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Sommes nous en récession ? – L’éco de Marc Tempelman

Écrit par sur 26 mai 2022

Nous accueillons Marc Tempelman, le cofondateur de l’application d’épargne gratuite Cashbee. Nous discutons toutes les semaines de finance. Bonjour Marc, de quoi allons-nous parler aujourd’hui ?

Depuis le début de l’année, les mauvaises nouvelles semblent s’accumuler. La guerre en Ukraine, l’inflation qui s’emballe, la Chine qui se confine. Après plusieurs décennies de croissance plus ou moins ininterrompue, le concept d’une récession mondiale commence à se faire entendre de plus en plus fréquemment. Comme il s’agit d’une situation que nous n’avons pas connue depuis très longtemps, et même si le sujet n’est pas gaie, je pensais qu’il était bon de l’aborder aujourd’hui.

Vous avez raison, le risque d’une récession est à nouveau soulevé un peu partout dans le monde. Alors, c’est quoi la définition d’une récession ? 

Définir une récession mondiale n’est pas chose facile. Pour un pays, certains économistes définiraient une récession techniquement comme deux trimestres consécutifs durant lesquels le Produit National Brut se contracte. Je préfère la définition moins technique employée aux États-Unis, où le bureau national de la recherche économique définit une récession comme une “réduction significative de l’activité économique qui touche la vaste majorité des secteurs et qui perdure plus que quelques mois”. Pour finir, la Banque Mondiale caractérise une récession mondiale comme une année durant laquelle le citoyen moyen souffre d’une baisse de ses revenus réels. C’est-à-dire ses revenus corrigés des effets de l’inflation notamment. Ce fut le cas en 1975, 1982, 1991, 2009 et en 2020, à cause du Coronavirus.

Mais alors ce ne serait pas un peu alarmiste de parler de récession mondiale ? Il me semble que le Fonds Monétaire International prévoit toujours une croissance économique pour l’année en cours.

Vous avez raison. Les anticipations pour la croissance économique mondiale pour l’année en cours ont été révisées à la baisse de plus 4,5% en octobre dernier à un bien plus modeste 2,5% en avril. Mais nous restons dans le positif. 

Plusieurs facteurs pourraient néanmoins obliger les grandes instances mondiales à réviser une fois de plus à la baisse ces attentes.

J’imagine que vous allez nous parler de la Chine et du ralentissement de son économie ?

Oui, c’est sans doute une des variables les plus importantes. N’oublions pas qu’elle représente à elle seule 19% de la production mondiale. Quand la Chine attrape le Covid-19, le monde souffre. Car le confinement de grandes villes chinoises met immédiatement sous tension les chaînes d’approvisionnement, déjà sous pression. Et les signes au niveau local ne sont pas bons. En avril la production industrielle s’est contractée de 3%, les ventes au détail ont chuté de 11% et le volume de ventes de maisons était également en baisse.

Pour aggraver la situation les choses ne sont pas nécessairement plus roses aux États-Unis, l’autre puissance économique mondiale

Exact. La Fed a quasiment admis s’être trompée sur la persistance et surtout le niveau de l’inflation. Mais elle s’est mise à la combattre avec conviction en remontant ses taux directeurs à plusieurs reprises. Elle s’est engagée à continuer de le faire tant que l’inflation ne sera pas maîtrisée. Même si cette stratégie conduit à une hausse du chômage et à un arrêt potentiel de la croissance économique.

Un mot sur l’Europe ?

Ce n’est pas mieux. L’inflation est sur toutes les lèvres. Il faut dire qu’elle a atteint un niveau de 7,4% en avril sur le vieux continent. Cela affecte à tel point le pouvoir d’achat que la Commission Européenne a significativement réduit ses prévisions pour le second trimestre et anticipe maintenant une stagnation pure et simple.

J’imagine que cette situation affecte également le reste du monde et notamment les pays les plus pauvres.

Malheureusement oui. L’Ukraine ne peut plus utiliser ses ports pour exporter son blé, dont dépendent énormément de nations en voie de développement. Pour le dire très simplement, la hausse des prix des produits alimentaires et notamment des céréales commence déjà à faire basculer des dizaines de millions de personnes dans la malnutrition. Le secrétaire général des Nations Unies a tiré la sonnette d’alarme et souligne le risque de famine de masse dans les mois à venir.

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