Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme:
- Cessez-le-feu en Iran: à une heure de l’échéance imposée par Trump, un accord trouvé
- Le vice président américain JD Vance à Budapest pour soutenir Viktor Orban à quelques jours des législatives en Hongrie
- Les astronautes de la mission Artemis II déjà sur la route du retour
On ouvre ce journal au Moyen-Orient où un revirement inattendu a eu lieu cette nuit suite à l’ultimatum fort imposé par Donald Trump à l’Iran.
En effet, la tension était fortement montée ces derniers jours, depuis que le président américain avait imposé un énième ultimatum au gouvernement iranien pour la réouverture du détroit d’Ormuz, ultimatum fixé à ce matin 2h. Les menaces du président américain se sont intensifiées hier sur son réseau Truth Social, pour atteindre un niveau jamais vu, Donald Trump évoquant “la démolition des structures essentielles au pays” et “la mort de toute une civilisation qui ne renaîtra pas”, si Téhéran ne coopérait pas.
Et à une heure de l’échéance fixée ce matin, les Etats-Unis et l’Iran se sont finalement accordés sur un cessez-le-feu.
Oui, le président américain a annoncé qu’il suspendait ses menaces de frappes visant les ponts et les centrales électriques en Iran, à condition que Téhéran accepte une ouverture totale et immédiate du détroit d’Ormuz - une ouverture qui serait sécurisée sous l’autorité des Gardiens de la Révolution, comme l’a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Ce cessez-le-feu est pour l’instant prévu pour deux semaines.
Oui, et il est immédiat et applicable partout, selon le PM pakistanais Shehbaz Sharif, qui s’est très largement investi dans les négociations. Le président américain a de son côté annoncé suspendre ses frappes sur l'Iran et affirme que la question de l'uranium iranien, un des points clés du conflit, sera "parfaitement réglée". Le Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran a lui aussi déclaré qu'il acceptait de négocier avec les États-Unis à Islamabad dès vendredi, mais a aussi précisé qu’accepter ces conditions ne signifiait pas la fin de la guerre. Pour l’instant, Téhéran a accepté de rouvrir le détroit sous plusieurs conditions, dont le retrait des forces de combat américaines dans la région.
Et cette annonce a fait chuté le prix de pétrole de 17%.
Alors que le monde avait les yeux rivés sur le détroit d’Ormuz depuis plusieurs semaines, depuis que son blocage par les forces iraniennes avait fait monter de 65 % les prix du pétrole, l’annonce d’un cessez-le-feu et d’une réouverture du détroit a fait chuter les prix du brut de presque 20%, une baisse qu’il faudra attendre pour voir répercutée dans nos stations.
Pourtant, au moment du cessez le feu, les armes ne semblaient pas s’être encore totalement tues dans la région.
Non en effet, plusieurs infrastructures iraniennes ont été ciblées cette nuit par des frappes israélo-américaines, juste avant l’expiration de l’ultimatum ce mercredi. Des missiles iraniens ont aussi été tirés vers Israël dans les minutes entourant l’annonce du cessez-le-feu, et l’Arabie saoudite, le Bahreïn, le Koweït et le Qatar ont simultanément activé leur défense aérienne au moment de l’annonce. Mais le cessez-le-feu ne s’applique pas au Liban, qui n’est pas inclus dans la trêve, selon un communiqué du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier a donc mené plusieurs attaques dans le Sud du pays ce matin après avoir émis un ordre d’évacuation pour la région de Tyr.
Les réactions à cet accord sont mitigées.
Oui, plusieurs dirigeants européens ont salué le cessez-le-feu, comme le chancelier allemand, le président français ou encore le premier ministre britannique Keir Starmer, en route pour le Golfe. Mais en Israël, le chef de l’opposition qualifie cet accord de “désastre politique”, tandis que l’Ukraine appelle les Etats-Unis à reporter leur attention sur la guerre qui les ronge depuis 4 ans.
On continue ce journal en Hongrie, où le Premier ministre Viktor Orban a reçu cette semaine la visite du vice-président américain JD Vance, alors que la campagne pour les élections législatives hongroises entre dans sa phase finale.
Oui, JD Vance s’est bien rendu à Budapest ce mardi pour manifester son soutien au premier ministre Viktor Orban, encourageant ses choix politiques et saluant un "partenaire important et constructif pour la paix" en Ukraine.
Une visite hautement symbolique, à quelques jours du scrutin, qui envoie en outre un signal politique clair à Bruxelles.
Oui, le vice-président américain a notamment profité de son déplacement pour saluer le positionnement très hostile de Viktor Orban face à Bruxelles, faisant écho au récent bras de fer entre Washington et l'Union européenne. Mais ce soutien intervient dans un contexte sans précédent : après seize ans au pouvoir, le Premier ministre est donné perdant dans les sondages pour la première fois, à quelques jours des élections. Son principal adversaire, Péter Magyar, figure d’une opposition conservatrice mais pro-européenne, apparaît désormais en tête des intentions de votes, signe d’un changement potentiel majeur dans le paysage politique hongrois.
L’élection du 12 avril apparaît donc comme un moment charnière, avec un débat qui se polarise autour de la guerre en Ukraine.
Oui, et cette tension s’est encore accrue ces derniers jours, après l’annonce du président serbe Aleksandar Vučić de la découverte d’explosifs près du gazoduc stratégique Balkan Stream, transportant du gaz russe vers la Serbie et la Hongrie. Un événement loin d'être le fruit du hasard selon le camp de Magyar, pour qui la récupération politique potentielle d'Orban de cet incident confirmerait qu'il s'agirait d'une opération orchestrée.
Et on clôture ce journal dans l’espace, alors que l’équipage de la mission Artemis II, parti dans la nuit du 1e au 2 avril, est déjà sur le chemin du retour.
C’est une mission d’une ampleur exceptionnelle: trois astronautes américains et un canadien sont dorénavant les humains ayant voyagé le plus loin de la terre, transportés dans le vaisseau Orion à 400 171 km de notre planète. C’est un record de distance depuis la mission Apollo 13 en 1972, mis en place par la NASA, qui marque une étape clé du retour humain dans l’espace lointain.
Le but de la mission est de récolter de nombreuses données, mais aussi préparer des missions longue durées futures.
En effet, selon la NASA, étudier les radiations et performances humaines en espace profond est nécessaire pour des projets futurs, notamment pour préparer Artemis 3, qui aura lieu l'année prochaine.
Cette mission, une réussite jusqu’ici, s’inscrit plus largement dans une nouvelle phase de compétition spatiale, notamment face aux ambitions lunaires de la Chine et de la Russie.
La Russie, via Roscosmos, malgré des contraintes budgétaires et techniques accrues, maintient tout de même ses ambitions lunaires et son partenariat stratégique avec la Chine. La mission Artemis se veut donc internationale, en rassemblant plus de 30 pays autour du principe de coopération et d’exploitation de l’espace cislunaire.
Un journal de Nicolas Le Guily et Salomé Moinet.