la fin de Hitler, comment regretterait-on que ce soit sous les coups de l’Amérique, même celle de Trump, que ce tyran soit tombé ?

Est-ce alors qu’il faudrait craindre le «vide politique» créé par cette mort et le « chaos régional » qui pourrait s’ensuivre ? Non, pas plus, car il faudrait à ce compte souhaiter la pérennité des dictatures de Vladimir Poutine ou Xi Jinping. Tout changement brutal est porteur d’instabilité, mais cela ne rend pour autant pas tout statu quo souhaitable et que craint-on en l’occurrence ?

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