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Le parti du premier ministre hongrois menacé ? L’édito de Laura Mercier

Written by on 9 octobre 2019

Eugène : Bonjour Laura Mercier, aujourd’hui nous nous tournons vers la Hongrie où la campagne électorale pour les élections municipales de ce dimanche 13 octobre bat son plein. Alors le parti du Premier ministre, Viktor Orban, est-il menacé ?
Laura : Si l’on s’en tient aux derniers scrutins, il est difficile d’imaginer la chute du parti Fidesz. Depuis 2010, le parti de Viktor Orban a remporté 7 élections consécutives aux niveaux local, national et européen. Lors des européennes de mai dernier, il a rassemblé 52,33% des suffrages exprimés, avec une participation électorale de 43%. Dimanche, les électeurs vont renouveler les 419 élus locaux dans les comitats – les départements hongrois – mais aussi dans les municipalités. Et tout est mis en place pour assurer la continuité de cette hégémonie qui peine à être contestée. 
L’opposition souffre d’une presse acquise (financièrement) à la cause du gouvernement et de l’absence de pluralisme des médias. Le Conseil de médias qui assurait une forme de régulation du secteur est désormais entièrement contrôlé par le Fidesz, qui en nomme les membres. Les médias hongrois sont pour la plupart sous la main d’hommes d’affaires proches du Premier ministre. En décembre 2018, des proches de Viktor Orban ont créé une nouvelle agence de presse international, V4 News Agency. Bref, les conditions pour une campagne électorale informée et pluraliste ne sont pas au rendez-vous en Hongrie.


Eugène : Et Viktor Orban va même jusqu’à offrir des cadeaux à ses électeurs…
Laura : Le clientélisme dans toute sa splendeur. Au pouvoir dans la quasi-totalité des municipalités, le parti du gouvernement offre des chèques cadeaux de 30 euros pour le paiement des factures et met en place la distribution de pommes de terre aux habitants. Alors si cela peut sembler anecdotique, la démarche elle peut plaire à la population et consolider le soutien des électeurs retraités, notamment, comme le rapportait Radio France Intertionale dans un article. Rien n’est anodin, à quelques jours d’un scrutin.

Eugène : Si ces élections municipales ne sont pas un grand défi pour le gouvernement, elles sont en revanche un véritable test pour l’opposition.
Laura : Absolument. L’union fera-t-elle la force dimanche ? L’enjeu de la campagne, pour l’opposition, a été de s’entendre et de soutenir des candidats communs dans les grandes villes, notamment dans la capitale, à Budapest. Face au maire actuel qui se représente pour un troisième mandat, une coalition de six partis s’est rassemblée autour du candidat indépendant Gergely Karacsony. Et c’est une alliance pour le moins contre-nature qui s’est formée, avec le parti social-démocrate, le parti social libéral, deux partis écologistes, le parti libéral Momentum et… le Jobbik, parti considéré d’extrême droite en pleine mutation qui se veut désormais centriste et pro-UE. 
L’opposition craint les possibilités de fraude électorale et prévoit de mettre en place un système de calcul des résultats alternatif. Des délégués de l’opposition seront présents dans toutes les circonscriptions pour prendre connaissance des registres électoraux et s’assurer que les résultats qui seront rendus publics correspondront à ceux issus du dépouillement du vote.
Je n’ai malheureusement pas de chiffres de sondages à vous donner Eugène pour anticiper ce scrutin, faute de pouvoir trouver des estimations qui n’ont pas été conclues par des instituts pro-gouvernement. Mais s’il est presque certain que le Fidesz remportera ces élections, des brèches pourraient se former dans son hégémonie et elles pourraient venir de la capitale, Budapest.


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