Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 22 mai 2026

Volodymyr Zelensky avec le chancelier allemand Friedrich Merz, qui souhaite faire de l’Ukraine un membre associé de l’UE, 2024 © Présidence de l’Ukraine Aujourd'hui en Europe - 22 mai 2026
Volodymyr Zelensky avec le chancelier allemand Friedrich Merz, qui souhaite faire de l’Ukraine un membre associé de l’UE, 2024 © Présidence de l’Ukraine

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Ukraine : bientôt membre associé de l’UE ? 
  • Flottille pour Gaza : après la polémique, l'expulsion des militants européens 
  • Royaume-Uni : l’immigration en chute en 2025

On ouvre ce journal en Ukraine, après la récente prise de parole du chancelier allemand Friedrich Merz. Celui-ci a en effet annoncé hier sa volonté de faire de l’Ukraine un “membre associé de l’Union européenne”.

"Le processus de l'élargissement de l’UE prend trop de temps et crée de la frustration dans les pays candidats et les États membres" : c’est ce qu’a déclaré le chancelier allemand à l’égard de la situation ukrainienne ce jeudi. Alors que l’issue de la guerre semble encore lointaine, Berlin considère qu’une entrée officielle de Kyiv dans l’Union européenne prendrait encore plusieurs années. Une lenteur incompatible avec l’urgence de la situation pour le chancelier, qui prône donc l’idée d’un statut intermédiaire pour l'Ukraine au sein des institutions.

Mais alors, qu’est-ce que ce statut de membre associé changerait concrètement pour Kyiv ?

Le projet allemand prévoit une participation plus importante des autorités ukrainiennes au fonctionnement des institutions européennes. Des représentants ukrainiens pourraient ainsi siéger au Conseil européen ainsi qu’au Conseil de l’UE afin d’assister aux discussions stratégiques des Etats membres. Cette présence resterait toutefois limitée selon le projet allemand, puisque Kyiv ne disposerait d’aucun droit de vote dans les processus décisionnels.

Une intégration institutionnelle donc limitée mais à la symbolique forte et dont le statut serait seulement transitoire.

Tout à fait, Friedrich Merz a rappelé que ce projet d’intégration partielle évoluerait parallèlement à la procédure d’adhésion classique, que Berlin souhaite aussi accélérer. Une proposition qui devrait désormais être étudiée par les 27, et dont l’entrée en vigueur nécessiterait l’unanimité des Etats membres.

Toujours en lien avec la guerre en Ukraine, Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a rappelé à l’ordre les pays membres de l’Alliance hier.

Oui, il a en effet estimé que “de nombreux pays de l’OTAN ne dépensent pas assez” en faveur de l’Ukraine, pointant notamment les inégalités croissantes entre les Etats membres en matière d’investissement militaire. Pour réduire ces écarts, Mark Rutte souhaite désormais instaurer un soutien financier minimal pour chaque État membre, à hauteur de 0,25% du PIB. Pour l’OTAN, le soutien à l’Ukraine est directement lié à la capacité des Européens à renforcer durablement leur propre défense.

Ce dernier point sera d’ailleurs largement évoqué durant le sommet de l’OTAN en Suède, qui se tient ce jeudi et vendredi.

Oui, dans le contexte de la guerre en Ukraine et des tensions entre l’Alliance transatlantique et Washington, l’OTAN doit aussi préparer l’avenir de la défense collective. Réunis cette semaine en sommet à Helsingborg, les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance doivent préparer le renforcement du rôle des armées européennes dans la défense du Vieux Continent. Pour cause, Donald Trump, qui ne cache pas sa défiance pour l’OTAN, a multiplié les annonces contradictoires concernant un possible retrait d’une partie des troupes américaines en Europe. Une situation qui devrait être clarifiée par Washington aujourd’hui.

On continue ce journal en évoquant l’émoi international que continue de susciter la mise en scène précédant l’expulsion des militants européens propalestiniens de la “Flottille pour Gaza”.

Ce jeudi 21 mai, le ministère israélien des affaires étrangères a annoncé l’expulsion des militants étrangers de la “Flottille pour Gaza”. Ces militants voulaient attirer l’attention sur la situation humanitaire dans l’enclave et y acheminer de l’aide humanitaire, après deux ans de guerre destructrice. Mais lundi, les 430 membres d’équipage des bateaux partis de Turquie avaient été interpellés par l’armée israélienne en Méditerranée, puis placés en détention en Israël. Finalement, depuis hier, ils sont rapatriés vers Istanbul grâce à des vols spéciaux organisés par Ankara.

Cette expulsion intervient après la diffusion mercredi d’une vidéo par la figure d’extrême-droite Itamar Ben Gvir qui a suscité une indignation générale.

La vidéo montre les militants de la flottille soumis à des humiliations en détention. On les voit agenouillés, mains liées, visages au sol, hymne national israélien en fond sonore et Itamar Ben Gvir lançant triomphalement “Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous”. Des images qu’il a qualifié de “grande source de fierté”.

La vidéo a fait polémique aussi bien à l’international qu’au sein de son gouvernement.

Le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a dénoncé des images “honteuses” qui nuisent à l’image du pays. Benyamin Nétanyahou a lui aussi désavoué cette mise en scène contraire “aux valeurs et aux normes d’Israël”. À l’étranger aussi les réactions ont été vives, y compris dans des pays habituellement discrets sur les mauvais traitements subis par les prisonniers palestiniens. Rome a qualifié le traitement des détenus “d’inadmissible”, exigé “des excuses” et demandé à l’Union européenne d’imposer des sanctions au ministre israélien. Les représentants de la flottille se disent eux “choqués” de ces images et dénoncent “l’impunité totale” des autorités israéliennes grâce “au silence des dirigeants mondiaux”.

Plus largement, cette affaire met en lumière la politique menée par Itamar Ben Gvir contre les détenus palestiniens.

Depuis sa nomination fin 2022, le ministre multiplie les vidéos provocantes et humiliantes et les déclarations outrancières. Il a mis en place une politique assumée de mauvais traitements dans les prisons : quantités insuffisantes de nourriture, violences, y compris sexuelles. Près d’une centaine de Palestiniens sont morts en détention depuis octobre 2023.

On conclut ce journal au Royaume-Uni, où l’immigration nette a chuté de près de moitié en 2025.

Un constat annoncé hier par l’Office national des statistiques (ONS). L’immigration nette, c'est-à-dire la différence entre les personnes entrant et quittant le pays, est passée de 331 000 personnes en 2024 à 171 000 personnes en 2025. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 2021, après un pic record de 860 000 personnes en 2023.

Comment expliquer cette baisse ?

D’abord, par la diminution du nombre d’arrivées pour des raisons professionnelles. Le gouvernement britannique s’en félicite, affirmant vouloir réduire la dépendance du pays à la main-d’œuvre étrangère bon marché. Cette chute s’explique aussi par les mesures restrictives introduites dès début 2024 par le précédent gouvernement conservateur. Parmi elles : les soignants et étudiants étrangers ne peuvent plus faire venir leur famille et le salaire minimum exigé pour les travailleurs étrangers qualifiés a été relevé. Une tendance qui devrait se poursuivre : l’actuel premier ministre Keir Starmer, sous pression de la droite, a promis de réduire l’immigration légale et illégale au Royaume-Uni.

Un journal de Manon Gendreau et Nicolas Le Guily.