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L’influence de LREM au Parlement européen – Lorène Weber

Written by on 20 juin 2019

A l’issue des élections européennes du 26 mai dernier en France, La République en Marche est arrivée en deuxième position, avec 22,41% des suffrages, soit 21 sièges au Parlement européen.
Se pose à présent la question des objectifs du parti et de la place qu’il occupera au Parlement européen.
Alors Lorène, comment le parti se positionnera-t-il au sein du Parlement européen ?

Commençons par rappeler la particularité des élections européennes.

Lorsque les candidats de la liste d’un parti politique national ont été élus dans leurs Etats membres respectifs, ils doivent ensuite rejoindre un groupe politique au Parlement européen, au sein duquel ils siègeront, avec d’autres partis élus dans les autres Etats membres, et avec lesquels ils ont une affinité idéologique.

Par exemple, EELV siège au sein du groupe des Verts au Parlement européen, le Parti socialiste siège au sein du groupe Socialistes et Démocrates, les Républicains siègent au sein du Parti populaire européen, etc.

LREM a choisi de rejoindre l’ALDE, l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe, le groupe centriste et libéral.

L’ALDE a d’ailleurs été renommée Renew Europe après les élections, ce qui n’est pas sans rappeler l’étiquette Renaissance de LREM lors de sa campagne pour les européennes, et répond à une volonté française d’effacer le mot « libéral », négativement connoté en France.

Rejoindre l’ALDE apparaît comme un choix cohérent pour LREM, d’un point de vue d’affinités idéologiques mais aussi d’un point de vue stratégique : rejoindre l’ALDE permet d’avoir davantage d’influence au sein du 3ème groupe au Parlement européen, plutôt que de prendre le risque de créer son propre groupe concurrent.

Les élus LREM auront-ils ainsi une place influente au sein de l’ALDE ?

Appartenir à l’ALDE permet à LREM d’avoir une place stratégique au sein du Parlement, dans la mesure où l’ALDE est incontournable pour constituer une coalition. Pour la première fois, la seule coalition entre le PPE et le S&D ne suffit pas à obtenir une majorité, et l’ALDE et les Verts auront donc une influence augmentée par rapport à la mandature précédente.

L’un des défis pour LREM sera également d’instaurer davantage de cohérence au sein de l’ALDE, qui est en fait un groupe idéologique fragmenté entre libéraux, sociaux-libéraux et démocrates, pour en faire une force politique alternative à part entière.

L’influence qu’aura LREM au sein de ce groupe est cependant nettement compromise depuis que Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux élections européennes, a tenu des propos peu élogieux sur plusieurs de ses homologues européens, ce qui semble bien avoir signé son suicide politique, et affaiblit l’influence et la crédibilité de LREM au sein de groupe.

Madame Loiseau était pressentie pour diriger le groupe ALDE, cela n’est à présent plus d’actualité. Dacian Ciolos, l’ex-Premier ministre roumain, semble être le favori.

Et du coup Lorène, selon vous, quelles seront les priorités des élus LREM au Parlement européen ?

Le programme « Renaissance » a mis l’accent sur la nécessité de bâtir l’Europe sociale et fiscale, par exemple en taxant les géants du numérique.

Cela correspond à la ligne ALDE, dont est membre Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence bien connue pour avoir infligé une amende à Google et Apple.

En revanche, LREM critique « l’erreur du rejet de la fusion Alstom-Siemens ».

Des dissensions pourront donc apparaître entre les élus LREM et certains de leurs collègues de l’ALDE en matière de politique de concurrence et de politique industrielle et commerciale commune.

Une partie du programme Renaissance est également dédiée à la transition écologique et solidaire, vers une économie neutre en carbone : reste à voir si ces déclarations se transformeront en actions et propositions concrètes au Parlement.

LREM est également en faveur d’une politique commune de sécurité et de défense, passant entre autres par une armée européenne, le renforcement d’Europol et des pouvoirs du Parquet européen, ou encore le développement d’une cybersécurité européenne.

Ils soutiennent par ailleurs un régime européen commun en ce qui concerne l’asile et les migrations.

En matière institutionnelle, LREM souhaite que le Parlement européen dispose du pouvoir d’initiative législative, actuellement détenu par la Commission européenne.

Le programme de LREM semble donc tourné vers davantage d’intégration européenne, mais pour réaliser une partie de ces ambitions, encore faudra-t-il passer de l’unanimité à la majorité qualifiée au Conseil dans un certain nombre de domaines, ce qui n’est pas encore chose faite.

Merci beaucoup Lorène Weber, merci à vous et à Confrontations Europe de nous avoir accompagné régulièrement sur les ondes d’Euradio.


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