Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 5 mars 2026

Le méthanier BW Suez Everett, ancien nom du navire devenu plus tard l’Arctic Metagaz, photographié en Norvège. Source: Jeroen Komen / Wikimedia Commons / CC BY-SA 2.0 Aujourd'hui en Europe - 5 mars 2026
Le méthanier BW Suez Everett, ancien nom du navire devenu plus tard l’Arctic Metagaz, photographié en Norvège. Source: Jeroen Komen / Wikimedia Commons / CC BY-SA 2.0

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Lucas Savino, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme: 

  • Des missiles iraniens interceptés par le système de défense de l’OTAN en Turquie 
  • La Russie accuse l’Ukraine d’avoir attaqué un de ses navires transportant du gaz naturel, qui a coulé entre la Libye et Malte 
  • La Cour d’Appel d’Athènes a reconnu coupable les dirigeants de l’ancien parti néonazi Aube 

On ouvre ce journal en évoquant les suites de la guerre déclenchée samedi par Tel-Aviv et Washington contre Téhéran et dont les conséquences débordent largement en dehors de l’Iran. La Turquie affirme qu’un missile balistique tiré depuis l’Iran a été intercepté hier, alors qu’il se rapprochait de son espace aérien. L’interception aurait eu lieu au-dessus de la Méditerranée, après que le missile ait survolé l’Irak puis la Syrie. 

Oui Thomas, d’après le ministère turc de la Défense, le missile a été neutralisé avant d’atteindre sa cible — Ankara évoque la possibilité qu’il ait visé Chypre — et aucun blessé n’est à déplorer. Des débris seraient en revanche retombés dans la province du Hatay, au sud de la Turquie, une zone sensible, proche notamment de la base aérienne d’Incirlik, utilisée par les États-Unis. 

Pourquoi cet événement est-il aussi politique que militaire ? 

Parce que la Turquie est un État membre de l’OTAN, et parce que l’interception est attribuée à un dispositif de défense aérienne et antimissile lié à l’Alliance. Dans un communiqué, la porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a condamné le tir, dénonçant des attaques iraniennes jugées « indiscriminées » dans la région. 

À ce stade, Ankara ne dit pas vouloir enclencher l’article 4 — la procédure de consultations lorsque la sécurité d’un allié est menacée — et encore moins l’article 5, celui de la défense collective. 

Washington insiste sur l’idée d’un incident grave, mais sans autre conséquence à ce stade : le secrétaire à la Défense a déclaré qu’il n’y avait, pour l’instant, aucun signal d’un recours à l’article 5. En clair : on reconnaît la menace, mais on veut éviter qu’un tir — même intercepté — ne provoque un engrenage. 

Et pendant que l’OTAN affiche sa solidarité avec Ankara, l’escalade se poursuit à l’échelle régionale. 

Oui, alors que Washington et Israël continuent leurs opérations, l'Iran a lancé une nouvelle vague de missiles vers Israël et des États du Golfe peu préparés à y faire face. 

Dans le même temps, selon plusieurs informations, des combattants kurdes auraient lancé des opérations dans le nord de l’Iran, ouvrant potentiellement un nouveau front pour le régime de Téhéran.

Autres conséquences de ce conflit : ce sont ses répercussions économiques.

Oui, les marchés restent sous pression, notamment en raison des tensions sur l’énergie et des craintes pour la sécurité du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole.

On continue ce journal sur un autre terrain de conflit avec la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Moscou a accusé l'Ukraine d'avoir attaqué un navire russe en route depuis Mourmansk qui transportait du gaz naturel liquéfié vers Port Saïd en Égypte et qui a coulé, selon les autorités libyennes, entre Malte et la Libye. 

Oui, l'Autorité libyenne des ports et du transport maritime a indiqué, dans la nuit de mardi 3 à mercredi 4 mars, que ce bateau avait fait naufrage après des "explosions soudaines" d'origine inconnue. Un appel de détresse émanant de l'ARCTIC METAGAZ a été reçu dans la soirée de mardi, avait-elle expliqué, ajoutant que les explosions avaient été "suivies d'un énorme incendie ayant conduit à son naufrage complet".

Selon les autorités libyennes, l’épave se situe à environ 130 milles nautiques au nord du port maritime libyen de Syrte. Les 30 membres de l’équipage, tous Russes, sont sains et saufs, selon le ministre.

Le ministère russe des Transports évoque un acte de «terrorisme international».

Il a affirmé dans un communiqué que l’attaque aurait été lancée depuis les côtes libyennes au moyen de vedettes sans équipage appartenant à l’Ukraine. Puis a qualifié l’événement d'acte de terrorisme international et de piraterie maritime. Ce serait la première attaque contre un transporteur de gaz russe si elle est confirmée.

Les autorités ukrainiennes n’ont pas réagi dans l’immédiat à ces accusations. 

L’Ukraine a fréquemment ciblé les raffineries de pétrole russes et d’autres infrastructures énergétiques dans le but de priver la machine de guerre russe de financement. En décembre notamment, l’Ukraine avait dit avoir frappé pour la première fois un pétrolier de la «flotte fantôme» russe en Méditerranée. Une source au sein des services de sécurité ukrainiens avait indiqué que des drones aériens avaient été utilisés pour l’opération, réalisée à quelque 2 000 km de l’Ukraine. 

Cet incident ajoute à l’incertitude sur les marchés mondiaux, déjà ébranlés par la guerre en Iran.

Et on clôture ce journal à Athènes, où l’ex-parti néonazi Aube dorée est revenu sur le devant de la scène après des années d’absence en politique.

En effet, 13 ans après le meurtre d’un rappeur antifasciste par des militants d’un ancien parti néonazi, 42 cadres d’Aube dorée, le troisième parti politique de Grèce à l’époque, risquent d’être condamnés en deuxième instance pour appartenance et direction d’une organisation criminelle et pourraient écoper de 15 ans de prison. En première instance, après 5 ans de procès, la Cour avait condamné, à l’automne 2020, 68 membres de ce parti néonazi qualifié d’organisation criminelle, dont le fondateur et chef négationniste, Nikos Michaloliakos, qui avait écopé d’une peine de 13 ans de prison pour meurtre. 

Mais ce n’est pas le seul crime imputé à l’Aube dorée, qui avait choqué la Grèce en 2013 par sa violence et sa glorification d'Adolf Hitler dans ses premières publications. 

Non, malheureusement, cette organisation est aussi coupable du passage à tabac de plusieurs pêcheurs égyptiens en 2012 et de tentatives d’homicide sur des syndicalistes communistes en 2013. C’est la première fois depuis la dictature en 1974, que tout l'exécutif d’un parti politique se retrouve ainsi face à la justice en Grèce. Pour rappel aussi, en 2023, alors qu’Ilias Kasidiaris, l’ancien porte-parole et député du parti, purgeait sa peine en prison, il a tenté de relancer sa carrière politique, notamment via une chaîne youtube où il relayait ses idées d'extrême droite; un amendement avait dû être voté par le Parlement grec afin de l'empêcher de se présenter aux élections législatives. 

Un journal de Mathilde Boht et Thomas Kox.