Quoi de neuf en Europe ?

Drones ukrainiens, pétrole iraniens, géants de la tech américains: une semaine conflictuelle pour les européens

Photo de Ellie Meh sur Unsplash Drones ukrainiens, pétrole iraniens, géants de la tech américains: une semaine conflictuelle pour les européens
Photo de Ellie Meh sur Unsplash

Chaque semaine sur euradio, Perspective Europe, l'association du master "Affaires européennes" de Sciences Po Bordeaux, revient sur l'actualité bruxelloise et européenne. 

Vous écoutez “Quoi de neuf en Europe”, la chronique hebdomadaire de l’association Perspectives Europe. Chaque semaine les étudiants du Master Affaires européennes de Sciences Po Bordeaux se donnent pour mission de décrypter l’actualité européenne pour vous en donner le meilleur résumé. On en discute tout de suite avec Baptiste Orteu. Bonjour et bienvenue !

Alors Baptiste ? Quoi de neuf en Europe ?

Beaucoup de choses de neuves, mais sur des sujets qui durent depuis bien longtemps. La Guerre en Ukraine d’abord est encore et toujours au cœur de l’actualité européenne. C’est l’accumulation des échecs pour la défense européenne. D’abord, les drones sont au cœur de l’actualité militaro-industrielle, et surtout des tensions. Si toutes les innovations en la matière sont bien faites sur le territoire ukrainien, la propriété intellectuelle pourrait bien partir à l’Ouest, voire traverser l’Atlantique.

En effet c’est un problème pour le complexe militaro-industriel européen, mais comment on en est arrivé là ?

C’est avant tout un problème juridique, c’est en tous cas ce qu’explique Ario Dehghani au média Euractiv parce que dans la plupart des contrats d’investissement, le transfert de la propriété intellectuelle est souvent demandée par les investisseurs, ce qui ne garantit en rien que les ukrainiens et les européens gardent la main sur les innovations nées de la guerre.

Mais ça n’est pas tout, la défense européenne a aussi connu une débâcle de l’intérieur ? 

Exactement, et si on les connaissait pour des questions de droits des minorités, ou d’indépendance de la justice dans les années 2010, les polonais font leur retour comme élément de blocage de l’Europe à 27. Le président polonais du parti Droit et Justice Karol Nawrocki a mis son véto sur une enveloppe de 44 milliards d’Euros pour financer le plan SAFE (Security Action for Europe).

Alors c’est un nouveau coup de frein à un projet européen de défense ?

Tout à fait, mais c’est aussi une exacerbation de l’opposition entre la présidence et le gouvernement polonais, et la bataille s’est avant tout déroulée sur les réseaux sociaux entre le Président Nawrocki et le Premier Ministre Donald Tusk et le Ministre des Affaires étrangères Sikorski.

En parlant de conflits, ceux du Moyen-Orient ont des effets inédits en Europe, et notamment en France et en Allemagne ?

Et oui, parce qu’avec la fermeture du détroit d’Ormuz par les iraniens, par où passe près de 20% du pétrole mondial, les pays européens font face à une réelle crise d’approvisionnement, qui ouvre les débats vis-à -vis des réserves européennes de pétrole.

Et c’était d’ailleurs le cœur des discussions de préparation du G7 ?

Exactement, Eleonora Vasques nous rapporte notamment dans un article d’Euronews que tout est prêt pour une coordination inédite, le Ministre français Roland Lescure a notamment déclaré: "Nous sommes prêts à prendre les mesures nécessaires et coordonnées pour stabiliser les marchés, telles que la constitution de stocks stratégiques", de son côté la Ministre allemande Katherina Reiche a affirmée que l’Allemagne était prête à faire une contribution alors que l’Agence internationale de l’énergie demande à ses membres de mettre à disposition près de 400 millions de barils.

Et enfin un dernier conflit qui n’en finit pas de durer, celui entre les européens et les géants américains du numérique ?

Tout à fait, mais les géants du numérique ont désormais Donald Trump comme fer de lance, qui n’a pas encore prévu de lâcher l’affaire. D’un côté Reuters nous apprenait ce lundi que les entreprises de la tech européenne mettent toute la pression de Bruxelles pour sanctionner Google et autre, Trump de son côté fait toujours usage des droits de douanes pour tordre la main d’Ursula Von Der Leyen par les accords commerciaux.

Une porte de sortie envisageable ?

Peut-être, ou peut-être pas, pour l’eurodéputé Bernd Lange, qui dirige les négociations au Parlement européen, rendez-vous le 17 Mars, pour ce qu’il a appelé le “D-Day” devant le média Euractiv. Face au Big tech, l’Europe hésite entre son commerce et sa réglementation, nous saurons très vite qui l’emportera.

Un entretien réalisé par Laurent Pététin.

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