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Bruno Pernadas (Lisbonne) – Artiste européen de la semaine

Écrit par sur 10 janvier 2022

L’artiste européen de cette semaine est Bruno Pernadas : un musicien, compositeur, arrangeur, et producteur de jazz portuguais. Depuis ses débuts en 2014, il a sorti 4 albums autoproduits ou avec le label Patacas Discos, dans lesquels on retrouve l’influence du jazz, de la musique classique, de la pop, du rock et des “musiques du monde”… Cette semaine, nous découvrirons Bruno Pernadas, chronologiquement, de single en albums, en commençant par sa sortie la plus récente.  

Chapitre 1 : Lafeta Uti 

En guise d’introduction à Bruno Pernadas, on écoute toute suite son single le plus récent, sorti en novembre 2021 : Lafeta Uti. Multi-instrumentiste, Bruno Pernadas joue entre autres de la guitare, du piano, de la basse, du synthé, et des percussions. Dans Lafeta Uti, il a fait appel à la chanteuse lisboète Margarida Campelo, au percussionniste Joao Correia et au bassiste Nuno Lucas.
Lafeta Uti existe aussi en version longue – de 6:47 très exactement –  sur le dernier album de Bruno Pernadas, Private Reasons, qui est sorti en avril 2021. C’est un album psychédélique aussi bien de pop et d’électro, que de jazz et de folk. On y retrouve une grande utilisation d’effets vocaux, et notamment de l’autotune, audible dans Lafeta Uti par exemple.

Chapitre 2 : Comment pouvons-nous être joyeux dans un monde plein de connaissances ? 

Bruno Pernadas est assez prolifique depuis ses débuts en 2014, et c’est justement son 1er album How can we be joyful in a world full of knowledge ? qui sera à l’honneur de ce chapitre. On écoute l’un des morceaux instrumentaux de l’album, Guitarras :

Sorti en 2014 sur le label Pataca Discos, How can we be joyful in a world full of knowledge ? réunit plusieurs chansons et expérimentations sonores composées entre 2008 et 2013 et une grande variété de styles : le folk, le jazz, l’électro, la musique africaine et le rock psychédélique. Cet album fait office d’introduction à la “patte musicale” de Bruno Pernadas qu’il emmènera dans tous ses futurs travaux : perfectionnisme, et exploration musicale sont au rendez-vous. 

How can we be joyful in a world full of knowledge ? est un disque presque exclusivement instrumental, aux morceaux assez longs, de 7 minutes en moyenne, où apparaissent quelques voix, mais rarement celle de Bruno Pernadas qui ne se considère pas du tout chanteur à l’époque, et compose pour la voix des autres et accompagne avec ses multiples instruments. 

Chapitre 3 : Des crocodiles sacrés 

En 2016, deux ans après la sortie de son 1er album, le musicien lisboète a sorti deux albums : un de jazz, Worst Summer Ever, l’autre de pop Those who throw objects at the crocodiles will be asked to retrieve themIssu de ce dernier, voici Spaceway 70. 

Les titres des albums de Bruno Pernadas sont souvent particuliers, à rallonge, et provocateurs de réflexion. L’album Those who throw objects at the crocodiles will be asked to retrieve them , qui se traduit par “ceux qui jettent des objets sur les crocodiles seront invités à les récupérer”, fait référence à une phrase qui apparaît sur des panneaux d’affichage en Floride. Des panneaux que Bruno Pernadas a trouvé bien étranges, et démontrent, aux Etats-Unis, une certaine indifférence envers les crocodiles, un animal très commun là-bas. Au contraire, en Egypte, le crocodile est très sacralisé. En choisissant ce titre, Bruno Pernadas explique vouloir évoquer le décalage culturel qui existe d’un pays à l’autre. 

L’avantage de sortir deux disques la même année, est qu’il est possible de dévoiler une grande richesse musicale. Mais entre les deux albums, Worst Summer Ever et Those who throw objects at the crocodiles will be asked to retrieve them, c’est ce dernier qui a connu le plus grand succès. La potentielle raison de l’efficacité de l’album, selon Bruno Pernadas, provient certainement du fait que la pop n’est pas très courante au Portugal, et que peu d’artistes abordent la musique de la même façon que lui. Il pense du public et des médias pour l’album vient du fait qu’il sort des sentiers battus. 

Chapitre 4 : La fin d’une trilogie ? 

Explorons le quatrième album de Bruno Pernadas, Private Reasons, sorti en avril 2021, au son de Loop Joy, le onzième morceau de l’album. 

Sur ce quatrième album, Private Reasons , aux influences allant du rock au jazz, à l’afrobeat ou à la musique classique, et en sonorités japonaises et sud-africaines, (entre autres univers sonores), Pernadas a saisi l’occasion d’ouvrir son spectre musical. Il introduit un quatuor à cordes, un trio à vent, la guitare, la basse électrique, la batterie et un trio de voix féminines auquel il ajoute sa propre voix. 

En termes de sonorités, Private Reasons est proche des deux précédents albums de Bruno Pernadas, et l’on peut se questionner s’il marque la fin d’une trilogie. Cela a à voir avec la façon dont ils sont construits, dans lesquels ils finissent par traverser des paysages variés… Bruno Pernadas pense lui-même qu’il est logique de regarder les trois disques comme faisant partie d’une trilogie. 

Chapitre 5 : Quatre hommes sur un radeau

Au delà de ses albums solo, il est aussi auteur de bande originale pour la danse, le théâtre, mais aussi les films et les séries (entres autres Gloria, la 1ère série portugaise sortie sur Netflix). Voici le morceau instrumental Recife, issu de Private Reasons. 

Recife a été composé à l’occasion d’une exposition de films dans un village du sud du Portugal, à Sao Braz de Alportel, où Bruno Pernadas a été invité à mettre en musique un film inachevé d’Orson Welles : Tout est vrai : quatre hommes sur un radeau. Le film est un court métrage documentaire du parcours d’une population brésilienne qui quitte son île pour chercher à s’approvisionner. Pendant le voyage, sur un radeau, ils traversent plusieurs endroits du Brésil, dont la ville de Recife. Bruno Pernadas a donc composé Recife spécialement pour le moment où ils arrivent dans cette ville. 

Pour écouter l’ensemble des chapitres de la semaine :

Rendez-vous la semaine prochaine pour vous présenter un·e nouvel·le artiste européen·ne émergent·e… 

Suzanne Gerles


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