Quoi de neuf en Europe ?

Quoi de neuf en Europe - Mathilde Vayne

 Quoi de neuf en Europe - Mathilde Vayne

Mathilde Vayne est étudiante en master Affaires Européennes de Sciences Po Bordeaux et nous délivre les moments forts de la semaine écoulée.

Pour commencer, je vous emmène outre-Manche où les tensions entre le Royaume-Uni et la Cour de justice de l’Union européenne s’intensifient. Des tensions issues du Brexit, qui ont entrainé l'entré en vigueur du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, créant entre cette dernière et la Grande-Bretagne une frontière douanière. S’en est suivi un véritable blocage politique.

Le parti unioniste d’Irlande du Nord est catégorique : il ne prendra pas part à un gouvernement tant que ce protocole n’aura pas été modifié.

Mais est-ce que la Cour de justice ne serait pas en train de se mêler d’un problème qui ne la regarde absolument pas ?

Effectivement, que vient faire ici la Cour de justice dont l’intervention est loin de faire l’unanimité à Londres ? Le but du protocole c’est quand même de préserver l’intégrité du marché unique européen. Je pense qu’on peut comprendre que l’Union ait son mot à dire tout de même !

David Frost, ancien ministre sous l’administration Johnson, déconseille à Liz Truss de se soumettre à la Cour de justice. Le quotidien britannique The Guardian nous rapporte les propos qu’il tenait mardi dernier : « La Cour de justice ne peut pas avoir un rôle juridictionnel dans le futur accord ».

C’est un litige qui ne me semble pas sur le point d’être résolu...

C’est une question épineuse, ça ne fait aucun doute ! Et les interventions comme celle de Monsieur Frost n’arrangent pas la situation… Mais laissez-moi vous parler d’une autre figure euro-sceptique dont on entend, malheureusement, souvent parler : celle de Viktor Orbán.

L’actuel Premier ministre hongrois a rendu visite à son homologue allemand Olaf Scholz lundi dernier. Le réseau de médias européen Euractiv nous rappelle que cette rencontre s’inscrit dans un contexte particulier pour la Hongrie. A cause de son mépris pour l’État de droit, la Hongrie risque de ne pas recevoir les 7 petits milliards d’euros du fonds de relance qui lui étaient initialement promis. Elle se retrouve avec une épée de Damoclès au dessus de la tête…

On peut dire qu’il s’agissait d’une rencontre assez inconfortable pour Viktor Orbán. Il en a également profité pour s’entretenir avec Angela Merkel ?

Absolument !Viktor Orbán a même affirmé que la guerre en Ukraine aurait pu être évitée si l’ex-chancelière était restée en fonction ! Rappelons tout de même que Madame Merkel a été vivement critiquée pour ne pas avoir résolu le problème de dépendance énergétique allemand vis à vis de la Russie…

En parlant d’approvisionnement énergétique, que pouvez-vous nous dire de la récente fuite de l’oléoduc Droujba détectée en Pologne mardi dernier ?

Cet oléoduc approvisionne l’est de l’Allemagne avec du pétrole russe. Et l’origine de sa fuite demeure pour l’instant inconnue. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki  a d’ailleurs appelé au calme tant que les causes de l’incident n’étaient pas clairement identifiées.

Cependant, cette fuite n’est pas la première puisque déjà 4 d’entre elles ont été repérées dans la partie immergée du gazoduc Nordstream qui approvisionne lui aussi l’Allemagne.

Si mes calculs sont bons, cela fait déjà 5 fuites qui affectent l’Allemagne… Peut-on considérer qu’elles sont le résultat d’actions volontairement orchestrées par la Russie de Poutine ?

Effectivement, les pays européens ont attribué ces fuites à des sabotages russes. Des sabotages qui placent dans une position très vulnérable une Allemagne déjà largement touchée par la guerre en Ukraine, toujours selon Euractiv.

Justement, si vous le voulez bien, revenons un instant sur cette guerre. On a pu constater, à travers l’établissement de sanctions économiques notamment, l’existence d’une riposte commune des Etats européens face aux agissement de la Russie. Mais il existe également des formes d’actions plus locales n’est-ce pas ?

Complètement ! Et c’est le cas du Groupe Visegrad qui a tenu Mercredi sa première réunion depuis le début de la guerre. Ainsi se sont retrouvés les dirigeants de la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie. Ils se sont félicités de l’aide apportée aux réfugiés ukrainiens. Le président tchèque Milos Zeman s’est également prononcé en faveur d’un éventuel élargissement du groupe à la Slovénie.

Entretien réalisé par Laurence Aubron