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La répartition des fonds européens, un enjeu supplémentaire dans la crise sanitaire

Written by on 21 avril 2020

Parmi les mesures prises pour faire face financièrement à la crise sanitaire et économique, la redistribution des fonds de la politique de cohésion de la programmation 2014-2020. Un enjeu de taille dans la gestion de crise, car ce sont les États qui seront chargés de répartir au mieux les sommes versées.

Achat massif de masques, de respirateurs, de matériel médical, indemnisation du personnel soignant, chômage partiel, mécanismes de solidarité… La crise du Covid-19 a un véritable coût financier, tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique et social.

Pour faire face, l’Union européenne s’est donc mobilisée pour apporter des réponses. Le 9 avril dernier, l’Eurogroupe s’est enfin mis d’accord sur un plan, qui pourrait mobiliser à terme près de 1 800 milliards d’euros pour relancer l’économie. 

Mais l’initiative européenne d’investissement en réaction au coronavirus a permis de prendre des mesures à plus court terme. Les règles européennes en matière de dépense ont été assouplies, et les modalités d’application de certains fonds ont été élargies. C’est le cas par exemple du fonds de cohésion, initialement créé pour réduire les disparités de développement entre les régions européennes : “En temps normal, la politique de cohésion est la principale politique d’investissement dégagée du budget de l’UE. La politique de cohésion, c’est près de 360 milliards d’euros sur un total du budget de l’UE avoisinant les 1 000 milliards d’euros (pour la programmation 2014-2020, NDLR). Cette politique a pour principal objectif de réduire les disparités entre les régions. Des disparités qui peuvent se manifester sur le plan économique, mais aussi social. Normalement, les régions les plus en retard, se caractérisent par un PIB par habitant très bas, et un taux de chômage élevé. Elles reçoivent donc des fonds, dont le montant est calculé au prorata de leur retard. Les régions les plus pauvres reçoivent plus que les régions les plus avancées, les plus riches. Grâce à ces ressources financières européennes, les régions peuvent donc financer tout un tas de projets dans le domaine des transports, du digital, de l’innovation, de la formation… En France par exemple, sur les 46 milliards d’euros de fonds structurels d’investissement européens, 37 milliards ont déjà été dépensés ou investis dans des projets en cours de réalisation, ce qui veut dire que huit milliards peuvent encore être utilisés. Et justement, ces ressources restantes pourraient être utilisées pour couvrir les dépenses sanitaires. 

Si la politique de cohésion de l’Union européenne peut en effet aider les États membres à surmonter la crise du coronavirus, l’utilisation de ces fonds pour un objectif différent pose tout de même question, comme nous l’explique Francesco Foglia, consultant en affaires européennes : “Comme je le disais, les fonds européens de la politique de cohésion sont en grande partie destinés aux régions les plus pauvres. Le problème que pose cette pandémie, c’est que celle-ci touche les régions indépendamment de leur niveau de richesse. En Italie par exemple, la région la plus touchée est la Lombardie, la Lombardie qui est la région la plus riche du pays, et celle qui reçoit donc le moins de financements au titre de la politique de cohésion. 

Toutes les régions européennes ne sont pas affectées de la même façon par la pandémie, et ne disposent pas des mêmes ressources financières pour y faire face. Tout l’enjeu pour les États membres sera donc celui de la répartition des fonds encore disponibles, pour répondre aux besoins des régions et gérer au mieux la crise.


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