Toutes les semaines, Stéphanie Taupin et Fabien Hée vous emmènent à la découverte de l'Europe... et plus si affinité ! Les cofondateurs de l'agence Les Éclaireurs Du Voyage ramènent de leurs repérages sur le terrain, souvenirs de rencontres, trouvailles insolites et conseils pour vos prochains voyages. Un regard parfois amusé, toujours sincère, sur ces destinations qui nous entourent et nous en font voir de toutes les couleurs.
Fabien Hée, vous êtes cofondateur de l’agence Les Éclaireurs du Voyage, et aujourd’hui, vous nous emmenez… sur les traces d’un épisode clé de l’histoire américaine : la bataille de La Nouvelle-Orléans.
Exactement Laurence. Direction la Louisiane pour revivre la bataille de La Nouvelle-Orléans, qui s’est déroulée le 8 janvier 1815 et qui reste la dernière grande bataille de la guerre de 1812 entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Un événement fondateur, à la fois historique, symbolique et profondément ancré dans l’identité américaine.
Fabien, pouvez-vous nous rappeler le contexte de cette bataille ?
Bien sûr. La guerre de 1812 oppose alors les jeunes États-Unis à l’Empire britannique, notamment autour des questions de commerce maritime et de souveraineté. La Nouvelle-Orléans est un point stratégique majeur : contrôler la ville, c’est contrôler l’accès au Mississippi. Les Britanniques tentent donc de s’en emparer, mais l’armée américaine, menée par le général Andrew Jackson, leur inflige une défaite décisive.
Ce qui est étonnant, c’est que cette bataille a lieu après la signature d’un traité de paix, non ?
Exactement. Le traité de Gand, qui met officiellement fin à la guerre, avait été signé en Europe fin décembre 1814. Mais la nouvelle n’était pas encore arrivée en Amérique. Résultat : on se bat alors que la paix est déjà conclue sur le papier. Et paradoxalement, cette victoire tardive va considérablement renforcer le sentiment national américain.
Au-delà de la bataille, que peut-on découvrir à La Nouvelle-Orléans et dans ses alentours ?
La destination est d’une richesse incroyable. À La Nouvelle-Orléans même, on découvre le French Quarter, ses balcons en fer forgé, ses maisons colorées, sa musique omniprésente et son héritage français et créole. Autour de la ville, les bayous offrent une immersion totale dans la Louisiane sauvage, entre cyprès, marais et faune emblématique. On peut aussi visiter les grandes maisons de maîtres le long du Mississippi, comme Oak Alley ou Laura Plantation, qui racontent à la fois l’âge d’or des plantations et l’histoire de l’esclavage, essentielle pour comprendre le passé de la région.
La Nouvelle-Orléans est aussi réputée pour sa gastronomie. Que représente-t-elle dans l’expérience de voyage ?
C’est un pilier de l’identité locale. La cuisine de La Nouvelle-Orléans est un mélange unique d’influences françaises, espagnoles, africaines et créoles. Gumbo, jambalaya, écrevisses, po’boys… chaque plat raconte une histoire. La gastronomie fait partie intégrante du voyage et reflète le métissage culturel de la Louisiane.
La Nouvelle-Orléans, ce n’est donc pas seulement une destination historique…
Exactement. C’est une ville de caractère, profondément vivante, où l’histoire, la nature et la musique, extraordinaire, partout tout le temps se mêlent!. On y vit une Amérique différente, plus lente, plus sensorielle, et très attachante. C’est clairement une de mes villes préférées aux Etats-Unis, elle est à part.
Est-ce une destination que vous recommandez aux voyageurs curieux d’histoire et de culture ?
Sans hésiter. La Nouvelle-Orléans est parfaite pour ceux qui souhaitent donner du sens à leur voyage, en alternant visites culturelles, découvertes naturelles et expériences humaines fortes. C’est une destination qui marque durablement.
Merci Fabien.
Thank you Laurence, et à la semaine prochaine pour une nouvelle destination à explorer.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.