Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Giona Melotto, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde.
Au programme :
- Iran : un bilan humain de plus en plus inquiétant face à une répression implacable
- Groenland : Washington inquiète l’Europe en réaffirmant ses ambitions territoriales
- Climat : 2025 parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, selon Copernicus
On ouvre ce journal en Iran, où le bilan effroyable des tueries commises par le régime contre les manifestants qui défilaient depuis fin décembre s’alourdissent de jour en jour tandis que les autorités durcissent encore leur discours.
Oui. Selon les estimations les plus prudentes, au moins 3400 personnes ont été tuées depuis la fin décembre. Mais certaines sources évoquent déjà un bilan bien plus lourd, qui pourrait dépasser les 15 000 morts à l’échelle du pays. Des chiffres pour l’instant très difficiles à vérifier en raison des coupures des communications imposées depuis le 8 janvier Le régime iranien, lui, attribue la responsabilité de ces violences à ce qu’il appelle des « terroristes » infiltrés.
Parallèlement, les autorités multiplient les efforts pour repérer et saisir les terminaux Starlink utilisés afin de contourner le blackout numérique, signe que Téhéran fait tout pour empêcher la circulation des images et des informations à l’international.
Un blocus numérique inédit à une si grande échelle et sur une si longue durée
Oui et selon les ONG, cette opacité sert à masquer l’ampleur réelle des morts et des arrestations. Malgré tout, certaines images continuent de parvenir à l’étranger : manifestations nocturnes, funérailles transformées en rassemblements de protestation, interventions armées dans plusieurs villes. Les activistes dénoncent aussi des raids nocturnes visant particulièrement les jeunes dans plusieurs quartiers de Téhéran.
Cette situation provoque des réactions internationales de plus en plus fortes.
Oui. À Bruxelles, la pression monte pour inscrire les Gardiens de la révolution - le bras armé de l’ayatollah Ali Khamenei - sur la liste européenne des organisations terroristes, une demande soutenue par plusieurs États membres mais qui nécessite l’unanimité des 27. Parallèlement, la présidente du Parlement européen Roberta Metsola a déclaré que le régime iranien était peut-être « sur ses derniers jours » et appelle à un durcissement rapide des sanctions. Plusieurs capitales européennes — dont Paris, Berlin, Amsterdam et Stockholm — ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour protester contre la violence extrême de cette répression.
Les Etats-Unis semblent également tenté d'agir mais hésitent.
Oui Donald Trump souffle le chaud et le froid. Il a assuré le 12 janvier qu’un soutien américain était « en route », ce qui a immédiatement entraîné une réaction de Téhéran dénonçant une « ingérence étrangère ». Plusieurs observateurs s’attendaient même à une frappe américaine durant la nuit, qui ne s’est finalement pas matérialisée.
Poursuivons ce journal au Groenland, que Washington dit vouloir contrôler depuis des mois. Une position qui inquiète fortement les partenaires européens du Danemark, dont dépend ce vaste territoire. Que se passe-t-il exactement ?
Donald Trump continue d’affirmer que les États-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland et demande même à l’OTAN de « soutenir » cette démarche. Ces déclarations interviennent alors que des responsables danois et groenlandais ont rencontré le vice président et le secrétaire d’Etat américain avec lesquels ils n’ont pu que constater leurs désaccords.
Quelles pourraient être les réactions européennes ?
Le Parlement européen a adopté une résolution condamnant ouvertement les exigences américaines, les qualifiant de « totalement incompatibles » avec le droit international. Les eurodéputés rappellent que le Groenland relève du Royaume de Danemark et que sa population seule peut décider de son avenir. De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que « le Groenland peut compter sur l’Union européenne ». Elle affirme que Bruxelles soutiendra Copenhague et Nuuk dans toutes les discussions avec Washington et qu’aucune pression extérieure ne peut remettre en cause la souveraineté danoise du territoire.
Et du côté des capitales européennes ?
Plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, de l’Allemagne et des pays nordiques, ont annoncé l’envoi de contingents militaires, bien que pour l’instant modestes, sur le territoire. Tous s’inquiètent aussi des conséquences d’une possible annexion américaine sur le futur de l’alliance atlantique, l’Otan, qui pourrait de fait, ne pas survivre à ce conflit entre pays membres.
Une crise aux conséquences potentiellement dévastatrice donc ?
Oui pour l’Union européenne, ce bras de fer touche à la souveraineté, à la défense collective et à la crédibilité de l’ordre international. Et il renforce une idée désormais largement partagée à Bruxelles : l’Europe doit être capable de défendre ses intérêts en Arctique sans dépendre uniquement de Washington.
Clôturons ce journal en évoquant une étude menée par l’observatoire européen Copernicus. Que révèlent exactement les nouvelles données publiées par le service européen sur l’état du climat mondial ?
Selon Copernicus, l’année dernière a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures. Les températures mondiales sont restées nettement au-dessus des niveaux préindustriels, confirmant un réchauffement qui ne faiblit pas.
Dans quelles régions cette hausse s’est-elle manifestée de manière particulièrement marquée ?
L’observatoire souligne des anomalies fortes en Europe du Sud, en Amérique du Nord et dans plusieurs régions d’Asie, où des vagues de chaleur prolongées ont été observées. L’année a aussi été marquée par des sécheresses, des incendies et d’autres événements extrêmes.
Comment ces résultats s’inscrivent-ils dans la tendance climatique de long terme ?
Copernicus rappelle que les dix années les plus chaudes jamais mesurées se situent toutes après 2015, preuve que la hausse des températures est désormais structurelle.
Et que signifie cette évolution pour l’objectif de limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C ?
Selon l’observatoire, cet objectif devient de plus en plus difficile à atteindre sans une réduction rapide et massive des émissions de gaz à effet de serre.
Un Journal de Thomas Kox et Giona Melotto.