Chaque semaine sur euradio, retrouvez Marc Tempelman, le cofondateur de l’application d’épargne gratuite Cashbee, qui traite les sujets et les actualités de la finance.
Nous accueillons Marc Tempelman, le cofondateur de l’application d’épargne gratuite Cashbee. Nous discutons toutes les semaines de finance. Bonjour Marc.
Pour clarifier auprès de nos lecteurs, pouvez-vous nous expliquer simplement ce qu’est un ETF ?
Un ETF, ou Exchange Traded Fund, est un fonds indiciel coté en Bourse. Cela signifie qu'il s’agit d’un produit financier qui reproduit la performance d’un indice comme le CAC 40 ou le S&P 500, tout en étant négociable en continu, comme une action. Ce type de produit est la star de la gestion passive : au lieu d’essayer de battre le marché, on cherche tout simplement à le suivre, avec des règles transparentes et des frais réduits.
Les ETF semblent avoir le vent en poupe. A-t-on une idée de l’ampleur de ce marché aujourd’hui ?
Absolument. Le secteur a littéralement explosé : à l’échelle mondiale, on approche désormais les 19 000 milliards de dollars d’encours sous gestion ! On compte même plus de 14 000 ETF différents cotés dans le monde, et près de 400 000 investisseurs particuliers français ont déjà sauté en 2025 !
Quels sont les grands avantages pour les investisseurs ?
Les atouts sont nombreux. Premièrement en investissant dans un ETF, l’épargnant bénéficie immédiatement et par construction d’une diversification. En achetant un ETF S&P 500 par exemple, vous vous exposez, en un seul coup, aux 500 valeurs incluses dans cet indice américain. Deuxièmement, il faut souligner l’accessibilité des ETF dans lesquels vous pouvez investir à partir de quelques centaines d’euros et parfois moins. Troisièmement, les frais de gestion de ces fonds indiciels sont très bas (souvent moins de 0,2% par an). En effet, contrairement aux fonds traditionnels, la gestion d’un ETF se fait surtout par des ordinateurs qui répliquent un indice boursier donné, sans intervention humaine. Enfin, il faut souligner le rendement attractif délivré par les ETF sur des durées longues par rapport à celui délivré sur des fonds traditionnels, gérés activement, par des experts humains. Dans la plupart des cas, ces experts n’arrivent pas à battre l’indice plusieurs années de suite.
Mais l’offre s’est énormément diversifiée… Y a-t-il des revers à la médaille dans cet univers devenu si vaste ?
Oui, et ce point est crucial. Aujourd’hui, la diversité a un effet pervers : on trouve plus d’ETF que jamais, couvrant tout — de grands indices mondiaux à des niches ultra-spécialisées, voire exotiques.
Cette multiplication rend la sélection d’ETF très complexe, avec de nombreux ETF aux stratégies parfois opaques ou risquées. Ainsi on doit souligner les risques de volatilité et de perte en capital associés aux ETF à effet de levier, ou qui suivent des thématiques ultra-pointues.
Le label ETF peut donner un sentiment de diversification, de liquidité et de simplicité qui peut être trompeur. Prenons à nouveau l’exemple d’un ETF S&P 500. Oui, il vous expose à 500 valeurs américaines, mais n’oublions pas qu’au sein de ces 500 valeurs, le poids de 7 plus grandes sociétés de la tech pèsent pour plus du tiers. Un retournement de sentiment dans ce seul secteur entraînerait sans doute une forte chute de cet ETF, pourtant très diversifié sur papier.
Quels sont donc les pièges à éviter avant d’investir ?
Il faut bien distinguer les ETF classiques des produits ETF complexes, plus chers en frais mais aussi plus volatils. Ensuite, pour bénéficier d’une réelle diversification, il est important de combiner des ETF qui vous exposent à différents classes d’actifs, actions, obligations etc. Et n’oublions pas : même une stratégie de gestion passive n’exclut pas le risque de marché !
Un dernier conseil pour les particuliers tentés par l’aventure ETF ?
Lisez, comparez, posez des questions et privilégiez la simplicité. Face à la profusion, il vaut souvent mieux s’en tenir aux grands ETF généralistes, bien liquides et transparents — c’est un excellent point de départ pour construire un patrimoine diversifié, sans tomber dans les pièges d’une offre devenue presque trop abondante pour le commun des mortels !
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.