Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 18 septembre 2026

Ulf Kristersson lors d’une séance plénière du Parlement européen le 17 janvier 2023 - Présentation du programme des activités de la Présidence suédoise.  © European Union 2023 Aujourd'hui en Europe - 18 septembre 2026
Ulf Kristersson lors d’une séance plénière du Parlement européen le 17 janvier 2023 - Présentation du programme des activités de la Présidence suédoise. © European Union 2023

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • États-Unis : la livraison d’un arsenal d’armement à Israël. 
  • Suède : la démission du Premier ministre Ulf Kristersson après sa défaite électorale. 
  • France : des grèves de pêcheurs contre la hausse des prix du carburant. 

On commence ce journal aux États-Unis, qui ont annoncé la livraison d’un arsenal d’armement sans précédent à Israël. Une décision qui intervient alors que les critiques se multiplient sur le respect du droit international dans les opérations militaires menées à Gaza.

Washington a confirmé la préparation d’une livraison exceptionnelle d’armes dans le cadre d’un contrat qui atteint 2,8 milliards de dollars portant sur environ 40 000 bombes, dont 20 000 MK-84. La MK-84 n’est pas une arme récente. Elle est entrée en service à la fin des années 1960 et a été utilisée notamment pendant la guerre du Vietnam. Avec ses 900 kilos, elle reste l'une des plus puissantes de l'arsenal américain, capable de tuer dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Larguée depuis des avions, sa forte puissance peut causer des dégâts importants sur une large zone. Cela soulève des craintes pour les populations civiles, surtout dans des zones urbaines densément peuplées, comme à Gaza.

Cette décision marque-t-elle un tournant ?

En 2024, l’administration de Joe Biden avait suspendu une livraison de ces types d’armements. Washington craignait notamment les dégâts qu’elles pouvaient causer lors de l’offensive israélienne sur Gaza. Avec l’arrivée de Donald Trump, ces livraisons ont été relancées à une échelle bien plus importante. Cette décision récente peut étonner car elle s'inscrit dans un contexte de tension sur les stocks américains : un rapport de l'inspecteur général du Pentagone a récemment reconnu une pénurie de munitions, liée à l'ampleur de l'engagement militaire des États-Unis contre l'Iran. 

L’Europe continue-t-elle pour sa part à livrer des armes à Israël ?

Les États-Unis restent de très loin les premiers fournisseurs d’armes d’Israël. Entre 2021 et 2025, ils représentaient 68 % des importations d’armes israéliennes, suivis par l’Allemagne avec 31 %. 

Quid des critiques liées à cette livraison ? 

La Commission d'enquête des Nations unies a qualifié la situation à Gaza de génocide et évoque des crimes de guerre. Aux États-Unis même, plusieurs élus démocrates, dont Gregory Meeks - figure influente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre - ont par le passé exprimé des réserves sur les ventes d'armes à Israël, faute de garanties suffisantes sur la protection des civils.

Et côté européen ?

L'UE discute également, depuis avril 2026, d'une possible révision, voire suspension, de son accord d'association avec Israël - porté notamment par l'Espagne - sans consensus des 27 à ce jour.

On continue ce journal en Suède, où le Premier ministre Ulf Kristersson vient de démissionner après la victoire du centre-gauche. 

Le bloc de centre-gauche, mené par les sociaux-démocrates de Magdalena Andersson, a obtenu une courte victoire avec 176 sièges au Parlement, contre 173 pour la coalition de droite sortante. Magdalena Andersson à la tête des sociaux-démocrates qui ont obtenu 99 sièges devra s’allier avec trois autres formations pour gouverner. Elle devra s’appuyer sur les Verts, le parti de gauche et le parti du centre. Ensemble, ces quatre partis devraient théoriquement disposer d’une toute petite majorité absolue, fixée à 175 sièges.

Une coalition dont la formation promet d’être complexe. 

Le problème, c’est que ces partis ne sont pas tous prêts à gouverner ensemble. Le Parti du centre refuse notamment de participer à un gouvernement qui inclurait le Parti de gauche dont elle juge les positions trop radicales. Magdalena Andersson devra donc négocier pour trouver une formule viable.

On termine ce journal en France où certains pêcheurs se sont mobilisés contre la hausse des prix du carburant. Plusieurs ports ont été bloqués ces derniers jours afin de faire monter la pression sur le gouvernement.  

Après le blocage d’un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer mardi, ils ont étendu leur mouvement jeudi en bloquant les ports de Sète et de Nice, ainsi qu’un dépôt pétrolier à Frontignan. Leur principale revendication concerne le prix du gazole marin. Ils exigent notamment un carburant plafonné à 60 centimes le litre. Ils réclament aussi le versement d’aides qu’ils attendent depuis plusieurs mois et des mesures pour faire face à l’augmentation de leurs coûts d’exploitation.

Mais derrière la question du carburant, c’est toute la précarité de leurs conditions de travail qui est en jeu. 

Travailler davantage ne garantit pas des revenus plus élevés : la hausse du carburant et des autres coûts d’exploitation absorbe une partie des gains supplémentaires. Résultat, le temps de travail s’allonge, mais le niveau de vie, lui, stagne, voire diminue. Les pêcheurs demandent donc des aides supplémentaires dans un contexte où le gouvernement de Sébastien Lecornu prépare le budget de 2027 avec un effort budgétaire annoncé de 54 milliards d’euros.

Quelle réponse le gouvernement pourrait-il apporter ?

Pour éviter la colère sociale, Sébastien Lecornu a demandé mercredi de prolonger jusque fin décembre les aides ciblées sur les carburants et de relever l'aide pour les pêcheurs de 25 à 35 centimes par litre. Après plusieurs heures de discussions avec les représentants des pêcheurs, la ministre de la Mer et de la Pêche a également annoncé de nouvelles aides liées à l’évolution du prix du carburant. Les pêcheurs de Méditerranée se sont engagés, jeudi soir, à lever leurs barrages à la suite des promesses du gouvernement. Mais la question reste entière : qui, des travailleurs, des entreprises ou de l’État, va supporter le coût de cette hausse des prix ?

Un journal de Augustin Giaumé.