Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 14 octobre 2026

Alexander Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l’Énergie. © Wikipedia Commons Aujourd'hui en Europe - 14 octobre 2026
Alexander Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l’Énergie. © Wikipedia Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • Entre Moscou, Washington et Bruxelles, bataille de chiffres sur les achats de gaz russes de l’europe. 
  • La Hongrie se conforme au droit européen en abrogeant des lois anti-lgbt. 
  • Espagne: le roi Felipe VI s’est déplacé à Ceuta dans un contexte de crise migratoire. 

Bonjour à toutes et à tous. On ouvre ce journal sur une bataille de chiffres entre Moscou et Bruxelles, en pleine polémique, alors que Donald Trump vient d’autoriser les achats de diesel russe. La Russie affirme que l’Union européenne n’a jamais vraiment non plus coupé le robinet des hydrocarbures russes.

Oui, lundi, le vice-Premier ministre russe chargé de l’Énergie, Alexandre Novak, a assuré que Moscou avait vendu aux Vingt-Sept pour plus de 320 milliards de dollars, environ 286 milliards d’euros, de pétrole et de gaz depuis février 2022. Rien que sur les neuf premiers mois de 2026, la facture atteindrait 19 milliards d’euros. « Malgré les sanctions, nous continuons à fournir des ressources énergétiques là où des dérogations ont été accordées », s’est-il félicité.

Mais Bruxelles conteste ce bilan.

Oui, dès mardi, la Commission européenne a corrigé ces chiffres. Selon Eurostat, l’UE a dépensé environ 197 milliards d’euros jusqu’en juillet dernier, soit près de 90 milliards de moins que les chiffres fournis par Moscou.

La dépendance recule-t-elle vraiment ?

Oui. En 2021, 45 % du gaz importé par l’UE venait de Russie. En 2025, ce n’était plus que 12 %. L’UE vise une sortie totale fin 2027, mais la Hongrie et la Slovaquie, enclavées, bénéficient d’exceptions. Et le pétrole russe entre aussi par des voies détournées, raffiné en Turquie ou en Géorgie, sans apparaître dans les statistiques officielles.

Le bilan a fait réagir des deux côtés de l’Atlantique.

À Stockholm, la ministre des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergård, a dénoncé des achats à la Russie, toutes marchandises confondues, supérieurs à l’aide européenne à l’Ukraine, estimée à 228,7 milliards d’euros. À Washington, le secrétaire au Trésor a eu beau jeu de son côté de fustiger, je cite, l’« hypocrisie » des Européens, accusés de « financer Poutine ».

Pendant ce temps, Donald Trump vante sa trêve énergétique avec Moscou. Une trêve pourtant largement ignorée par le Kremlin.

Cette nuit, des missiles balistiques ont frappé une centrale thermique de Kyïv et un immeuble d’habitation, faisant deux morts et 21 blessés, dont un enfant de huit ans. Selon Volodymyr Zelensky, les missiles n’ont été repérés qu’à l’approche de la capitale. Déjà lundi, l’alerte n’avait retenti qu’après les explosions.

Pourquoi les Ukrainiens n’ont-ils pas été prévenus ?

Plusieurs médias pointent le renseignement américain, qui permet de détecter les tirs depuis le territoire russe. Selon le média Axios, Washington aurait peut être mis à exécution sa menace de couper le partage de ces informations si l’Ukraine continuait de frapper les raffineries russes. Des frappes accusées de faire grimper les prix du carburant aux États-Unis.

Donald Trump dément tout arrêt mais en mars 2025, Washington avait déjà suspendu ce partage pendant plusieurs jours.

On poursuit ce journal en Hongrie, où une partie de la législation anti-lgbt a été abrogée. 

Oui, les députés hongrois ont commencé à supprimer des lois anti-lgbt+ qui avaient été adoptées par le gouvernement de Viktor Orbán. Parmi elles, la loi de 2021, présentée à l’époque comme une “mesure de protection de l’enfance”, qui restreignait notamment la représentation ou la promotion de l’homosexualité et de la diversité des genres dans les contenus accessibles aux mineurs. Le texte abolissant cette loi a été adopté mardi, 139 députés hongrois ont voté pour, 51 contre. 

Cette réforme marque un tournant de plus après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre conservateur Péter Magyar, qui a succédé à Viktor Orbán en mai 2026.

Une réforme saluée par l’Union européenne.

Dans une déclaration commune, les commissaires Hadja Lahbib et Michael McGrath ont salué la décision de la Hongrie, ‘c'est un "signal important d’engagement en faveur de nos valeurs communes", je cite, et "Les droits des personnes LGBT + sont des droits fondamentaux au sein de l’UE" ont-ils rappelés.

Ces modifications devraient permettre à la Hongrie de se conformer au droit européen.

En avril, la justice européenne avait condamné la législation hongroise, estimant que la loi de 2021 ne respectait pas le droit européen. Le gouvernement de Péter Magyar affirme vouloir mettre la législation hongroise en conformité avec le droit européen, il ne présente pas ces changements comme un rétablissement des droits LGBT+ mais plutôt comme un renforcement des règles de protection de l’enfance, je cite « indépendamment de l’orientation sexuelle ».

Ce vote tourne-t-il pour autant la page des années Orbán ?

Pas encore tout à fait, mais c’est une étape. Depuis 2020, le gouvernement de Viktor Orbán restreint pas à pas les droits des personnes LGBT+, en commençant par la reconnaissance juridique des personnes transgenres. En 2025, de nouvelles mesures avaient même servi à interdire les marches des fiertés.

Plusieurs de ces restrictions restent en vigueur. Les personnes transgenres ne peuvent toujours pas faire modifier leur sexe à l’état civil, et les couples de même sexe ne peuvent pas adopter ensemble un enfant.

Et on clôture ce journal en Espagne, à Ceuta, où le roi Felipe VI effectue une visite qualifiée d’historique dans un contexte de crise migratoire et de tensions avec le Maroc.

Oui, ce mardi, le souverain espagnol et la reine Letizia se sont rendus à Ceuta, l’enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc. Cette visite est historique car il s’agit de la première visite d’un monarque espagnol à Ceuta depuis 2007.

Cette visite intervient après l’arrivée - suite à des rumeurs sur les réseaux sociaux - de près de 72 000 migrants en provenance du Maroc, les 30 et 31 juillet derniers. La plupart sont repartis rapidement, mais des milliers de personnes sont encore sur place, et font face à des conditions de vie précaires. La crise a également ravivé les tensions politiques en Espagne et les désaccords diplomatiques avec le Maroc, qui revendique la possession de Ceuta.

Le roi a tenu à réaffirmer la souveraineté espagnole sur l’enclave.

Oui. Felipe VI a déclaré que Ceuta et Melilla - autres enclaves espagnoles situées en Afrique du Nord - étaient indissociables de l’Espagne. Il a jugé leur souveraineté « non négociable » et a assuré aux habitants : « Vous n’êtes pas seuls et vous ne serez pas seuls. »

Le souverain a également rendu hommage aux dizaines de migrants morts en tentant de rejoindre Ceuta à la nage, fin juillet. Aujourd’hui des migrants vivent encore dans des centres d’urgence ou dans la rue. Certains habitants s’inquiètent de cette présence, disant attendre davantage de soutien des autorités espagnoles.

Un journal présenté par Elise Houben et Mathilde Boht.