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Les laminaires – Plongée dans les océans #31

Écrit par sur 20 juin 2022

Nous retrouvons Sakina-Dorothée Ayata, maîtresse de conférences en écologie marine à Sorbonne Université pour sa chronique “Plongée dans les océans”.

Sakina, cette semaine vous allez nous parler des laminaires. Mais qu’est-ce que c’est ?

Les laminaires sont de grandes algues brunes. On a décrit 26 espèces de laminaires à travers le monde, et on en retrouve 3 sur nos côtes hexagonales, en particulier sur les côtes rocheuses : Laminaria digitata, Laminaria hyperborea et Laminaria ochroleuca. Elles mesurent de un mètre et demi à deux mètres de long et forment de grandes forêts sous-marines.

Des forêts d’algues ?

Oui, tout-à-fait, d’autant que la forme des laminaires peut faire penser à celle d’un petit arbre. Elles sont fixées au substrat par un crampon ramifié (qui fait pensé à des racines), suivi d’un grand cordon flexible appelé stipe (et qui ressemble à un tronc), et surmonté d’un thalle, d’abord entier, puis divisé en lanières, il fait donc un peu pensé à une
main immense pourvue de nombreux doigts. En plongée, ou même en apnée, on peut se promener au milieu de ces forêts d’algues. On dit que ces espèces sont des espèces ingénieures, car elles structurent le paysage et abritent une grande diversité d’organismes marins.

Et qu’est-ce qui distingue les trois espèces de laminaires que l’on retrouve sur nos côtes ?

Chez Laminaria digitata, le stipe est lisse et flexible, tandis que chez Laminaria hyperborea le stipe est rugueux et recouvert de nombreux épiphytes (les épiphytes sont des algues qui vivent sur d’autres algues). Enfin, chez Laminaria ochroleuca, qui a une couleur plus claire, le stipe est gluant.

Et elles vivent au même endroit ?

Et bien, de la même manière que les espèces de fucus, qui sont aussi des algues brunes et dont je vous ai déjà parlé, les laminaires se trouvent à différents étages le long de l’estran. Pour le fucus, les trois principales espèces se retrouvaient ainsi : le fucus spiralé un peu au dessus du fucus vésiculeux, lui même au dessus du fucus dentelé. Et
bien, au fur et à mesure que la profondeur augmente on trouve les trois espèces de laminaires les unes à la suite des autres. On a tout d’abord Laminaria digitata jusqu’à 7 mètres de profondeur, puis Laminaria hyperborea jusqu’à une trentaine de mètres de fond et dans les eaux très claires, et enfin Laminaria ochroleuca, jusqu’à 20 mètres de
profondeur. Toutes ces algues peuvent donc être découvertes à marée basse lors des grandes marées. Et il est fréquent de retrouver des laminaires échouées parmi la laisse de mer, les enfants aiment en général jouer avec. D’ailleurs Laminaria digitata est aussi appelée fouet de sorcières !

Et les laminaires sont consommées par des animaux marins ?

Oui, les petits escargots de mer comme la gibbule (qui ressemble au bigorneau mais qui a une coquille grise et rayée, et qui ne se mange pas) et d’autres petits invertébrés raffolent de leur thalle, tandis que les oursins mangent leurs stipes, ce qui tue les algues.

Et ces algues sont exploitées ?

Oui, la laminaire fait partie du goémon récolté par les goémoniers, ces marins-pêcheurs cueilleurs d’algues. Elles sont utilisées ensuite pour produire des alginates qui sont des gélifiants. L’alginate de sodium que l’on retrouve sous le nom E401 est par exemple utilisé dans plusieurs préparations culinaires comme les flans, les crèmes glaciers ou les nouilles instantanées.

Sakina Ayata au micro de Laurence Aubron

Tous les épisodes de “Plongée dans les océans” sont à retrouver ici


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