Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.
Au programme :
- Ukraine : la région de Zaporijjia touchée par une nouvelle frappe meurtrière ce lundi.
- Belgique : le Premier ministre Bart De Wever a remis sa démission au roi ce lundi matin.
- Serbie : le chef de la police criminelle Marko Kricak arrêté ce dimanche.
- Azerbaïdjan : des jeunes footballeurs néo-calédoniens au cœur d’un bras de fer entre Paris et Bakou.
On ouvre ce journal en Ukraine, où les espoirs de paix se heurtent une nouvelle fois à la réalité des bombardements. Avec d’abord cette frappe meurtrière dans la région de Zaporijjia.
Lundi, l’aviation russe a largué des bombes planantes sur une école du village de Komychouvakha, reconvertie en centre de distribution d’aide humanitaire. Une seconde salve a ensuite visé l’abri où les survivants s’étaient réfugiés. Le bilan est d’au moins 26 morts, parmi lesquels des secouristes et des policiers, et 27 personnes restent portées disparues. La région est en deuil aujourd’hui.
Un drame d’autant plus frappant car il survient au lendemain d’une rare accalmie.
Dans la région voisine de Kherson, la trêve d’Oleshky vient d’expirer dimanche. Pendant six jours, les armes se sont tues, ce qui a permis d’évacuer plusieurs centaines de civils. Mais Moscou a refusé de la prolonger, et les frappes ont repris dès lundi.
Et pourtant, sur le plan diplomatique, les lignes bougent.
Les États-Unis ont annoncé hier que Moscou et Kyiv reprendront les négociations les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, sous médiation de Washington. Ce sera une première depuis février, quand le processus s’était enlisé.
Sur quoi porteront ces discussions ?
Sur la sécurité d’après-guerre, la désescalade, les questions humanitaires et les « prochaines étapes vers la paix ». Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, dont le tropisme pro-russe suscite depuis longtemps de vives critiques, conduiront, une nouvelle fois, la délégation américaine.
Les Européens, eux, seront consultés en amont. Des émissaires américains les retrouvent cette semaine à Bruxelles, avec l’OTAN, pour parler des garanties de sécurité de l’Ukraine et de sa reconstruction.
Faut-il pour autant s’attendre à une percée ?
La prudence reste de mise. Jusqu’ici, la seule concession tangible de Vladimir Poutine a été d’accepter de revenir à la table des discussions. Sur le fond, et surtout sur la question territoriale, les positions demeurent très éloignées.
Le terrain, d’ailleurs, envoie des signaux contraires. Pour Volodymyr Zelensky, la frappe de Komychouvakha ruine les espoirs de paix. Il redoute même une nouvelle offensive massive contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, pendant que le monde aura les yeux rivés sur les élections de mi-mandat américaines.
Et on continue ce journal en Belgique, où le Premier ministre, Bart De Wever, a remis hier sa démission au roi.
En poste depuis février 2025, le chef du gouvernement jette l’éponge faute d’accord budgétaire au sein de la coalition Arizona. Il réclamait un effort de 10 milliards d’euros d’ici 2029 pour redresser les finances publiques. Mais la coalition n’a pas réussi à s’entendre, notamment sur les coupes dans les dépenses et une éventuelle hausse de la TVA.
La situation budgétaire belge est-elle si préoccupante ?
Le pays figure parmi les plus mauvais élèves européens. Son déficit dépasse 5 % du PIB, au même niveau que la France, même s’il reste derrière la Roumanie, la Hongrie ou la Pologne. Mais avec près de 59 000 euros par habitant, la Belgique affiche la dette par habitant la plus élevée de l’Union.
Que va décider le roi ?
Pour l’instant il tient la démission en suspens et a annoncé qu’il consulterait jusqu’à vendredi les présidents des cinq partis de la majorité, pour éviter, selon le Palais, « une crise politique prolongée ». Il recevra ensuite Bart De Wever pour trancher.
Et on poursuit ce journal en Serbie, où le chef de la police criminelle a été arrêté ce dimanche dans la matinée.
Marko Kricak, ainsi que le directeur du service national de lutte contre la criminalité, Bosko Sekulovic, ont été placés en garde à vue dimanche, selon la presse serbe. Le chef de la police criminelle est connu pour être un proche de l’ancien président serbe Aleksandar Vučić. Il est aussi largement associé à une répression violente des manifestations antigouvernementales en Serbie, nommé à la tête de la police criminelle fin 2025. Sa démission a d’ailleurs été demandée la semaine dernière par la liste étudiante, qui a remporté les élections législatives serbes fin octobre.
Sur quel motif s’est faite l’arrestation ?
Il est accusé d’être intervenu dans une enquête de meurtre en mai dernier dans la capitale, et d’avoir falsifié des preuves. Il aurait aussi exercé des pressions sur les témoins et les suspects de l’affaire. Le procureur en chef du haut parquet de Belgrade, Nenad Stefanović , explique que les deux responsables sont, je cite, “soupçonnés d’avoir (…) abusé de leurs fonctions et manqué à leurs obligations professionnelles, causant ainsi un préjudice et une atteinte grave aux droits de l’ancien chef de la police de Belgrade”.
Le principal suspect avait d’ailleurs porté plainte en juillet, après deux mois en détention, contre les deux responsables. Selon sa plainte, il les accuse d’avoir fourni des preuves au parquet qui sont présentées de manière, je cite, “sélective, incomplète, et mensongère”.
Et on termine ce journal en Azerbaïdjan, où de jeunes footballeurs néo-calédoniens se sont retrouvés, bien malgré eux, au cœur d’un bras de fer entre Paris et Bakou.
En marge de la Coupe du monde des moins de 15 ans, achevée vendredi en Azerbaïdjan, le Groupe d’initiative de Bakou s’est servi de leur image pour dénoncer le « colonialisme français ». Ses vidéos montrent les joueurs aux côtés du drapeau kanak, avec le slogan « La Kanaky n’est pas la France ».
Leur fédération a d’ailleurs vivement réagi.
Elle dénonce l’utilisation sans autorisation de l’image de joueurs mineurs et rappelle sa neutralité politique.
Ces tensions entre Paris et Bakou ne datent pas d’hier…
Elles remontent à la guerre du Haut-Karabakh, en 2020, puis à la reprise de l’enclave par l’Azerbaïdjan en 2023, quand la France a soutenu l’Arménie. Depuis, Bakou accuse Paris de néocolonialisme et soutient les mouvements indépendantistes de l’outre-mer français.
Un journal de Audrey Heller et Élise Houben.