Aux portes de l'UE

La coalition des volontaires se réunit à Paris

© PxHere La coalition des volontaires se réunit à Paris
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Chaque semaine, Lyudmyla Tautiyeva nous propose un aperçu de ce qu'il se passe aux frontières de l'Union européenne, traitant de sujets divers tels que la gouvernance, l’entreprenariat, ou encore l'innovation.

La semaine dernière, Volodymyr Zelensky a été reçu à Paris par Emmanuel Macron dans le cadre d’une réunion de la coalition des volontaires, regroupant 31 pays. Cette réunion s’est tenue quelques jours après les négociations sur le cessez-le-feu entre les délégations américaines, russes et ukrainiennes en Arabie Saoudite.

La réunion de jeudi dernier à Paris s’est tenue dans un contexte d’absence de l’Europe à la table des négociations menées par les États-Unis sur l’instauration du cessez-le-feu en Ukraine. Ces négociations ont été tenues séparément entre les délégations russes et ukrainiennes en Arabie saoudite, et ont abouti à un accord de cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques.

Cependant, l’Ukraine a souffert la semaine dernière de frappes russes contre des civils, avec plus d’un millier de drones et de missiles lancés sur Odessa, Kharkiv, Kryvyi, Rit, Zaporizzya. L’accord semble alors ne pas du tout être respecté. Plus encore, les derniers rapports des services de renseignement ukrainiens indiquent que la Russie semble préparer une offensive sur les régions de Kharkiv, Soummy et Zaporizzya dans les six mois à venir.

Dans ce climat, l’Ukraine insiste sur son besoin d’armes et de munitions, et d’un soutien militaire à court et long terme pour tenir le front face à la Russie qui ne semble pas s’arrêter. Dans le cas d’un cessez-le-feu et d’une paix potentielle, il serait nécéssaire de maintenir cette paix. C’est là que les européens peuvent et comptent peser. La réunion qui s’est déroulée à Paris la semaine dernière s’inscrit dans cette ambition de l’Europe de peser face aux États-Unis, mais surtout de se donner les moyens pour assurer sa propre sécurité.

Comment compte peser cette coalition quand un accord de paix sera conclu en Ukraine ?

Tout d’abord, nous sommes encore très loin d’un accord sur la paix — le cessez-le-feu ayant déjà échoué — mais cela n’empêche pas de travailler dès à présent sur la future architecture de la sécurité européenne.

La coalition des volontaires des pays européens, sous le leadership du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre britannique Keir Starmer, regroupe des pays prêts à s’engager pour l’Ukraine, dans le cadre d’une « force de réassurance » qui serait prêts à se déployer en Ukraine pour dissuader toute nouvelle agression russe. Ces troupes, dont le nombre est à définir, pourraient être positionnées autour de sites sensibles ou de grandes villes, mais ne seraient pas en première ligne. Ils ne seraient pas non plus des forces de maintien de la paix, ni des substitutions de l’armée ukrainienne.

Les pays qui se sont réunis à Paris jeudi dernier ne sont pas tous prêts à s’investir dans ce projet. Certains pays comme la Suède et les Pays-Bas conditionnent leur participation à l’appui des Américains en cas de heurts avec les forces russes, ce qui est peu probable. L’Allemagne et l’Italie sont sceptiques à l’idée de cette force de réassurance. D’un autre côté, les pays Baltes ont confirmé être prêts à envoyer leurs troupes en Ukraine aux côtés de la France et du Royaume-Uni.

Quelles sont alors les prochaines étapes à la constitution de cette force de réassurance ?

Paris et Londres ont trois à quatre semaines, selon Emmanuel Macron, pour définir de manière plus précise cette force de réassurance. En premier temps, les deux pays enverront vers l’Ukraine une mission conjointe afin d’évaluer les besoins militaires. Les membres de la coalition décideront alors dans un second temps de comment couvrir ces besoins.

Alors que cette initiative franco-britannique est bien reçue en Ukraine, le fait que les européens soient divisés sur le sujet et que les États-Unis puissent ne pas fournir de soutien militaire aux européens dans ce cadre, mettent un doute sur la réalisation de ce projet.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.