Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Lucas Savino, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Bonjour Ulrich, bonjour à toutes à tous, on ouvre ce journal au Moyen-Orient, théâtre d’une nouvelle guerre qui a éclaté ce 1er mars entre, d’une part, les États-Unis et Israël et, de l’autre, l’Iran. Depuis samedi, des frappes militaires d’ampleur visent le territoire iranien, notamment à Téhéran. Une guerre marquée déjà par la mort du guide suprême Ali Khamenei et de très hauts responsables de la sécurité iranienne, parmi lesquels le chef des gardiens de la révolution et le ministre de la Défense.
En effet, le président américain a fini, ce samedi, par mettre ses menaces à exécution et lancé ses armées, rassemblées depuis plusieurs semaines dans la région, contre les centres de pouvoir de la République islamique. Les autorités iraniennes promettent des représailles, tandis que Washington affirme agir pour neutraliser une menace jugée majeure pour la sécurité régionale et internationale.
Cette guerre est une demi-surprise pour les observateurs.
Oui, depuis plusieurs semaines et la répression massive début janvier, par le régime de Téhéran, des manifestations contre le pouvoir, les États-Unis multipliaient les mises en garde contre la République islamique, laissant craindre un basculement vers un affrontement direct. Ce basculement est désormais acté, avec des conséquences à ce stade difficilement prévisibles, tant sur le plan militaire que diplomatique, dans une région déjà fragilisée par de multiples foyers de tension.
Ces événements sont bien sûr suivis avec une attention particulière en Europe.
Du côté des capitales européennes, l’inquiétude est forte. Les différentes capitales ont réuni leurs conseils de sécurité, tandis que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a convoqué en urgence les ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept ce dimanche en visioconférence pour tenter de coordonner la réponse européenne. Paris, Berlin et Londres ont dénoncé des tirs iraniens jugés « indiscriminés et disproportionnés » et disent se tenir prêts à des mesures défensives pour protéger leurs intérêts et ceux de leurs alliés.
Le territoire européen a d’ailleurs été directement touché.
Exactement, la tension est montée d’un cran à Chypre, où le Royaume-Uni a fait état d’une « frappe de drone présumée » sur la base aérienne britannique d’Akrotiri. Londres affirme que son dispositif militaire dans la région est désormais « au niveau le plus élevé ». Le Premier ministre Keir Starmer a confirmé que le Royaume-Uni autorise les États-Unis à utiliser certaines bases britanniques pour des actions défensives ciblées, tout en assurant que Londres ne participera pas à des opérations offensives directes en Iran.
Les conséquences potentielles pour l’Europe sont multiples.
Sur le plan sécuritaire d’abord, les Européens s’inquiètent d’un élargissement du conflit qui pourrait toucher des zones stratégiques, des alliés régionaux ou des routes commerciales essentielles. Sur le plan énergétique ensuite, une guerre durable fait craindre des perturbations majeures des approvisionnements, notamment dans le Golfe, zone clé pour le commerce mondial et pour l’approvisionnement en hydrocarbures, alors que le détroit d’Ormuz concentre à lui seul une part essentielle du transit pétrolier mondial et que les marchés redoutent déjà une flambée durable des prix.
On continue ce journal à Bruxelles, où la Commission européenne a annoncé vouloir accélérer son processus d’adoption des lois. Face à un environnement géopolitique jugé de plus en plus instable, l'exécutif européen envisage d’assouplir son processus interne d’élaboration des textes afin de pouvoir légiférer plus rapidement en cas de crise.
L’idée avancée par la Commission est de réduire certaines consultations publiques et de raccourcir les études d’impact, pour permettre des mesures qualifiées de « rapides et décisives ». L’objectif affiché est de mieux répondre aux situations d’urgence, qu’elles soient géopolitiques, économiques, énergétiques ou sécuritaires, alors que l’Union est confrontée à des chocs de plus en plus fréquents.
Cette perspective suscite toutefois de vives inquiétudes.
Plusieurs organisations de la société civile, des associations professionnelles et des universitaires alertent sur un affaiblissement potentiel de la transparence démocratique. Ils redoutent que des études d’impact raccourcies évaluent insuffisamment les conséquences économiques, sociales et environnementales des futures lois européennes, et que les citoyens soient moins associés aux décisions.
La Commission explique cependant que le cadre existe et qu’il sera maintenu.
Oui, les consultations publiques sont anciennes et les études d’impact, instaurées en 2002, accompagnent les initiatives ayant des effets significatifs. Leur préparation prend en moyenne près d’un an. Des dérogations existent déjà en cas d’urgence, et la révision annoncée pour 2026 viserait, selon la Commission, à mieux proportionner ces outils sans les supprimer, afin de concilier efficacité et garanties démocratiques.
On termine ce journal au Danemark, où une avancée majeure en matière de santé publique a été reconnue par l’Organisation mondiale de la santé.
Le Danemark est devenu le premier pays de l’Union européenne à éliminer la transmission du VIH et de la syphilis de la mère à l’enfant, après avoir atteint les objectifs requis entre 2021 et 2024.
Selon l’OMS, cette élimination repose sur une large couverture des tests prénatals, un accès rapide aux traitements pour les femmes enceintes et un suivi médical renforcé. Les taux de transmission sont désormais extrêmement faibles : moins de 0,1 % des femmes enceintes sont concernées par le VIH dans le pays. Le Danemark compte environ 5 950 personnes vivant avec le VIH.
Dans ce pays de plus de six millions d’habitants, la syphilis congénitale reste également peu fréquente. L’OMS souligne enfin que le Danemark est aussi en bonne voie pour éliminer la transmission de l’hépatite B de la mère à l’enfant, confirmant l’efficacité de sa politique de prévention, de dépistage et de suivi médical, désormais citée comme modèle au niveau européen.
Un journal de Thomas Kox et Ulrich Huygevelde.