L'humeur européenne de Bernard Guetta

Lubies de Trump, force de l’Europe

Photo de Amos K sur Unsplash Lubies de Trump, force de l’Europe
Photo de Amos K sur Unsplash

On lui reprochait hier de trop en faire. On la dénonce aujourd’hui comme incapable de relever le gant. « Où est-elle cette Union ? Que fait-elle ? Bravo la désunion ! », entend-on maintenant que les Européens sont menacés par Poutine, horrifiés par le bain de sang iranien, effarés par le recul du droit international et constamment défiés surtout par Donald Trump qui, dernière lubie, voudrait utiliser les droits de douane pour nous faire accepter l’annexion du Groënland.

Alors même que c’est eux, la majorité d’entre eux, qui avaient si obstinément refusé de faire de l’Union une puissance politique et militaire, les Européens la voudraient soudain aussi forte qu’un Etat fédéral, que ces Etats-Unis d’Europe dans lesquels ils avaient si longtemps vu l’abomination à combattre.

Car enfin, aux atlantistes d’hier, on pourrait rappeler que c’est eux qui avaient barré la route à la défense commune ; aux eurosceptiques, que c’est à cause d’eux que l’Union politique reste à construire ; aux Britanniques, qu’ils n’avaient rejoint l’Union que pour empêcher son affirmation avant de la quitter et aux Français que c’est eux seuls qui avaient refusé en 1954 la Communauté européenne de défense grâce à laquelle nous aurions pu former d’emblée une union politique.

Il y aurait vingt leçons à tirer de ces erreurs du passé mais l’urgence est ailleurs.

L’urgence est de cesser de nous sous-estimer.

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