Aujourd’hui en Europe

Aujourd’hui en Europe - 2 octobre 2026

Andy Burnham le 13 juillet 2026 via House of Commons Aujourd’hui en Europe - 2 octobre 2026
Andy Burnham le 13 juillet 2026 via House of Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme 

  • Royaume-Uni : un retour dans l’Union Européenne ?
  • France : Révoltes lycéenne
  • L’EUCCS un réseau sécurisé européen

On commence ce journal au Royaume-Uni, où le Premier ministre britannique Andy Burnham a relancé le débat sur un éventuel retour de la Grande-Bretagne au sein de l’UE.

Pour rappel, le Royaume-Uni avait quitté l'Union européenne il y a dix ans à la suite d’un référendum. Et ce mardi, lors d’un discours devant le congrès de son parti, il a évoqué plusieurs options afin de se rapprocher de Bruxelles. Dès le lendemain, il a même évoqué la possibilité pour le Royaume-Uni, je le cite, « d’aller jusqu’au bout », c’est-à-dire de réintégrer pleinement l’Union européenne. 

Pour l’instant, rien n’est enclenché, mais Andy Burnham veut ouvrir une réflexion sur la future relation entre Londres et Bruxelles. Il envisage plusieurs possibilités : rejoindre l’union douanière, revenir dans le marché unique, ou aller jusqu’à une adhésion pleine et entière.

Pourquoi ce débat revient-il maintenant ?

Andy Burnham est devenu Premier ministre fin juillet, après la démission de Keir Starmer. Il avait lui-même fait campagne pour rester dans l’Union européenne lors du référendum de 2016. 

Aujourd’hui, comme beaucoup de britanniques, il estime que le Brexit a fait « plus de mal que de bien » notamment en matière économique. Selon l’Office britannique de responsabilité budgétaire, la relation commerciale post-Brexit devrait réduire la productivité britannique de 4 % à long terme par rapport à un maintien dans l’Union.

Et l’opinion publique a elle aussi évolué depuis 2016. Un sondage YouGov cité cette semaine donne environ  60 % des Britanniques favorables à une réadhésion à l’Union européenne.  

Mais cette question reste politiquement très clivante, notamment face à Reform UK, parti politique britannique d'extrême droite et anti-européen qui défend le maintien du Brexit. 

Pour le premier ministre un retour dans l’Union européenne aurait aussi un intérêt pour la question migratoire.

Pour Andy Burnham, en quittant l’Union européenne, le Royaume-Uni a perdu une partie de sa capacité à collaborer avec ses voisins européens pour contrôler les migrations. Londres souhaite désormais inscrire la politique migratoire au programme des discussions avec l’Union européenne. Cela intervient alors que les deux parties peinent à s’accorder sur le sujet.   

La France et le Royaume-Uni avaient déjà mis en place en août 2025 l’accord “one in, one out”, “un qui entre, un qui sort“, destiné à lutter contre les traversées clandestines de la Manche. Le principe était de permettre au Royaume-Uni de renvoyer en France certains migrants arrivés clandestinement par bateau, en échange de l’accueil au Royaume-Uni d’un nombre équivalent de demandeurs d’asile ayant des liens familiaux avec le pays. 

Mais cet accord arrive à son terme et la France ne souhaite pas le prolonger sous sa forme actuelle. Londres souhaite dès lors inscrire la politique migratoire au programme des discussions avec Bruxelles. 

Et si le Royaume-Uni voulait réellement rejoindre l’Union européenne ?

Ce serait une procédure longue et entièrement nouvelle. Une candidature devrait être examinée par les 27 États membres et approuvée à l’unanimité. Le président français, Emmanuel Macron a accueilli favorablement l’ouverture du débat, tout en rappelant que Londres ne pourrait pas choisir uniquement les avantages d’une relation avec l’Union.

Du côté de Bruxelles, on reste prudents. « Nous souhaitons voir des actes, confie une source à la Commission européenne. Nous sommes très désireux de saisir les bonnes opportunités. Mais tout est dans les détails. » 

On continue ce journal en France où la mobilisation de lycéens qui bloquent leur établissements s’étend. Jeudi, la mobilisation a commencé à gagner les universités. 

La mobilisation s’est rapidement étendue. Mardi, 338 lycées étaient concernés. Mercredi, le ministère de l’Intérieur en comptait 356 et ce jeudi, les étudiants ont commencé à rejoindre le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués ou perturbés selon l’Union étudiante.

Mais derrière les blocages, quelles sont les revendications ?

Elles concernent d’abord les conditions d’apprentissage, les lycéens demandent davantage de professeurs, le remplacement des enseignants absents et des classes moins chargées. Ils dénoncent aussi l’état de certains établissements et la pression exercée par Parcoursup.

Derrière ces revendications, il y a donc une question plus large : quelle place le gouvernement accorde-t-il à l’école publique dans ses choix budgétaires ?

Le gouvernement invoque notamment la baisse du nombre d’élèves pour justifier des suppressions de postes, mais les syndicats répondent que cette baisse démographique ne doit pas se traduire par une dégradation des conditions d’enseignement. Ils demandent au contraire que les moyens libérés servent à réduire le nombre d’élèves par classe et à améliorer l'encadrement.

Et depuis quelques jours, la question des violences policières est également devenue centrale. 

Oui, la mobilisation a donné lieu à des affrontements et à des dégradations dans plusieurs villes.Mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur. L’Éducation nationale fait de son côté état de 119 personnes blessées depuis le début du mouvement, dont 34 membres du personnel.

Des lycéens dénoncent également des interventions policières qu’ils jugent disproportionnées. À Saint-Denis notamment, des jeunes ont accusé les forces de l’ordre d’avoir utilisé des gaz lacrymogènes et d’avoir procédé à des interventions brutales. À Tours, un jeune homme a été hospitalisé après une blessure à la tête dont l’origine n’était pas encore établie. Au total, trois enquêtes de l’IGPN, l’inspection de la police nationale, ont été annoncées en lien avec les interventions policières.

Et on termine ce journal à Bruxelles pour évoquer la proposition de l’UE concernant la mise en place d’un réseau de communication sécurisé lors de crises.

La Commission européenne propose de créer l’EUCCS, un système de communication sécurisé pour les services d’urgence. Pompiers, policiers, services médicaux et protection civile pourraient ainsi communiquer en temps réel, y compris lorsqu’ils interviennent au-delà de leur frontière.

Pourquoi est-ce nécessaire ?

Aujourd’hui, les systèmes de communication restent principalement nationaux et ne sont pas toujours compatibles entre eux. En cas d’incendie, d’inondation ou d’attaque, cela peut compliquer la coordination des secours lorsqu’ils interviennent dans plusieurs pays.

Comment fonctionnerait ce réseau ?

L’EUCCS permettrait de partager des messages, des vidéos, des données et la géolocalisation sur un réseau sécurisé. Il s’appuierait notamment sur la 5G et pourrait utiliser les satellites européens lorsque les réseaux terrestres sont indisponibles.

Et derrière ce projet, il y a aussi un enjeu de souveraineté européenne ?

Oui, la Commission veut que les composants essentiels du système soient développés par des entreprises européennes afin de réduire la dépendance aux technologies étrangères.Mais le projet doit encore être adopté par le Parlement européen et le Conseil. Son déploiement doit commencer progressivement à partir de 2030.

Un journal de Augustin Giaumé, Élise Houben, Thomas Kox.