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Le Prix Sakharov : L’édito de Laura Mercier

Written by on 27 novembre 2019

Bonjour Laura Mercier.
Hier, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov a reçu le Prix Sakharov du Parlement européen, décerné alors qu’il était détenu en Russie. Un moment fort en émotions hier, lors de la plénière à Strasbourg.

Laura : Absolument. Un an après avoir été annoncé comme le lauréat du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit de l’année 2018, l’ukrainien a enfin pu le recevoir de ses mains dans l’hémicycle européen. Hier, Oleg Sentsov, homme libre, a reçu son prix après avoir vécu, survécu, cinq années emprisonné en Russie. Il avait été arrêté en 2014 dans le contexte de crise entre l’Ukraine et la Russie et de l’annexion de la Crimée. Il était alors accusé de préparation d’actes terroristes contre le pouvoir russe en Crimée. Condamné à 20 ans de prison, il a mené une grève de la faim durant 145 jours. Amnesty International avait décrit et dénoncé un procès « stalinien », « inéquitable et ayant lieu devant un tribunal militaire ». C’est finalement le 7 septembre 2019 qu’il retrouve sa liberté, suite à un échange de prisonniers entre l’Ukraine et la Russie.

Eugène : A l’occasion de la remise de ce prix hier, Oleg Sentsov a prononcé un discours fort, sans détour et n’a pas hésité à dénoncer les politiques offensives du président russe.

Laura : En effet, les mots étaient fermes et l’émotion intense hier au Parlement. Oleg Sentsov a accusé la Russie, sans détour, affirmant, je cite, « La Russie c’est un mensonge, les Russes ne veulent pas de la paix dans le Donbass, ils ne veulent pas de la paix pour l’Ukraine, ils veulent que nous vivions à genoux. » Il a rappelé aux Européens le drame qu’est cette guerre dont on ne dit pas le nom, à quelques kilomètres des frontières de l’Union européenne, entre l’Ukraine et la Russie et les ravages qui l’accompagnent. « Chaque fois que l’un d’entre vous songe à tendre une main d’amitié à Poutine, rappelez-vous les 13 000 morts ukrainiens. Pensez aux centaines de jeunes en prison, aux Tatars de Crimée arrêtés, aux familles entières qui se retrouvent sans père, aux jeunes qui sont dans les tranchées et risquent leur vie pour nous et pour votre liberté. »

Eugène : Un discours d’autant plus important que le lauréat du Prix Sakharov 2019 est lui aussi, emprisonné depuis plusieurs années.

Laura : Oui, cette année le Parlement européen a choisi de remettre son prix à l’intellectuel Ilham Tohti qui est condamné à la prison à perpétuité en Chine. Engagé pour la défense des droits de la minorité ouïghoure de Chine, il a été arrêté en 2014 et accusé de séparatisme. Le président du Parlement européen, David Sassoli, a présenté l’homme comme une figure essentielle de la modération et de la réconciliation des peuples. Il a appelé la Chine à rendre sa liberté à Ilham Tohti et au respect des droits des minorités.

Il y a quelques jours, le Consortium international des journalistes d’investigation a mis en lumière l’oppression que le régime chinois exerce sur cette communauté musulmane de Chine. De nombreux documents révèlent la politique de Pékin pour museler, pour enfermer les Ouïghours, dans des camps de détention. Il s’agit de plus d’un million de personnes.

Alors dans ce contexte, le Prix Sakharov 2019 n’est peut-être pas grand-chose, pas assez. Mais il a été créé en 1988 pour honorer celles et ceux qui, individuellement, collectivement, s’engagent pour la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Il s’agit de rendre hommage à leur combat et de les soutenir dans leur lutte. Espérons à présent qu’Ilham Tohti et les très nombreux prisonniers de ces camps retrouveront leur liberté, celle pour laquelle ils se sont battus. A nous maintenant, de la défendre pour eux.


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