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Quel bilan pour le plan Juncker ?

Eugène Sandoz

Secteur stratégique, l’industrie pèse pour 20 % dans l’économie européenne.
Parmi les premiers de cordée, l’Allemagne, l’Autriche ou la République Tchèque qui peuvent compter sur un tissu industriel dynamique et notamment de petites et moyennes entreprises.
En bas de classement, la France, la Grèce ou le Royaume-Uni qui ont subi une vive désindustrialisation depuis les années 80. Parmi les principales filières représentées : la chimie et l’agroalimentaire, l’automobile et la construction mécanique, le textile et la sidérurgie.
Aujourd’hui, la politique industrielle dépend pour l’essentiel des Etats. Chacun cherche à développer ses filières et ses emplois, sous réserve bien sûr de respecter les règles de la concurrence sur le marché intérieur.
Pour les y aider, l’Union européenne alloue un budget d’environ 20 milliards d’euros à la recherche et au développement industriel entre 2014 et 2020.
Malgré cela, l’industrie européenne est indéniablement en recul.

La faute d’abord au progrès technique. A mesure que les entreprises innovent et réalisent des gains de productivité, la part de l’industrie dans l’économie se replie au bénéfice des services.
Ce phénomène est à l’œuvre dans l’ensemble des pays développés depuis les Trente glorieuses.
La faute, ensuite, à la crise économique. Entre 2008 et 2015, 450 000 emplois industriels ont été détruits en France, 310 000 au Royaume-Uni et 750 000 en Espagne. Dans des économies peu compétitives, l’effondrement de la demande interne a en effet réduit les carnets de commandes des industries et conduit à des fermetures d’usines.
La faute, enfin, à des investissements insuffisants. Malgré des taux d’intérêt au plus bas, les entreprises privées et les collectivités publiques investissent chaque année 300 milliards de moins qu’avant la crise.
Seuls 4 pays, la Suède, l’Autriche, l’Allemagne et la Belgique investissaient davantage en 2017 qu’en 2007.

C’est pour combler ce retard que la Commission européenne a lancé depuis 2015 un grand plan d’investissement dit « plan Juncker », du nom de l’actuel président de la Commission.

Alors quel est son bilan ?
L’objectif initial : injecter dans l’économie, grâce au budget de l’Union et à la Banque européenne d’investissement, l’équivalent de 500 milliards d’euros, publics et privés, d’ici 2020.
L’année dernière, le décompte s’élevait à 284 milliards d’euros, soit un peu plus de la moitié de cet objectif.
La France figure d’ailleurs au 1 er rang des bénéficiaires avec notamment des projets financés dans la recherche en biotech, dans l’aéronautique, l’automobile ou la lutte contre le réchauffement climatique.

Sauf que c’est trop peu et trop tard : selon le think tank économique Bruegel, il manque encore 280 milliards d’investissement par an pour retrouver le niveau de croissance d’avant-crise.
Ensuite, de nombreuses réserves ont été émises sur l’efficacité et l’usage de ces sommes.
Certains financements relèvent plus de l’effet d’aubaine et concernent des investissements qui auraient de toute façon été réalisés.
Par ailleurs, le ciblage géographique de ces fonds a trop peu bénéficié à des pays comme le Portugal ou la Grèce, pourtant touchés de plein fouet par le sous-investissement.
C’est pourquoi le plan Juncker n’a pas été un « game changer » pour l’industrie européenne.

Alors que la Banque centrale européenne a annoncé en décembre dernier l’arrêt de son programme de Quantitative Easing, ou d’injection de liquidités dans l’économie européenne, l’Union réfléchit à un nouveau plan pour la période après 2020.
Surnommé « InvestEU », il devrait amplifier la dynamique du plan Juncker et corriger certaines de ses imperfections.

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