Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.
Au programme :
- UE : la publication du rapport annuel de la Commission européenne sur l’élargissement de l’Union.
- Bruxelles : la réunion de représentants politiques pour évoquer l’avenir de l’Ukraine ce mercredi.
- Royaume-Uni : le gouvernement d’Andy Burnham durcit sa politique contre l’immigration légale.
- Albanie : le mouvement de contestation contre le gouvernement continue après plus de 160 jours.
On commence ce journal en évoquant l’élargissement de l’Union européenne suite à la publication, par la commission, du rapport annuel sur le sujet.
Mercredi, la Commission européenne a présenté son rapport annuel sur l’élargissement. La veille, le président du Conseil européen, António Costa, a soutenu la nécessité de poursuivre le processus d’élargissement de l’UE. “L'expérience de l'Europe montre que l'élargissement nous profite à tous" a-t-il déclaré dans un communiqué à Euronews.
Le rapport annuel désigne 4 pays proches d’une adhésion.
Parmi eux, le Monténégro qui pourrait devenir le 28e membre de l’Union européenne d’ici 2028, affirme Bruxelles. Lors du sommet Euronews sur l’élargissement mardi, la ministre monténégrine des Affaires européennes, Maida Gorčević, a cependant rejeté l’idée d’une “adhésion de seconde catégorie au sein de l’Union européenne”. Sa réponse intervient après qu’en septembre, la Commission ait proposé une période probatoire de 15 ans pour les nouveaux États membres,
L’Albanie, quant à elle, est aussi bien avancée dans la procédure d’adhésion, elle pourrait conclure ses négociations d’adhésion d’ici 2027. La Moldavie fait aussi partie de ce groupe en tête.
Qu’en est-il de l’Ukraine ?
L’Ukraine fait aussi partie de ce groupe qui avance vers une adhésion, a affirmé la Commission mercredi. Le Premier ministre ukrainien Sergii Koretskyi a d’ailleurs réaffirmé sa volonté de rejoindre l’UE, souhaitant clore des négociations d’ici le début de 2027. Kyiv avait déposé sa candidature il y a maintenant 5 ans, au lendemain de l’invasion à grande échelle par la Russie. La Commission n’a cependant pas communiqué d'échéancier, jugeant que Kyiv doit encore “accélérer de manière urgente et significative le rythme des réformes en matière d’État de droit“.
Des candidatures sont par contre bloquées pour certains pays.
C’est le cas de la Géorgie. Sa candidature est bloquée depuis 2024, du fait de l’adoption par ce pays de lois controversées sur les agents étrangers et les valeurs familiales. Si le Premier ministre Irakli Kobakhidze a affirmé ce mardi que la Géorgie était toujours “très engagée” dans une adhésion à l’UE, il refuse d’abroger ces lois. Le rapprochement traîne aussi pour la Macédoine du Nord. La présidente Gordana Siljanovska a affirmé que son adhésion était bloquée par un différend avec la Bulgarie.
La procédure d’adhésion de façon générale reste toutefois longue et incertaine, nécessitant la ratification au traité d’adhésion par tous les États membres. Cela implique notamment la tenue d’un référendum en France par exemple.
On poursuit ce journal à Bruxelles, où une réunion élargie a évoqué l’avenir de l’Ukraine.
Ce mercredi, la Commission européenne a réuni à Bruxelles des représentants de l’Ukraine, des États-Unis, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, mais aussi de l’OTAN et de la Banque mondiale. Une réunion qui avait pour but de relancer les négociations de paix, et d’évoquer la reconstruction post-guerre du pays.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky était de son côté à Madrid ce mercredi.
Le chef de l’Etat doit s’entretenir ce jeudi avec des dirigeants, dont le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. À l’ordre du jour, le renfort de la défense antiaérienne ukrainienne. La guerre en Ukraine sera aussi un sujet de réunion de l’autre côté de l’Atlantique. Des représentants ukrainiens et russes sont attendus ce jeudi à Washington DC. Ils seront reçus par Melania Trump. Une réunion qui suit le cessez-le-feu humanitaire d’Oleshky, dont la Première dame des États-Unis est à l’origine.
Et on continue ce journal au Royaume-Uni, où le gouvernement d’Andy Burnham a affirmé ce lundi s'apprêter à durcir sa politique contre l’immigration légale.
Ce sont donc les conditions d’accès au statut de résident permanent qui sont complexifiées au Royaume-Uni. On parle notamment d’un temps de résidence en amont qui double, 10 ans contre 5 ans jusqu’à présent. D’autres conditions se présentent : avoir un casier judiciaire vierge, maîtriser la langue anglaise, et n’avoir aucun retard de paiement sur leurs impôts. Une réforme qui a pour but de décourager l’immigration, le Royaume-Uni voulant baisser son solde migratoire qui s’élevait à environ 170 000 personnes en 2025.
Le gouvernement prévoit une inégalité affirmée entre les personnes immigrant au Royaume-Uni.
Oui, puisque la durée du séjour au Royaume-Uni nécessaire pour faire une demande varie selon les cas. Des exceptions ont été prévues, notamment pour les 300 000 employés du secteur des soins à la personne, dont la période restera d’une durée de 5 ans. La période passe à 3 ans, pour les personnes qui gagnent plus de 150 000 euros par an. 20 ans pour les demandeurs d’asile qui arrivent illégalement par la Manche et jusqu’à 30 ans, s’ils ne travaillent pas.
C’est une réforme qui fait l’objet de débat.
Portée par le gouvernement travailliste d’Andy Burnham, cette réforme est critiquée par certains membres de son camp. Le caractère rétroactif du projet est aussi au cœur des tensions. À l’inverse, la réforme est jugée trop légère par l’opposition. C’est donc 500 000 personnes qui reporteront leur demande de statut de résident permanent avec cette réforme.
On clôture ce journal en Albanie, où le mouvement de contestation contre le gouvernement continue après plus de 160 jours.
Le mouvement de manifestations antigouvernementales, aussi surnommé la “révolution des flamands roses”, dure depuis fin mai. Déclenché par un projet d’investissement controversé d’un complexe hôtelier de luxe, les revendications se sont étendues à d’autres branches de la société : les manifestants réclament de meilleures conditions de vie, protestent contre la corruption mais surtout, demandent la démission du Premier ministre Edi Rama.
Les étudiants sont retournés dans la rue ce lundi, malgré des mesures de répression sévères.
Oui, des milliers d’étudiants ont rejoint le mouvement à la mi-octobre. Et ce lundi, les étudiants étaient nombreux dans les rues de la capitale pour manifester. Mais depuis la mi-octobre, les manifestations ont pris un tournant violent. Jusque-là pacifiques, des affrontements avec la police, en marge des rassemblements, se sont multipliés. En réponse, le chef du gouvernement Edi Rama a annoncé de nouvelles mesures répressives la semaine passée, dans le but de décourager le mouvement.
Et quelles sont ces mesures, dont la plupart sont entrées en vigueur il y a quelques jours ?
En s’inspirant du “modèle français casseur-payeur”, la nouvelle législation prévoit que toute personne ayant “choisit de rester dans la foule” où des violences sont commises, ou alors toute personne “dissimulant son identité” devra payer une amende pouvant atteindre 5 500 euros. La Commission européenne a réagi, appelant à ce que la réponse policière soit “dans le cadre de la loi et proportionnée”.
Un journal de Audrey Heller et Élise Houben.