Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 13 octobre 2026

Kaja Kallas, la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, lors du Conseil des Affaires étrangères, à Luxembourg, le 12 octobre 2026. © European Union Aujourd'hui en Europe - 13 octobre 2026
Kaja Kallas, la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, lors du Conseil des Affaires étrangères, à Luxembourg, le 12 octobre 2026. © European Union

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • UE : l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie. 
  • Liban : l’Union européenne lance une nouvelle mission de sécurité. 
  • Pologne : l’OTAN réaffirme sa capacité à se défendre face à une éventuelle attaque russe.
  • Espagne : la rencontre de Santiago Abascal et Jordan Bardella à Ceuta ce lundi.  

On commence ce journal en mentionnant les nouvelles sanctions contre la Russie adoptées par l'Union européenne.

Cette annonce s’inscrit aussi dans un contexte tout particulier, alors que Donald Trump vient d’annoncer, ce vendredi, un accord énergétique avec la Russie. À l’inverse de la posture et des incessantes volte-face américaines, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont adopté, je cite, « le plus important élargissement » de la liste de sanctions envers la Russie, a affirmé Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne. Au total, ce sont près de 1 600 nouveaux noms qui s’ajoutent, dont 826 entreprises russes et 743 dirigeants d’entreprises, accusés de participer à l’effort de guerre russe, notamment dans la production d’armement. 

77 des individus visés sont liés aux élections législatives russes organisées par la Russie dans les territoires ukrainiens occupés.

Parmi ces 77 personnes, on compte 74 candidats dans le Donbass, à Zaporijia, à Kherson et en Crimée, ainsi que 3 membres de la commission électorale russe. Les ministres européens les accusent notamment de participer à la légitimation de l’invasion russe et de l’occupation illégale des territoires ukrainiens. Depuis lundi, ce sont donc au total environ 4 600 noms qui figurent sur la liste des sanctions contre la Russie. 

Qu’est-ce que ces sanctions impliquent concrètement ? 

Les personnes inscrites sur la liste noire se voient interdites de rentrer dans l’Union européenne et leurs avoirs sont aussi gelés. Toute nouvelle inscription doit être approuvée à l’unanimité des 27 États membres. Jusqu’ici, les 21 paquets de sanctions adoptés par l’UE ont déjà coûté, selon Kaja Kallas, environ 1 000 milliards d’euros à la machine de guerre russe. 

L’élargissement de la liste noire s’accompagne du déblocage d’une nouvelle aide militaire de l’Union européenne à Kyïv. 

Après un échange entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Bruxelles a annoncé une nouvelle aide de 3 milliards d’euros. Disponible dès la semaine prochaine, elle permettra à l’Ukraine de financer l’acquisition de drones et de missiles. Cette somme s’ajoute aux 1,24 milliard débloqués par Bruxelles la semaine passée.  

On continue ce journal au Liban, où l’Union européenne lance une nouvelle mission de sécurité. 

Ce lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont approuvé la création d’une mission civile et militaire au Liban dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune de l’Union européenne. Cette mission pourrait être déployée dans quelques mois. Son mandat, renouvelable, est fixé à 3 ans et se concentre sur la sécurité des frontières, la sécurité maritime, et les opérations de lutte contre les drones. La mission a aussi pour but de soutenir et former la police libanaise. 

Cette nouvelle mission européenne vient-elle remplacer les Casques bleus de la FINUL ? 

Non, les responsables européens le rappellent : cette nouvelle mission n’est pas une extension ou un remplacement de la FINUL. Pour rappel, le mandat de la FINUL, la Force intérimaire des Nations unies au Liban, déployée depuis 1978, doit prendre fin à la fin de l’année 2026. 

Si les détails précis ne sont pas encore établis, Bruxelles envisage une mission assez modeste : 150 personnes environ, contre 7 500 soldats de la FINUL. Le sud du pays, où le conflit avec Israël se poursuit toujours, ne sera pas concerné par la mission de l’UE, contrairement à la FINUL. Des acteurs européens de la mission onusienne ont également déclaré vouloir maintenir une présence au Liban. C’est le cas de l’Italie, la France ou encore l’Espagne. 

On poursuit ce journal en Pologne, où l’OTAN réaffirme sa capacité à se défendre face à une éventuelle attaque de la Russie.  

Réuni lundi au forum de Varsovie pour la sécurité, le général Alexus Grynkewich, chef militaire de l’OTAN en Europe, s’est en effet montré ferme : « Si quelqu’un est assez insensé pour nous attaquer, nous nous battrons », a-t-il expliqué. Lors de son discours, il a présenté sa « théorie de la victoire », sur la meilleure façon de battre la Russie en cas d’attaque. C’était la première présentation publique de ce plan, qui n’avait jusque-là été discuté qu’au plus haut niveau du Comité militaire de l’OTAN. Le choix de Varsovie n’est pas anodin : il souligne la place centrale de la Pologne dans la défense du flanc est, en raison de sa géographie et de ses dépenses militaires en forte hausse. 

Une théorie où le dialogue et la désescalade sont favorisés. 

Selon sa théorie de la victoire, l’OTAN doit bloquer une attaque et l'empêcher de progresser. Le recours à la force armée ne doit être utilisé que si nécessaire. Il a aussi affirmé que l’OTAN ne cherche pas une « escalade » des tensions, rappelant le caractère défensif de l’alliance. Concrètement, des troupes au sol stationnées en première ligne stopperaient une incursion, appuyées par des drones bon marché, des systèmes avec peu ou pas d’équipage et un ciblage assisté par intelligence artificielle. Le plan s’inspire largement des leçons de la guerre en Ukraine, où les drones à bas coût ont bouleversé le champ de bataille. 

On clôture ce journal en Espagne, à Ceuta, où les deux dirigeants des partis d’extrême droite français et espagnol se sont retrouvés ce lundi. 

Santiago Abascal, chef du parti espagnol Vox, a invité Jordan Bardella, président du Rassemblement national, pour échanger autour de la crise migratoire de l’enclave espagnole. Deux mois après celle-ci, le responsable français a comparé Ceuta à, je cite, une « ville martyre de l’immigration massive ». Il défend une politique ferme en termes d’immigration. En cas de victoire aux élections françaises de 2027, il s’engage à revoir les accords de Schengen, où la libre circulation ne concernerait plus que les ressortissants européens. Le président du Rassemblement national a également apporté son soutien à Santiago Abascal pour les élections anticipées en Espagne, prévues fin novembre, à la suite de la dissolution du Parlement par Pedro Sanchez. 

La rencontre s’inscrit dans une lignée d’alliances et de rencontres entre les nationalistes européens. 

Début septembre, Jordan Bardella avait rencontré son homologue britannique, Nigel Farage, chef du parti Reform UK, avec lequel il avait signé un « protocole d’accord » contre l’immigration illégale. Dans la foulée, c’était au tour de l’Italie, où il avait rencontré à Milan, Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue du Nord, parti d’extrême droite. Lors de sa visite en Espagne ce lundi, Santiago Abascal a remercié le président du Rassemblement national de sa venue. « C’est précisément dans les moments difficiles que se forgent les grandes alliances politiques », a-t-il ajouté. 

Un journal de Audrey Heller et Élise Houben.