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« Acteur ou spectateur de la crise iranienne comme de l’avenir du monde ? » l’édito d’Erwan Quinio

Written by on 17 janvier 2020

Bonjour Simon, 

La semaine aura été marquée par la réaction européenne aux menaces américaines. Ouvrons les yeux, les choses sont limpides. L’Amérique de Trump veut régler son compte au président iranien à sa manière. Quitte à semer le chaos, elle veut agir à sa manière et à sa seule manière. L’Europe, est donc sommet d’optempérer fissa. J’exécute, ils obéissent pour décliner une expression désormais célèbre en France. La situation est de plus en plus claire : aux yeux des américains, l’Europe est un vassal. Elle ne compte pas, elle ne compte plus. Alors ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, cela fait désormais de longues décennies que les USA taillent patron. Le leadership mondial, il fût transmis sur un tapis de cendre après deux guerres mondiales dans lesquelles nous sommes sortis en ruines et à genou. Mais disons que par le passé, le message était encore subliminal, disons encore relativement diplomatique. Avec Trump, c’est fini. Les pincettes sont rangées au tiroir. 

Oui, mais dans les capitales européennes, le ton est monté ? 

Vous avez raison de le remarquer. Mais écoutons bien. C’est de Berlin qu’est venu la timide riposte. Pourquoi ? Oh simplement parce que l’Allemagne est l’un des seuls pays à avoir encore les reins assez solides pour ne pas se laisser totalement marcher dessus. Mais combien de temps cela durera-t-il encore ? Nous n’en sommes et nous resterons quoi qu’il advienne aux protestations verbales. D’ailleurs, sur l’Iran, globalement, les américains dictent d’une main de fer la ligne de conduite du monde occidental. Les entreprises européennes ont été priées de foutre le camp. Ce qu’elles ont toutes fait. Parce que le choix est simple. Entre le marché américain élargi à la zone dollars et le marché iranien, il n’y avait pas photo. 

Avec la menace de sanctions économiques, nous avons néanmoins franchi une étape ? 

Oui. C’est même un énorme et incroyable palier. Car cette fois-ci, ce ne sont plus seulement les entreprises, nos entreprises que l’on menace, ce sont les Etats, les pays européens, tous autant qu’ils sont. Des Etats souverains, indépendants, et démocratiquement élus mais divisés. Des Etats qui faute d’être solidaire, faute d’agir comme un bloc ultra-soudés se disloque. L’Amérique connaît toutes nos faiblesses par cœur. Ils en jouent. Et se permettent donc sans aucun complexe de nous envoyer un ordre non négociable. 

L’Union européenne faute d’unité reste largement en retrait malgré la puissance économique qu’elle demeure néanmoins. 

Plus qu’en retrait, elle est inaudible. Ecoutez, ou plutôt lisez les mots écrits par Jacques Julliard cette semaine dans Marianne. Ils sont décoiffant, sévères, colérique. Et pourtant ils viennent d’un pro-européen convaincu. Or il enrage : « L’Europe est-elle encore capable de quelque chose ? Dirigée par une bande de benêts, de couiXXXX molles, de têtes vides, incapables d’unir leurs efforts, elle se résigne jour après jour au rôle de spectatrice de l’histoire contemporaine, en attendant d’en devenir la principale victime. Le journaliste de Marianne conclut : « Combien de temps supporterons-nous sans réagir cette déchéance ? »

Que pourrait faire l’Europe ? 

S’unir. S’unir pour demander à l’Iran comme à Israël de renoncer au feu nucléaire ? Soutenir les volontés démocratiques des peuples. Et lutter contre le fondamentaliste religieux sur ses propres terres. Oui, en Iran, il y a des femmes et des hommes courageux. Oui, des jeunes femmes et des jeunes hommes prennent des risques considérables pour le combat de la liberté. Mais de cela, on ne parle trop peu en Europe. L’Amérique a choisi l’Arabie saoudite contre l’Iran, les sunnites contre les chiites. L’Europe si elle n’était pas liée par cette maudite unanimité de sa politique internationale pourrait défendre la démocratie et la liberté. En commençant par donner l’exemple, puis en définissant une politique et des moyens cohérents et puissants pour l’appliquer. Notre destin n’est pas dans les tribunes, il est sur le terrain de jeu, là où l’avenir de la planète se fait ou se défait. 


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