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L’Afrique : continent oublié, mais pas du coronavirus

Written by on 1 avril 2020

Direction l’Afrique : c’est le continent dont on ne parle presque pas dans la crise du coronavirus. L’épidémie n’y est certes pas aussi grave qu’en Europe, avec environ 5300 cas confirmés sur le continent

Mais le virus s’y propage de plus en plus rapidement, et vu les conditions sanitaires déjà précaires dans beaucoup de pays, les conséquences pourraient être d’autant plus lourdes.

Des mesures strictes ont déjà été prises dans plusieurs pays : un confinement total en Afrique du Sud a été déclaré la semaine dernière. 

Au Maroc aussi, comme nous explique Léa, journaliste là-bas : “Quand les mesures ont été mises en place, on devait avoir entre une cinquantaine et une centaine de cas. Très vite on a fermé les frontières avec l’Espagne, et les liaisons par bateau ont été interrompues.”

Mais d’autres pays ne prennent pas de mesures suffisantes, déplore Yassin, en Egypte : “C’est une stratégie très étrange. On a un couvre-feu de 19h le soir à 6h le matin. Mais comme les gens peuvent toujours sortir, il y a quand même des foules dans les rues et ça n’a rien apporté.”

Des systèmes de santé déjà précaires

Malgré les mesures fortes, les systèmes de santé ne sont pas assez stables ni préparés. Même au Maroc, qui fait pourtant partie des pays les plus riches du continent : “On n’a que 500 respirateurs pour tout le Maroc. Ce n’est pas beaucoup, et ça peut très vite dégénérer. Les services ne sont pas encore saturés mais il faudrait vraiment que le pic arrive au plus vite si on veut espérer l’éviter. Parce que bien sûr le système de santé marocain n’est pas aussi résistant que le système de santé français, espagnol ou italien.”

“Il n’y a que 600 cas, mais on voit déjà la faiblesse du système. Les équipes de santé souffrent déjà.”

Une autre difficulté vient des statistiques qui ne sont pas fiables. Au Maroc comme ailleurs, on ne sait pas vraiment ou en est la pandémie, explique Amine : “On a 602 cas aujourd’hui. Mais on n’a fait que 2000 tests. L’Allemagne, elle, en fait 500 000 chaque semaine. Donc je pense que 600, ce n’est pas fiable.”

“Rester confiné, c’est mourir de faim”

Dans beaucoup de pays, les restrictions sont impossibles à suivre pour la population. En République Démocratique du Congo, l’Etat d’urgence a été déclaré et Kinshasa est confinée. Mais sortir, c’est vital pour toute sa population, explique Mi-Rose, habitante de Kinshasa :

“Dans mon pays, on vit au jour le jour. On sort le matin pour vendre quelque chose, ou pour faire un petit job, et ce qu’on gagne nous fait manger le soir. Donc rester enfermé, ça veut dire mourir de faim.”

En Egypte, c’est la surpopulation qui empêche la mise en place des mesures :

“Il n’est juste pas possible d’éviter les contacts avec de grands groupes de personnes. Les gens qui prennent le métro par exemple : le métro en Egypte est bondé, tout le temps, peu importe où tu vas ou quand tu le prends. Mais je ne sais pas comment ces gens vont s’en sortir : ils n’ont pas d’autre choix que de prendre le métro pour aller au travail. Si l’Egypte avait plus de 10 000 cas, tout le pays l’attraperait parce qu’il y a juste trop de personnes parquées dans un seul endroit.”

Le problème, c’est que le gouvernement ne fait pas assez pour aider les plus pauvres dans le confinement. Jean-Claude habite à Kisangani à 2000 km de Kinshasa. 

“Il faut absolument que le gouvernement prenne des mesures pour soutenir la population pendant la crise. Dans le cas contraire, il faut s’attendre à des révoltes, de la désobéissance et des pillages. Parce que les gens ont plus peur de la faim que du coronavirus.”

Maintenant la population se sent abandonnée : la société nationale de traitement de l’eau a annoncé que des camions-citernes allaient ravitailler même les coins les plus reculés. Mais ces camions, ici, on ne les voit pas.”

A cause du coronavirus, les prix augmentent partout même dans des pays moins touchés, comme au Gabon, nous dit Andrea, à Libreville.

“Les prix des transports augmentent déjà énormément à cause des mesures sanitaires : pour respecter les distances, il est interdit de remplir les transports en commun. Et donc, les billets deviennent de plus en plus rares et chers.”

Les mesures pour les plus pauvres

Les inégalités sont en Afrique encore plus fortes qu’ailleurs. Des mesures sont quand même prises pour assister les plus pauvres : au Maroc par exemple, où le secteur informel est très développé. Les personnes qui en vivent pourront bénéficier d’une aide entre 800 et 1200 dirhams – entre 80 et 120 euros.

En Afrique du Sud aussi : les classes plus pauvres sont exemptées de certains impôts en ce moment, tandis que les plus riches paient des impôts en plus. Un fond de solidarité a également été créé pour faire des dons, afin que cet argent soit redistribué. 

De son coté, le Conseil Européen a discuté la semaine dernière l’envoi d’une aide financière en Afrique au nom de la solidarité internationale. 


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