Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 16 octobre 2026

Visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky, en juin 2025. Aujourd'hui en Europe - 16 octobre 2026
Visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky, en juin 2025.

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme :

  • Zelensky à Bruxelles : l'Ukraine réclame davantage de soutien européen
  • Énergie et budget : les divisions européennes face à la crise
  • Albanie : la colère étudiante fait vaciller le pouvoir
  • Du Brésil à l'Europe : la bataille contre les ingérences électorales

On commence ce journal à Bruxelles, où les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-Sept sont réunis en Conseil européen. Au menu : la guerre en Ukraine, le futur budget de l'Union et la flambée des prix de l'énergie. Volodymyr Zelensky est venu y chercher du soutien. Pourquoi ce soutien européen est-il devenu si crucial pour Kyïv ?

Parce que les relations avec Washington se tendent. Donald Trump a récemment affirmé qu'il était plus facile de travailler avec Vladimir Poutine qu'avec le président ukrainien, allant jusqu'à déclarer, je cite : « Je ne suis pas un fan de Zelensky. »

Les services de renseignement américains avaient déjà cessé de partager leurs informations avec Kyïv, une décision durement ressentie par l'Ukraine. Malgré les demandes de la Maison-Blanche, Kyïv a repris ses frappes contre les raffineries russes.

Que demande Volodymyr Zelensky aux Européens ?

Un soutien militaire renforcé et une pression accrue sur Moscou. Reste à le financer, alors que les budgets nationaux sont déjà sous tension. Une piste revient avec insistance : mobiliser les avoirs russes gelés en Europe. Mais elle soulève des questions juridiques et diplomatiques, et fait craindre une escalade avec la Russie.

L'argent, c'est justement l'autre grand dossier de ce Conseil européen, avec le budget de l'Union pour 2028-2034. Pourquoi les discussions sont-elles si tendues ?

Parce que les Vingt-Sept doivent s'entendre à l'unanimité sur un budget de sept ans. La Commission avait proposé près de 2 000 milliards d'euros. La présidence irlandaise de l'Union a revu cette enveloppe à la baisse, avec 159 milliards d'euros de coupes par rapport à la proposition initiale, ce qui ne satisfait pas les États membres.

Qui s'oppose à qui ?

D'un côté, les pays dits « frugaux », dont l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède, qui réclament des économies supplémentaires ; de l'autre, dix-sept pays du Sud et de l'Est, les « Amis de la cohésion », qui veulent un budget ambitieux et refusent qu'on touche à l'agriculture et aux aides aux régions.

Un accord est-il possible d'ici la fin de l'année ?

C'est l'objectif d'António Costa, le président du Conseil européen, qui a prévu un sommet extraordinaire fin novembre. Car oui, le temps presse : en 2027, des élections auront lieu en France, en Italie et en Pologne. En France, Marine Le Pen souhaite notamment réduire fortement la contribution française au budget européen.

Les questions énergétiques sont aussi au menu de ce Conseil européen.

Effectivement. Dans un contexte où les prix de l'énergie flambent, les Vingt-Sept sont divisés sur la réforme prévue en 2028 qui taxerait la pollution liée au chauffage et à l'essence. Concrètement, faire le plein et se chauffer coûterait plus cher. La Pologne et l'Italie, notamment, veulent reporter cette réforme. La Suède, elle, refuse de ralentir la transition écologique.

Direction maintenant les Balkans. En Albanie, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Tirana pour réclamer la démission du Premier ministre Edi Rama.

Oui, le mouvement est parti des universités mardi. Les étudiants dénoncent le coût des études, le manque d'aides financières et les difficultés d'accès à l'emploi. Mercredi, la tension est montée d'un cran avec des heurts et des affrontements entre la police et les manifestants.

Mais la colère dépasse largement le cadre universitaire. 

Oui. Les manifestants dénoncent aussi les inégalités sociales et la corruption qu'ils attribuent au gouvernement socialiste, au pouvoir depuis 2013.

Un projet cristallise les critiques : un complexe touristique de luxe sur la côte sud, dans une zone naturelle protégée. Il est porté par une société d'investissement fondée par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Ses opposants dénoncent son manque de transparence et son impact environnemental.

Comment réagit le Premier ministre ?

Edi Rama se dit prêt à discuter du coût des études, mais il condamne les violences et accuse ses adversaires de les attiser. Il refuse de démissionner.

Il défend aussi le projet touristique, qu'il présente comme un investissement important pour l'économie, tout en reconnaissant que son impact environnemental doit être évalué. Il fait désormais face à une crise politique majeure, alors que l'Albanie poursuit ses démarches pour rejoindre l'Union européenne.

On termine en évoquant le prochain scrutin présidentiel brésilien, qui inquiète jusqu'en Europe. Au Brésil, le premier tour de la présidentielle a opposé le président de gauche Lula da Silva au candidat de droite Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro. Paris et Berlin suivent ce scrutin de très près. Peut-on dire que ce scrutin est devenu un réel enjeu géopolitique ?

Oui, deux visions du monde s'y affrontent. À 80 ans, Lula défend le multilatéralisme et l'autonomie du Brésil, face aux États-Unis comme face à la Chine.

Flávio Bolsonaro s'inscrit dans la lignée de son père, proche de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou. Après sa défaite de 2022, Jair Bolsonaro a été reconnu coupable d'avoir participé à un complot visant à empêcher la passation de pouvoir. Une victoire de son fils pourrait rapprocher le Brésil de Washington et infléchir ses relations avec Pékin.

Reuters évoque de possibles interférences ?

Oui, le 30 septembre, l'agence Reuters a révélé que les renseignements brésiliens avaient alerté des responsables français et allemands de possibles ingérences américaines et russes dans le processus électoral. Le second tour est prévu le 25 octobre.

Concrètement, de quelles ingérences parle-t-on ?

Il faut distinguer le soutien politique de l'ingérence. Selon Reuters, côté américain, les renseignements brésiliens évoquent une instrumentalisation présumée de la justice, mais aussi des interventions ouvertement revendiquées. Côté russe, les détails restent limités.

Des menaces qui résonnent à Paris et à Berlin ?

Particulièrement, oui, parce que leurs propres élections pourraient être visées. En France, la prochaine présidentielle aura lieu en 2027 et le risque d'ingérences ou d'interférences est bien présent.

Européens et Brésiliens ont aussi évoqué le Digital Services Act, le règlement européen qui oblige les grandes plateformes à limiter les risques qui pèsent sur les élections. L'objectif est de mieux détecter la désinformation, sans confondre ingérences avérées et simples soupçons.