Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 17 septembre 2026

Roberta METSOLA, présidente du Parlement européen (au milieu) et Ursula VON DER LEYEN, présidente de la Commission européenne (à droite) accueillent à Strasbourg Mark CARNEY, Premier ministre du Canada (à gauche). Le 16 septembre 2026. © European Union Aujourd'hui en Europe - 17 septembre 2026
Roberta METSOLA, présidente du Parlement européen (au milieu) et Ursula VON DER LEYEN, présidente de la Commission européenne (à droite) accueillent à Strasbourg Mark CARNEY, Premier ministre du Canada (à gauche). Le 16 septembre 2026. © European Union

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  •  UE : le discours d'Ursula von der Leyen sur l'état de l'Union.
  • Turquie : une vague de répression contre la communauté LGBTQIA+.
  • Kosovo : Hashim Thaçi, ancien président, condamné pour crimes de guerre. 

On ouvre aujourd’hui le journal à Strasbourg, où Ursula von der Leyen a prononcé ce mercredi un discours sur l’état de l’Union. 

Mercredi matin, la présidente de la Commission européenne s’est adressée au Parlement européen et a fixé la direction pour les prochains mois. Face à un "monde ouvertement hostile", elle a défendu une Europe plus unie, notamment en matière de défense et de sécurité, et a aussi fait des annonces concernant l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, un plan canicule ou encore l'intelligence artificielle.

Originalité de ce discours, il s’est tenu en présence de Mark Carney.

Le Premier ministre canadien était invité dans l'hémicycle strasbourgeois, une première pour un dirigeant non européen. Sous pression américaine, il est venu défendre un rapprochement avec l’UE. Ursula von der Leyen a d’ailleurs proposé d’ouvrir la voie à un statut inédit : faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne. 

Ce statut n’existe pas encore juridiquement. Il faudrait donc en définir les modalités.

Pour adopter un texte juridique lié à ce statut, l’accord des 27 est nécessaire. Ce statut avait déjà été proposé en mai dernier pour l’Ukraine. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait présenté ce statut comme étape intermédiaire, avant une adhésion complète du pays à l’Union européenne. 

L’objectif est clair : rapprocher davantage Bruxelles et Ottawa.

Dans un contexte où le Canada et les pays de l’UE font face à l’attitude particulièrement hostile de l’administration Trump. Le CETA, l’accord commercial entre l’UE et le Canada datant de 2016, devrait aussi évoluer. Ce nouvel accord, nommé “Alliance pour l'avenir”, couvrirait un nombre plus large de thématiques, dont la défense de l'Arctique, la cybersécurité ou encore l’énergie. 

Ursula von der Leyen propose également de créer un « article 4 européen ».

Lorsqu’un État membre est confronté à une menace, les autres pays européens se réuniraient pour coordonner une réponse collective. Ce mécanisme s’inspire de l’article 4 de l’OTAN. La présidente de la Commission propose aussi la création d’un Conseil européen de sécurité réunissant aussi plusieurs partenaires européens et internationaux. 

Des initiatives qui font réagir le président américain.

Donald Trump a traité la proposition d’Ursula von der Leyen de “ridicule” en ajoutant,  "S'ils font cela, j'estime qu'il s'agit d'un acte hostile, j'imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l'Europe". 

On poursuit ce journal en Turquie, où la “décennie de la famille” voulue par Recep Tayyip Erdoğan s’accompagne d’une nouvelle vague de répression contre la communauté LGBTQIA+.

Depuis dimanche, les autorités turques multiplient les opérations contre la communauté LGBTQIA+. Des perquisitions ont été menées dans des associations, des bars et aux domiciles de militants. Au moins 60 personnes ont été arrêtées lors de ces opérations, selon Amnesty International. Mardi, la répression a continué dans les rues d’Istanbul : au moins 150 personnes ont été interpellées lors de manifestations contre cette répression. Les manifestants réclamaient la libération des personnes arrêtées ces derniers jours. Deux journalistes ont également été arrêtés. 

Mais pourquoi cette offensive maintenant ? 

Elle intervient dans le cadre de la politique de la “décennie de la famille et de la population” annoncée par Erdoğan début 2026. L’objectif affiché par les autorités est de renforcer la famille dite “traditionnelle” et de lutter contre la baisse de la natalité. 

Pourtant, les relations entre personnes du même sexe ne sont pas interdites par la loi en Turquie.

Mais les personnes LGBTQIA + sont largement prises pour cible dans les discours du président Erdoğan. Il les présente notamment comme une menace pour les “valeurs familiales” et les associe à la crise démographique du pays. 

Cette nouvelle vague d’arrestations inquiète jusqu’en Europe.

Lundi, Christian Wigand, un porte-parole de la Commission européenne, a appelé Ankara à respecter les droits humains. La Commission européenne s’est également inquiétée des restrictions visant des associations LGBTQ+, des militants et des médias.

On termine ce journal en revenant sur la condamnation de Hashim Thaçi, l’ancien président du Kosovo. 

Ancien président du Kosovo de 2016 à 2020, Hashim Thaçi a été déclaré coupable ce mercredi de crimes de guerre. Il a été condamné à 25 ans de prison par un tribunal spécial pour le Kosovo, à La Haye. Trois autres anciens responsables de l’UCK ont également été condamnés. 

Mais sur quoi portait ce procès ? 

Avant de devenir président du Kosovo, Hashim Thaçi était l’un des principaux responsables politiques de l’UCK, l’Armée de libération du Kosovo. Dans les années 90, cette guérilla albanaise combattait les forces serbes pour obtenir l’indépendance du Kosovo. Mais des membres de l’Armée de la libération sont accusés d’avoir commis des crimes contre des civils, notamment des meurtres, des persécutions, des tortures et des détentions illégales. 

À Pristina, des centaines de Kosovars se sont rassemblés pour l’annonce du verdict. 

Lors de l’annonce du jugement, un lourd silence s’est abattu sur place. Pour beaucoup d’entre eux, Hashim Thaçi et l’UCK sont des symboles de la lutte pour l’indépendance. Les partisans espéraient une libération. En août, Hashim Thaçi avait déclaré à un média kosovar qu’il s’attendait à être acquitté. 

Un journal de Audrey Heller, Mathilde Boht et Elise Houben.