Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 7 avril 2026

Giorgia Meloni, en déplacement en Arabie saoudite, s’est entretenue avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, Avril 2026. Source : Gouvernement italien, licence CC-BY-NC-SA 3.0 IT Aujourd'hui en Europe - 7 avril 2026
Giorgia Meloni, en déplacement en Arabie saoudite, s’est entretenue avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, Avril 2026. Source : Gouvernement italien, licence CC-BY-NC-SA 3.0 IT

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme:  

  • Nouvelles frappes en Iran: menaces de Trump et refus de cessez le feu 
  • Guerre en Ukraine : l’offensive contre l’or noir russe s’intensifie
  • Allemagne : des départs sous contrôle de l’armée 

On ouvre ce journal en Iran, où une sixième semaine de conflit s’est ouverte ce lundi sur des nouvelles menaces du président américain, qui a annoncé vouloir viser les infrastructures énergétiques et civiles du pays si le détroit d’Ormuz n’était pas ré-ouvert d’ici mardi. 

Oui Donald Trump s’est montré particulièrement virulent ce dimanche sur son réseau Truth Social, en y déclarant que mardi serait le “Power Plant Day, and Bridge Day, all wrapped up in one” en Iran. Avec une rhétorique particulièrement agressive et des menaces de représailles dévastatrices, le président américain a de nouveau posé un ultimatum pour que l’Iran ré-ouvre le détroit d’Ormuz avant lundi, un délai entre-temps déjà repoussé à mardi 2h du matin. Pour rappel, l’Iran limite très fortement le trafic maritime dans le détroit, provoquant une flambée mondiale de 65% des prix du pétrole, selon la référence Brent.  

Cet ultimatum est loin d’être le premier lancé par Donald Trump, même si ce dernier affirme que mardi sera la deadline finale. 

Non, en effet, les États-Unis accentuent depuis fin mars la pression pour obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz, en ciblant notamment les infrastructures énergétiques iraniennes. Cependant plusieurs pays dont le Pakistan, l’Egypte ou encore la Turquie tentent de désamorcer la crise et éviter une nouvelle escalade militaire. Selon Reuters, le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir aurait été toute la nuit en contact avec le vice-président américain JD Vance et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi pour discuter du plan d’Islamabad, un plan en 2 phases qui devrait mener à la fin du conflit.

Rome tente aussi de participer aux négociations, alors que l’Italie, comme tous les pays de l’UE, souffre de la réduction de l’approvisionnement en gaz. 

Giorgia Meloni, la cheffe du gouvernement italien, a conclu ce samedi une série de visites dans le Golfe, en proposant l’appui de l’Italie aux efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit et sécuriser le détroit d’Ormuz. Alors que le ministre de l'Economie Giancarlo Giorgetti tente de stabiliser les prix à la pompe en prolongeant la baisse des taxes sur les carburants dans le pays, Giorgia Meloni tente elle de sécuriser les livraisons d’hydrocarbures vers l’UE. Abordant des questions énergétiques et les mesures possibles pour atténuer les chocs subis avec le cheikh qatari al-Thani ce samedi, la première ministre italienne a aussi exprimé la solidarité de Rome avec l’Arabie Saoudite, en remerciant le pays pour leur aide lors de l’évacuation des ressortissants européens au début du conflit. 

Pendant ce temps, les attaques continuent dans la région : Israël a notamment bombardé ce week-end South Pars, le plus grand complexe pétrochimique iranien, ce qui signifie qu’avec la destruction d’un complexe similaire la semaine dernière, c’est 85% des exportations pétrochimiques iraniennes qui sont désormais mises hors service. 

Les frappes sur l’Iran ont aussi visé plusieurs positions civiles et auraient tué 34 personnes ce week-end, dont le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution. Suite à ces attaques, Téhéran a immédiatement riposté en visant Israël, mais aussi le Koweït et les Émirats arabes unis. 

On poursuit ce journal en Russie, où Kyiv continue de viser les infrastructures énergétiques de Moscou, en s’attaquant à un terminal pétrolier russe stratégique sur la mer Noire.

Dans la nuit du 5 au 6 avril, une attaque massive de drones ukrainiens a mis le feu au terminal pétrolier de Shes kharis, près de la ville de Novorossiisk. Ce site est crucial : il constitue le plus grand port russe de la mer Noire et le point d’arrivée du réseau d'oléoducs du pays. À lui seul, il traite jusqu’à 20% des exportations de pétrole de la Russie. Autrement dit, il s'agit d’une infrastructure indispensable aux recettes énergétiques de Moscou. 

Cette attaque s’inscrit dans une stratégie plus large.

Oui, ces dernières semaines, l’armée ukrainienne a bombardé plusieurs terminaux pétroliers russes situés sur les côtes de la mer Baltique et de la mer Noire. L’objectif recherché par Kiev est ainsi de réduire la capacité du Kremlin à exporter du pétrole et à tirer des profits exceptionnels de la flambée mondiale des prix du brut depuis le déclenchement de la guerre en Iran. 

Et cette stratégie commence à produire des effets. 

Selon les calculs de l’agence Bloomberg, les exportations maritimes de pétrole de la Russie ont atteint en mars leur plus bas niveau depuis deux mois. Elles ont chuté de 43 % au cours de la semaine du 22 au 29 mars et seuls 22 pétroliers ont été affrétés au cours de cette période, soit 15 de moins que la semaine précédente. 

Et dans le même temps, les frappes russes se poursuivent en Ukraine et continuent de faire des victimes. 

Oui, toujours dans la nuit de dimanche à lundi, des attaques de drones russes ont visé la ville d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine. Au moins trois personnes ont été tuées, dont un enfant de deux ans, et plus de quinze autres blessées. Ces attaques ont également entraîné d’importantes coupures d’électricité, privant de courant plus de 16 000 foyers dans la ville, et ont laissé un immeuble résidentiel éventré. Cette grande ville portuaire d'un million d'habitants, par laquelle transitent la majorité des exportations ukrainiennes, est régulièrement prise pour cible par Moscou. Selon le président ukrainien, la Russie a lancé plus de 140 drones lors de cette attaque, qui aurait aussi endommagé des infrastructures énergétiques dans plusieurs régions du pays, notamment Tchernigiv, Soumy, ou Kharkiv.

On termine ce journal en Allemagne, où les hommes âgés de 17 à 45 ans doivent désormais obtenir une autorisation de la Bundeswehr, l’armée allemande, pour de longs séjours à l’étranger. 

Oui, cette obligation s’applique aux personnes de sexe masculin souhaitant quitter la République fédérale d'Allemagne pour tout séjour à l’étranger de plus de trois mois. Concrètement, les jeunes hommes qui souhaitent, par exemple, effectuer un semestre à l'étranger ou prendre une année de césure, doivent auparavant obtenir une autorisation auprès du centre de carrière de la Bundeswehr. En revanche, les conséquences en cas de non-respect de cette obligation ne sont pour l’instant pas connues.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une loi de modernisation du service militaire, entrée en vigueur le 1er janvier 2026.

Oui, l’objectif est de préparer la Bundeswehr aux défis à venir, notamment en matière d’effectifs et d’organisation. Parmi les autres mesures figurent notamment un service volontaire plus attractif, un recensement élargi des jeunes hommes, des examens d’aptitude obligatoires ainsi que de nouveaux instruments juridiques pour pouvoir agir plus rapidement en cas de besoin. Avec cette réforme, le gouvernement fédéral entend porter les effectifs de la Bundeswehr d'environ 184 000 militaires aujourd'hui à 270 000 d'ici 2035.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large.

Oui, depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine il y a quatre ans, la question de la défense de l'Europe est revenue au premier plan. Dans ce contexte, le rétablissement de la conscription, auparavant suspendue, fait de nouveau l'objet de vifs débats.

Un journal de Salomé Moinet et Manon Gendreau.