8 femmes qui... s’interrogent

8 femmes qui... s’interrogent

Depuis septembre 2020, euradio propose, les huit de chaque mois, une journée consacrée aux voix féminines, baptisée « Le 8 des femmes ». Totalement inclusive et toujours à l'image de l'un de nos mots d'ordre : la diversité. À cette occasion, euradio sélectionne en début de mois et dans sa programmation, huit femmes, groupes, musiciennes, interprètes, vers lesquelles nous tendons une oreille particulière.

Si la musique constitue une porte d'entrée sur l'autre et sur le monde, elle peut tout autant permettre une connaissance de soi plus approfondie. Ce mois-ci, nos huit plus une femmes ont le regard dirigé vers l'intérieur plutôt que vers l'extérieur. Elles chantent leur vie et leurs doutes, leurs analyses et conclusions, et ce en anglais, en français, en turc, en cornique et en grec.

1- Marta Arpini (chante en anglais)

https://www.youtube.com/watch?v=updvqkdqXZE

C’est l’artiste italienne basée à Amsterdam Marta Arpini qui ouvre cette nouvelle édition du 8 des femmes. Avec le titre “Overthinking” de son dernier album I am a Gem, la chanteuse, compositrice et parolière converse avec elle-même sur les difficultés qu’elle rencontre à canaliser son esprit. “I've been feeding my demons on and on” nous avoue Marta dans ce titre aux chœurs obsédants et dont les inspirations jazz s’inscrivent parfaitement dans l’univers musical de l'album.

2- Anadol (chante en turc)

https://www.youtube.com/watch?v=tUmjozQ4lkQ

Derrière le pseudonyme Anadol se cache Gozen Atila, musicienne d’origine turque basée à Berlin. La musicienne considère sa musique comme un processus de libération intérieur lui permettant de mélanger toutes sortes d’influences allant du jazz au lo-fi en passant par la pop turque. Au travers de son dernier album et du titre Felicita Lale, l’artiste explore la complexité et le caractère paradoxal du bonheur et utilise ses propres expériences pour produire une œuvre qui tend vers l’authentique.

3- Joni Île (chante en français)

https://www.youtube.com/watch?v=a_1WTBEpFBc

« J’emprunte les clés de l’autodépréciation / Pour se dépasser comme la route est longue » chante Joni Île dans « narcisse ». Un jeu de mot-métaphore qui illustre parfaitement les multiples inventions des onze chansons pop qui forment Météorage, le premier album de la jeune Lilloise.  Si - dit-elle - « Ce qui ne me tue pas / Me fait pleurer mille fois », « Tout est question d’échelle / De distance d’échelle » et de titre en titre, elle construit un univers lo-fi bricolé de boucles de guitare et de synthés, fragile et finalement insubmersible.

4- ολίνα (chante en grec)

https://www.youtube.com/watch?v=bOFBag3DQzU

Olina est une artiste athénienne dont les sources d’inspiration sont toutes plus diverses les unes que les autres. De l’expérience de la séparation à une réflexion plus profonde sur la société en passant par son rapport à ses chats, la musicienne utilise ses créations pour combler son besoin de se découvrir. Dans son titre “poi@ eímai” (Qui suis-je) aux sonorités pop planantes, Olina nous fait part de ses questionnements identitaires profonds et explore musicalement mais aussi visuellement l’idée qu’une personne peut prendre plusieurs visages.

5- Odd Beholder(chante en anglais)

https://www.youtube.com/watch?v=CpamzjRW0hM

Odd Beholder, c’est le projet musical dark pop de la suissesse Daniela Weinmann. Projet profondément politique, l’artiste traite de nombreuses réalités sociales dans ses chansons pour les faire exister dans la sphère public. Au travers de son album Sunny Bay, l’artiste créée un personnage féminin protagoniste toxique qui vit de manière déconnecté des enjeux actuels. Si elle semble bien décidée à traiter du monde extérieur, Daniela Weinmann assume aussi que les travers qu’elle attribue à son personnage son ceux de sa condition de femme blanche privilégiée, thème exploré dans le titre “Transatlantic Flight“.

6- La féline (chante en français)

https://www.youtube.com/watch?v=BjUpivheU7c

Agnès Gayraud ou plutôt La Féline, est revenue récemment avec “Place de Verdun”, single annonciateur de son nouvel album, Tarbes. Dans ce titre minimaliste mais au rythme étêtant, l’artiste propose un retour en chanson sur son adolescence. “Qui est cette fille dans mon placard?” questionne-t-elle alors que la chanteuse retourne sur les lieux de cette ville dont elle est originaire.

7- Dana Gavanski (chante en anglais) 

https://www.youtube.com/watch?v=PRAatKw4qfA

L’artiste d’origine serbe Dana Gavanski nous partage elle aussi une part de son expérience de vie au travers de son dernier album When It Comes. Après les confinements successifs ainsi que des complications vocales l’ayant éloigné quelques temps des studios, l’artiste est finalement revenue en 2022 avec un album doux et onirique sur lequel Dana se montre particulièrement vulnérable. “Is the love that I feel just a summer phase?” : Le ballade nostalgique “Under The Sky” illustre les questionnements et le trop plein d’émotion qu’un regard sur le passé peut provoquer.

8- Gwenno (chante en cornique) 

https://www.youtube.com/watch?v=15Qu8EyZJvU

C’est au tour de Gwenno de nous transporter avec ses explorations intérieures. Dans le titre An Stevel Nowydh (La nouvelle chambre), la musicienne se concentre sur l’intérieur et sur la redécouverte de soi après l’expérience de la maternité. Si le doute existentielle que l’artiste a pu connaitre se ressent dans les quelques touches musicales lugubres à l’instar des chuchotements qui vont et viennent, pour Gwenno ce morceau est une invitation à trouver de la positivité malgré les difficultés comme l’indique la mélodie psychédélique qui flotte dans l’obscurité.

9- Julia Jacklin (chante en anglais)

https://www.youtube.com/watch?v=m-aXMU3Et90

C’est en compagnie de l’australienne Julia Jacklin et de son dernier titre I Was Neon que nous clôturons notre rendez-vous mensuel. Ce single pop-rock est annonciateur du troisième album de l’artiste qui est sorti en août 2022. “Am I gonna lose myself again?” nous demande Julia. Si ce morceau au riff de guitare enjoué laisse supposer un titre optimiste et léger, les paroles ne laissent pas de doute sur l’ambiance du titre profondément emprunt du vécu de la chanteuse. I Was Neon évoque une période de la vie de Julia durant laquelle elle craignait avoir perdu la version d’elle-même plus heureuse.

Rendez-vous le mois prochain pour d’autres portraits, et d’ici là, écoutez 24 heures non stop de voix féminines européennes et internationales ce samedi 8 octobre sur euradio !

Le 8 des femmes est une journée de programmation musicale entièrement consacrée aux voix féminines, qui s’écoute sur les antennes d’euradio sur le 101.3 FM et en DAB+ à Nantes, en DAB+ à Paris, Bruxelles, Marseille, Lyon, Lille, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Nice, Rouen, Le Havre, Saint-Nazaire, La Roche-sur-Yon, Tours, Orléans et partout en Europe et dans le monde sur www.euradio.fr.

Un article de Maëlle Breton.