Consommateurs européens - Elphège Tignel

Locations touristiques : l’Europe veut plus de transparence

© Kees de Hoogh via Pexels Locations touristiques : l’Europe veut plus de transparence
© Kees de Hoogh via Pexels

Voyage, transport, e-commerce, protection des données personnelles… Les 3/4 des droits des consommateurs qui s’appliquent en France comme dans les autres pays européens sont issus de directives et règlements européens. Dans cette chronique, Elphège Tignel, du Centre Européen des consommateurs France, vous explique sur euradio comment l’Europe protège les consommateurs dans leur vie quotidienne et quels sont vos droits si vous voyagez, déménagez, achetez, payez, étudiez, téléphonez… en Europe.

C’est l’heure de la chronique « consommateurs européens » avec Elphège Tignel du Centre Européen des Consommateurs France.

Bonjour Elphège.

Bonjour Laurence et bonjour à toutes et à tous.

Aujourd’hui, vous nous parlez des locations touristiques. L’Europe vient justement d’adopter un nouveau règlement sur ce sujet.

Oui, et c’est un sujet qui concerne énormément de voyageurs… mais aussi les habitants des grandes villes touristiques.

Depuis plusieurs années, les locations saisonnières explosent partout en Europe. On réserve un appartement pour un week-end à Barcelone, une maison en Italie ou un studio à Strasbourg en quelques clics.

Mais derrière cette simplicité, il y a parfois des problèmes : fausses annonces, logement non conforme à la description, manque de transparence…

Et c’est justement ce que l’Union européenne veut mieux encadrer ?

Oui, en partie.

L’idée du nouveau règlement européen, c’est surtout d’apporter davantage de transparence dans le secteur des locations touristiques.

Aujourd’hui, certaines villes européennes ne savent même pas exactement combien de logements sont loués aux touristes sur leur territoire. Et sans données fiables, c’est très compliqué pour les communes de contrôler les annonces, de lutter contre les fraudes ou encore de gérer la pression sur le logement.

Prenons l’exemple de villes comme Barcelone, Amsterdam ou Lisbonne : les municipalités cherchent depuis plusieurs années à mieux encadrer les locations saisonnières parce qu’elles estiment que cela réduit l’offre de logements pour les habitants et contribue à faire augmenter les loyers.

Le règlement européen ne va pas interdire les locations touristiques, mais il doit permettre aux autorités locales d’avoir enfin des informations fiables pour mieux contrôler le marché… et aussi mieux percevoir les taxes liées à ces locations.

Concrètement, qu’est-ce qui va changer pour les plateformes de réservation ?

L’Europe ne crée pas d’obligation générale d’enregistrement des locations touristiques. Chaque pays, région ou commune reste libre d’imposer, ou non, un système d’enregistrement.

Mais lorsqu’un logement doit être déclaré auprès des autorités locales, les règles devront désormais suivre des normes communes dans toute l’Union européenne.

Et les plateformes devront vérifier davantage les annonces.

Par exemple, elles devront s’assurer que les informations fournies par l’hôte sont fiables et complètes, et que le numéro d’enregistrement du logement apparaît bien lorsqu’il est obligatoire.

Et si ce numéro manque, les autorités locales pourront demander aux plateformes de suspendre ou de retirer l’annonce concernée.

Et pour les voyageurs, est-ce que ça change quelque chose ?

Oui, parce qu’il y aura davantage de transparence.

Aujourd’hui, certains consommateurs réservent un logement sans savoir qu’il ne respecte pas les règles locales. Et parfois, ils découvrent le problème au dernier moment, voire une fois arrivés sur leur lieu de vacances.

Avec des contrôles renforcés et des annonces mieux vérifiées en amont, les voyageurs devraient donc avoir davantage confiance dans les hébergements proposés.

Et en cas de problème, les autorités pourront aussi identifier plus facilement les hébergeurs concernés.

Et si on a déjà réservé un logement pour cet été, est-ce qu’il faut s’inquiéter ?

Pas forcément.

Dans la majorité des cas, si le logement respecte les règles locales — ou si la commune ne prévoit pas d’obligation d’enregistrement — ça ne change absolument rien pour le voyageur.

En revanche, si une location ne respecte pas les nouvelles règles, la plateforme peut retirer l’annonce et l’hôte peut être contraint d’annuler les réservations déjà prévues. Dans ce cas, il faudra demander un remboursement à la plateforme… mais probablement aussi trouver un autre hébergement en dernière minute.

Du coup, au moment de réserver, il faut être particulièrement vigilant ?

Oui, quelques réflexes simples peuvent éviter beaucoup de mauvaises surprises.

D’abord, regardez si l’annonce affiche un numéro d’enregistrement. Quand il existe, c’est généralement un bon signal : cela montre que le logement respecte les règles locales.

Et s’il n’y a pas de numéro, il faut être encore plus attentif aux autres éléments : la qualité du descriptif, les photos, les commentaires laissés par d’autres voyageurs…

Et avant de payer, mieux vaut aussi vérifier les conditions d’annulation proposées par la plateforme.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.