Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 22 septembre 2026

Centrale électrique. © Pixabay Aujourd'hui en Europe - 22 septembre 2026
Centrale électrique. © Pixabay

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • UE : la crise énergétique continue de s’accentuer en Europe. 
  • Cybersécurité : un rapport de la Cour des comptes européenne déplore une UE insuffisamment armée face aux cyberattaques. 
  • Data centers : la Commission européenne annonce un nouveau label pour réduire l’impact massif sur l’environnement des data centers.

On commence ce journal en Europe, où la crise énergétique continue de s’accentuer dans l’Union européenne. 

Depuis 2022, avec la guerre en Ukraine et, plus récemment, le conflit en Iran, l’Europe peine à faire face aux conséquences économiques toujours plus massives qu’entraîne l’augmentation quasi-continue des prix du pétrole et du gaz. Dès le 8 septembre, le baril de pétrole a dépassé le seuil des 100 dollars. En France, un nouveau record a été atteint cette semaine : en moyenne, le prix du gazole est monté jusqu’à 2,40 euros le litre. Selon la Commission européenne, l’Union européenne aurait dépensé plus de 70 milliards d’euros supplémentaires en importations de combustibles fossiles depuis le début du conflit en Iran, en février.

Une crise énergétique aux conséquences politiques potentiellement majeures.

L’inflation induite par la crise énergétique est un moteur considérable de colère sociale. “il faut prendre conscience du fait que le risque politique est réel” met d’ailleurs en garde François Gemenne, professeur à HEC et spécialiste du climat, dans une interview récente. Il pointe aussi l’intérêt que pourraient avoir certaines puissances à ce que la situation économique de l’UE se dégrade, pouvant amener à une fronde sociale et au succès de partis souverainistes anti-européens. Le récent succès de l'AfD, parti d’extrême droite radicale, à deux scrutins récents en Allemagne semble d’ailleurs valider son propos.

Pour la Commission européenne, la solution passerait par la transition énergétique, mais le temps presse. 

Selon la présidente de la Commission, pour sortir de cette dépendance aux énergies fossiles, et donc de la crise énergétique, l’Union européenne doit se tourner résolument vers les énergies renouvelables. La semaine dernière, dans son discours sur l’état de l’Union, Ursula von der Leyen appelait à nouveau à accélérer la transition verte de l'Europe. L'énergie solaire aurait déjà permis de faire des économies non négligeables pour l’UE, que le think tank Ember a évaluées à 29 milliards d'euros entre mai et août 2022.

Ces progrès ont notamment contribué à limiter les importations supplémentaires de gaz. Une transition énergétique accélérée pourrait permettre une réduction de plus de 70 % des importations de gaz et de plus de 40 % pour celles de pétrole brut d’ici 2040. Le crédit d’Ursula von der Leyen sur le sujet de la transition climatique a cependant souffert de ses volte-face au cours des dernières années. Fin août, avec le soutien de plus de 200 organisations européennes et nationales, l’ONG Climate Action Europe a demandé à Ursula von der Leyen la création d’un rapport sur la sortie de l’Europe des combustibles fossiles. 

On continue ce journal en revenant sur la sortie d’un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne ce lundi, qui déplore le fait que l’Union européenne soit insuffisamment armée face aux cyberattaques. 

Sur la période de 2021-2027, le budget de l’Union européenne en faveur de la cybersécurité s’élève à 1,4 milliard d’euros. Malgré ce budget, le rapport déplore l’absence de mesures pour détecter mais aussi pour traiter les incidents majeurs de cybersécurité. 

Le rapport dénonce aussi un partage d’informations trop limité entre les 27. 

Le Cyber Solidarity Act est un texte entré en vigueur dans l’Union européenne l’année dernière. Il prévoit la création, ainsi que la mise en place d’un système d’alerte commun aux 27. Ce dispositif doit permettre de mieux détecter les potentielles attaques visant les pays européens. Il prévoit aussi un dispositif d’urgence avec une assistance mutuelle et un échange d’informations. Cependant, le rapport constate que la plateforme d’alerte commune n’est toujours pas opérationnelle à ce jour, suite à des problèmes liés aux marchés publics. 

Le rapport recommande des adaptations urgentes.

La Cour somme la Commission européenne d'agir vite : mieux faire circuler l'information entre les 27, notifier les incidents en temps réel, et surtout activer enfin le Cyber Solidarity Act.

On clôture ce journal à Bruxelles, où la Commission européenne annonce de nouvelles mesures pour tenter de contenir l’impact massif sur l’environnement des data centers.

Parce que leur nombre explose. La capacité totale du marché européen doit atteindre 13 gigawatts d'ici la fin de l'année, soit 20 % de plus qu'il y a un an, portée par le boom de l'intelligence artificielle. Une croissance qui s'accompagne d'une consommation d'énergie tout aussi vertigineuse. C'est dans ce contexte qu'à partir de lundi, les centres de données de plus de 500 kilowatts pourront recevoir un label électronique de durabilité, destiné à "accroître la transparence sur l'utilisation de l'énergie". Un label difficile à obtenir : il suppose de respecter une obligation en vigueur depuis 2023, celle de déclarer ces installations. Or, seulement 50 % des centres de données s'y conforment aujourd'hui, selon une responsable anonyme de la Commission. 

Cette annonce s’inscrit dans un contexte de développement des centres de données au sein de l’Union européenne. 

Bruxelles souhaite, d’ici 2035, tripler la capacité des centres de données de l’Union européenne. Selon la Commission, le développement du cloud, de l’intelligence artificielle, mais aussi des services numériques, nécessite des infrastructures conséquentes. Par ailleurs, l’Union européenne prévoit que les centres de données européens consommeront 114 térawattheures d’électricité en 2030, soit presque le double qu’en 2024. Ces centres représentent donc une demande importante en électricité, comme en eau. Des plafonds pour ces deux ressources sont cependant attendus en 2027. 

Le développement de ces infrastructures permettrait aussi de réduire la dépendance de l’UE face aux géants de la tech.  

L’Union européenne cherche à renforcer son indépendance technologique et sa souveraineté numérique. À ce jour, elle dépend largement des géants de la tech. Une enquête du collectif Investigate Europe, publiée en avril avec Le Monde et The Guardian, a d’ailleurs révélé que Microsoft et le lobby DigitalEurope - qui représente aussi Amazon, Google et Meta - avaient obtenu l'inscription quasi mot pour mot d'une clause de confidentialité dans le règlement européen, empêchant la publication des données environnementales propres à chaque centre.

Un journal de Audrey Heller, Elise Houben et Thomas Kox.