Toutes les semaines, Stéphanie Taupin vous emmène en Europe et dans le monde, pour une visite pas comme les autres. La Cofondatrice de l'agence de voyages sur-mesure Les Éclaireurs Du Voyage partage son regard sur des musées, lieux atypiques et savoir-faire, pour s'immerger dans la culture.
Bonjour Stéphanie Taupin, vous êtes cofondatrice de l’agence Les Eclaireurs Du Voyage et aujourd'hui vous nous emmenez en Tanzanie mais pas pour voir les animaux. Alors de quoi s’agit-il ?
Et bien d’un musée qu’on pourrait presque décrire comme à l’air libre, mais pas tout à fait puisqu’il y a bien des petites huttes de pierre connectées, mais ouvertes sur l’extérieur autour d’une sorte de patio central. Et ce musée, c’est celui d’Olduvai, dédié à l’archéologie.
Où se trouve t’il et qu’y découvre t’on ?
Alors il ne se trouve pas dans la capitale Dodoma, ou même dans la capitale économique de Dar Es Salaam, mais au milieu de la savane, dans la zone de conservation du Ngorongoro.
Il a été bâti là pour être juste au bord même du site de fouille et exposer les objets exhumés par les paléoanthropologues dans leur cadre naturel si je peux dire.
Le lieu est considéré comme un des berceaux de l’humanité.
On est là en plein dans la vallée du Rift, et les gorges d’Olduvai qui ont donné leur nom au musée sont l’un des sites archéologiques les plus importants au monde.
Les archéologues y ont trouvé notamment un crâne presque entier d’un homo-habilis, l’un des premiers «hommes» sur terre, vieux d’environ 1,8 million d’années !
Et puis il y a quantité d’outils en pierre, fossiles...
Qu’est-ce qui est le plus marquant justement Stéphanie ?
Ce qui est assez remarquable dans ce musée, c’est qu’alors qu’on arrive de la savane, du grand air, forcément un peu excité des observations animalières qu’on a pu faire en chemin... quand on pénètre dans cette bâtisse très simple, un peu sombre, d’un coup c’est le calme.
On se retrouve face à des squelettes, véritablement face à soi, debout derrière leur vitre de protection, entourés de toutes les explications. C’est un face à face qui, en tout cas pour moi, ralentit la respiration et force à consacrer du temps à la visite pour vraiment absorber ce qu’on a sous les yeux.
Et puis au fond du musée d’Olduvai, il y a un petit amphithéatre, complètement ouvert sur l’extérieur. Une vraie fenêtre sur le paysage des gorges juste au pied. Et çà demande une bonne inspiration cette fois ! Les gorges font plus de 50km de long.
On imagine que c’est un moment fort effectivement. Y a t-il d’autres endroits dans la région qui comme ça impressionnent ?
Oui, dans un autre style mais avec cette même impression de «début du monde», il y a pas très loin de là le cratère du Ngorongoro.
Il s’agit d’une immense caldeira volcanique ininterrompue, une cercle parfait. Pour bien en prendre la mesure, il faut savoir qu’elle fait plus de 20 km de diamètre, et descend à 600m de profondeur.
Alors bien sûr quand on visite le fond du cratère, on se trouve rapidement absorber par les scènes de vie sauvage. Les animaux y vivent presque coupés du monde, autour de la partie humide et dans la forêt qui s’étale sur le pourtour.
Mais ce qui est vraiment saisissant quand on arrive de l’extérieur en haut de la caldeira, c’est sa forme, son immensité. C’est un paysage à couper le souffle, brut.
Pour ceux qui ont la possibilité de passer une nuit au bord de la caldeira, le lever de soleil au petit matin, quand les nuages s’accrochent encore aux parois, est simplement inoubliable.
Et s’il n’y avait qu’un mot à retenir pour symboliser cette région ?
Originelle.
Un entretient réalisé par Laurence Aubron.