Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme :
- Moyen-Orient : une nouvelle trêve sous très hautes tensions
- Sommet UE - Balkans : la Serbie participe dans un contexte tendu
- Marche des fiertés en Hongrie : fin des poursuites contre le maire de Budapest
On ouvre ce journal au Moyen-Orient, où le renouvellement du cessez-le-feu conclu entre Israël et le Liban n'empêche pas la poursuite des combats.
L’armée israélienne estime que ce cessez-le-feu ne l’empêche pas de poursuivre ses opérations militaires et entend notamment continuer de détruire des villages et infrastructures du Hezbollah. Ces derniers jours, des frappes israéliennes ont encore fait au moins 8 morts et 15 blessés, dont plusieurs secouristes. Israël accuse également le Hezbollah d'avoir tué un casque bleu et blessé deux autres dans la nuit de mercredi à jeudi, une version que la FINUL n’a pas encore confirmée. De son côté, le chef du Hezbollah rejette cet accord, réclamant un cessez-le-feu global et le retrait total des forces israéliennes. Le mouvement affirme aussi avoir visé des positions israéliennes.
Pourtant, dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’issue de deux jours de pourparlers à Washington, les deux pays sont parvenus à un nouvel accord de cessez-le-feu sous conditions.
Celui-ci prévoit l’arrêt complet des tirs du Hezbollah et le retrait de ses combattants du secteur situé au sud du fleuve Litani. Le texte prévoit aussi le retrait graduel de l’armée israélienne du sud du Liban, où des “zones pilotes” seront placées sous le contrôle exclusif des Forces armées libanaises, à l'exclusion du Hezbollah. Les deux pays se sont également engagés à reprendre des pourparlers la semaine du 22 juin, l’objectif étant de “progresser vers un accord global de paix et de sécurité”.
Un cessez-le-feu rendu d’autant plus fragile par les exigences du Hezbollah qui souhaite être inclus dans l’accord régional négocié entre l’Iran et les États-Unis.
Le Hezbollah et Téhéran refusent en effet de dissocier le dossier libanais des discussions sur l’Iran. Une manière pour le Hezbollah de sortir renforcé sur la scène libanaise. Mercredi, le ministre des affaires étrangères iranien a ainsi affirmé que “Soit la guerre en Iran et au Liban cessera, soit elle se poursuivra dans les deux pays”. Au contraire, Israël, les États-Unis et le gouvernement libanais défendent une dissociation des deux dossiers.
Une situation qui pousse les Européens à réagir.
Hier, l’Union européenne a annoncé une aide supplémentaire de 100 millions d’euros aux forces armées libanaises. Le but : consolider l’État libanais et réduire l’influence militaire du Hezbollah.
Cette guerre crée également des tensions aux États-Unis, où l’intervention militaire américaine au Moyen-Orient connaît une impopularité croissante, notamment en raison de la spirale inflationniste qu’elle provoque.
Mercredi, la Chambre des représentants a adopté un texte ordonnant le retrait des troupes américaines engagées dans la guerre contre l’Iran. Bien que largement symbolique en raison du droit de veto dont dispose Donald Trump, cette initiative est une façon pour le Congrès de réaffirmer son pouvoir face à l’exécutif. Selon la Constitution américaine, le président aurait en effet dû obtenir sous 60 jours l’autorisation du Congrès pour déclencher des hostilités, ce qu’il n’a pas respecté après avoir engagé son pays dans la guerre le 28 février. Les sondages révèlent également un recul du soutien de l’opinion publique américaine à Israël. Donald Trump a pour sa part dénoncé un vote “antipatriotique”, estimant qu’il fragilise les négociations en cours avec l’Iran.
Et on poursuit ce journal au Monténégro, où se tient aujourd’hui un sommet réunissant certains des dirigeants des 27 et ceux des Balkans occidentaux.
A l’affiche de ce sommet : une nouvelle fois la question de l’élargissement de l’Union européenne aux pays de la région. Un sommet qui réunit les dirigeants des Balkans et de nombreux dirigeants des pays membres, dont entre autres Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz. Ursula von der Leyen et Kaja Kallas, respectivement présidente et vice-présidente de la Commission européenne, se rendent également au Monténégro.
La rencontre d’aujourd’hui est particulièrement scrutée. Le président serbe, Aleksandar Vučić, dont la présence était très incertaine, se rendra bien au Monténégro aujourd’hui pour participer à ce sommet.
Ses services de sécurité lui avaient en effet déconseillé d’y participer, évoquant “des activités hostiles des services de renseignement étrangers et de clans criminels au Monténégro". De fait, un différend depuis de nombreux mois entre la Serbie et son voisin monténégrin pèse sur les relations entre les deux pays. Mercredi, ces tensions se sont particulièrement cristallisées : les autorités monténégrines ont refoulé un avion avec 90 ressortissants serbes à son bord, le justifiant par des raisons de “sécurité intérieure et nationale".
Du côté de Bruxelles, les relations avec le président serbe sont également compliquées : le tropisme pro-russe de Belgrade étant une des raisons principales des crispations.
La Serbie s’oppose notamment depuis plusieurs mois à la demande européenne de s’aligner sur le régime des sanctions prises par Bruxelles contre Moscou, estimant que cela pénaliserait son économie. Les tensions se sont encore accrues en mai, lorsque Aleksandar Vučić s’est rendu à Moscou, une visite à laquelle Bruxelles s'était fermement opposée. Le Parlement européen avait en effet adopté une résolution critiquant le manque de progrès de la Serbie vis-à-vis de l’intégration européenne, avec comme raison principale le non-alignement de Belgrade sur la politique étrangère de l’UE.
On clôture ce journal en Hongrie, où la justice a abandonné les poursuites visant le maire de Budapest, Gergely Karácsony.
L’affaire remonte à juin 2025, sous le mandat de Viktor Orbán, marqué par d'innombrables mesures restreignant les droits des personnes LGBTQIA+. Le maire était poursuivi pour avoir maintenu une Marche des fiertés alors interdite par la police hongroise. Pour contourner cette interdiction, le maire de Budapest avait présenté l’événement comme une manifestation municipale, avançant le fait que dans cette configuration, aucune autorisation de la police n’est juridiquement nécessaire. La marche avait finalement eu lieu dans le calme et rassemblé des dizaines de milliers de participants dans la capitale hongroise, malgré l’opposition du gouvernement.
Et la justice hongroise a justifié l’abandon de ces poursuites par une décision récente de la Cour de justice de l’Union européenne.
Celle-ci a jugé, en avril dernier, contraire au droit européen la loi hongroise de 2021 sur la « protection de l’enfance », une loi profondément discriminatoire, qui avait servi de fondement à l’interdiction de la Marche des fiertés. Une décision qui intervient alors que le nouveau gouvernement de Péter Magyar, conservateur mais plus ouvert que son prédécesseur sur ces questions, cherche à se démarquer des politiques répressives menées sous Viktor Orbán.
Un journal de Manon Gendreau et Nicolas Le Guily.