Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 9 avril 2026

Beyrouth après une série de frappes israéliennes le 8 avril 2026. Source : Megaphone, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons Aujourd'hui en Europe - 9 avril 2026
Beyrouth après une série de frappes israéliennes le 8 avril 2026. Source : Megaphone, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme: 

  • Cessez-le-feu au Moyen-Orient : le Liban reste sous les bombes
  • Espagne : la fermeture annoncée de la centrale nucléaire d’Almaraz alarme Bruxelles
  • La Grèce veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans 

On commence ce journal en Iran, au lendemain du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran.

Annoncé mardi soir, le cessez-le-feu pour les deux prochaines semaines fait suite aux menaces du président américain Donald Trump de faire disparaître, je cite «toute une civilisation», si un accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale, n’était pas conclu.

Mais si en Iran règne un calme précaire, sur l’autre front de cette guerre, au Liban, Israël poursuit ses frappes que le président libanais, Joseph Aoun a qualifié de barbares.

Oui, Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, qui n’est pas concerné par l’accord entre l’Iran et les États-Unis. L’armée israélienne a annoncé avoir mené sa « plus grande frappe coordonnée » contre le mouvement pro-iranien Hezbollah depuis le début du conflit. Le bilan de la journée d’hier est d’au moins 182 morts et presque 900 blessés au Liban après ces frappes israéliennes, selon un bilan provisoire du ministère de la santé libanais. 

Même si la guerre se poursuit au Liban, la communauté internationale oscille entre soulagement et grande prudence après ce cessez-le-feu entre Téhéran et Washington.

Oui plusieurs dirigeants européens notamment ont salué dans un communiqué commun avec le premier ministre canadien une “bonne nouvelle”, vue comme une opportunité de faire redescendre les tensions. Cet optimisme n’est pour autant pas naïf, la trêve est fragile et ne sera utile que si elle débouche sur des négociations concrètes. Le président français Emmanuel Macron et d’autres dirigeants européens ont insisté auprès de leurs homologues américains et iraniens sur la nécessité d’étendre au Liban le cessez-le-feu conclu entre leurs pays. 

Une évolution de la situation qui se répercute immédiatement sur l’économie mondiale.

Oui les doutes quant à la pérennité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran font craindre que le transit des flux énergétiques par le détroit d’Ormuz ne reste perturbé, ce qui fait remonter les prix du ‌pétrole après leur forte baisse de la veille. Une situation qui rappelle à quel point la situation est volatile, et surtout, que la stabilité énergétique mondiale dépend encore de cette région sous tension.

On poursuit ce journal en Espagne, où l’avenir de la centrale nucléaire d’Almaraz, située dans la région autonome d’Estrémadure, suscite des inquiétudes jusqu’à Bruxelles. 

Oui, car Madrid maintient pour l’instant son calendrier de sortie progressive du nucléaire d’ici 2035, avec une fermeture du premier réacteur d’Almaraz prévue en 2027, puis du second en 2028. Les exploitants ont toutefois demandé une prolongation d’environ trois ans. Et l’enjeu est loin d’être symbolique : le nucléaire représente encore environ un cinquième de la production d’électricité espagnole.

Le dossier a aussi pris une dimension européenne. 

Euronews s’est entretenu avec Bogdan Rzońca, chef de la mission d’eurodéputés qui s’est rendue à Almaraz en février pour évaluer l’état de la centrale. Cette visite faisait suite à une pétition locale, et selon lui, plus de 10 000 habitants s’opposent à sa fermeture. Le débat porte sur l’emploi et l’économie locale, mais aussi sur un sujet plus large : celui de la sécurité énergétique.

Et à Bruxelles, cette question se pose dans un contexte beaucoup plus tendu qu’il y a encore quelques mois. 

La crise énergétique liée au blocage du détroit d’Ormuz a brutalement rappelé à quel point l’Union européenne reste vulnérable aux chocs extérieurs. Selon la Commission, environ 7 % du pétrole de l’Union, 8,5 % de son gaz naturel liquéfié, ainsi que 40 % de son diesel et de son kérosène transitent par cette route maritime stratégique. 

Une inquiétude qui fait d’ailleurs écho aux propos tenus en mars par Ursula von der Leyen.

Oui, la présidente de la Commission a estimé que le recul du nucléaire en Europe avait été une « erreur stratégique », rappelant que sa part dans la production électrique européenne est passée d’environ un tiers en 1990 à près de 15 % aujourd’hui. Pour les défenseurs d’Almaraz, fermer la centrale maintenant reviendrait donc à accroître encore la dépendance énergétique du continent, au moment même où Bruxelles cherche à sécuriser ses approvisionnements et à contenir les prix de l’énergie.

Reste que le gouvernement de Pedro Sánchez assume une tout autre ligne. 

Oui, Madrid a confirmé sa volonté de fermer l’ensemble des centrales nucléaires espagnoles d’ici 2035 et continue de défendre cette trajectoire, en misant sur l’essor des renouvelables. Fin 2023, le gouvernement a d’ailleurs présenté de nouvelles mesures pour prolonger certains délais administratifs de projets verts et adapter les enchères renouvelables, preuve qu’il entend maintenir le cap de la transition énergétique malgré les critiques.

On termine ce journal en Grèce, où le gouvernement veut introduire une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Le premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé que la mesure entrerait en vigueur le 1er janvier 2027, avec un projet de loi attendu d’ici l’été.

Athènes justifie cette décision par la montée des inquiétudes autour de la santé mentale des plus jeunes, des troubles du sommeil et du caractère addictif de certaines plateformes. Le chef du gouvernement grec parle d’une mesure difficile, mais devenue nécessaire face à l’usage massif des réseaux sociaux par les enfants et les adolescents.

La Grèce n’en est d’ailleurs pas à son premier durcissement.

Oui, le pays a déjà interdit les téléphones portables à l’école et mis en place des outils de contrôle parental. 

Mais Athènes reconnaît aussi qu’une telle mesure sera difficile à faire respecter seule. 

Le gouvernement grec appelle donc l’Union européenne à agir, avec un âge numérique commun fixé à 15 ans, des méthodes harmonisées de vérification de l’âge et un cadre de contrôle partagé. En arrière-plan, c’est le règlement européen sur les services numériques, le DSA, qui pourrait servir de levier face aux plateformes.

Et la Grèce n’est pas un cas isolé. 

Oui, plusieurs pays européens comme l’Espagne ou la Pologne réfléchissent eux aussi à restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Et en France, surtout, le chantier est déjà lancé : l’Assemblée nationale a approuvé en janvier une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le texte n’est pas encore définitivement adopté, mais Paris a déjà clairement ouvert la voie. 

Un journal de Mathilde Boht et Giona Melotto.