Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 14 janvier 2026

Participation d’Ursula von der Leyen et d’Emmanuel Macron à la réunion de la Coalition des Volontaires, à Paris le 6 janvier 2026. © European Union, 2026, licensed under CC BY 4.0 Aujourd'hui en Europe - 14 janvier 2026
Participation d’Ursula von der Leyen et d’Emmanuel Macron à la réunion de la Coalition des Volontaires, à Paris le 6 janvier 2026. © European Union, 2026, licensed under CC BY 4.0

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Giona Melotto, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • UE-Mercosur : un accord historique qui divise profondément l’Europe
  • Iran : la contestation s’étend, la répression s’intensifie
  • Démographie : la France bascule pour la première fois dans un solde naturel négatif

Bonjour, on entame ce journal avec l’accord UE-Mercosur, dont la signature a été confirmée ce week-end.

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, les Vingt-Sept ont donné leur feu vert à cet accord entre l’Union européenne et quatre pays d’Amérique du Sud : le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. La signature est prévue samedi 17 janvier. Pour la Commission européenne, il s’agit d’une étape majeure dans un contexte de tensions commerciales et de rivalités géopolitiques accrues.

Et concrètement Que contient l’accord ?

Le traité vise à créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec près de 700 millions de consommateurs. Il prévoit une baisse progressive des droits de douane sur des produits européens, notamment industriels et automobiles. En contrepartie, les pays du Mercosur bénéficieront d’un accès élargi au marché européen pour leurs exportations agricoles, comme la viande, le sucre ou le soja. Bruxelles met aussi en avant un enjeu stratégique : sécuriser des matières premières et renforcer l’influence européenne en Amérique latine face à la Chine et aux États-Unis.

Pourquoi suscite-t-il autant des critiques ? 

L’opposition est forte, surtout en France. Les syndicats agricoles dénoncent une concurrence déloyale et des normes insuffisantes. Le gouvernement français affirme avoir obtenu des garanties, comme des clauses de sauvegarde, sans parvenir à rassurer. Paris a voté contre la mise en œuvre du traité, sans empêcher son adoption par une majorité d’États membres.

Comment réagit Bruxelles ?

Selon Les Échos, plusieurs partenaires comprennent la position française, le commerce restant un sujet sensible à Paris 

Le président français a qualifié l’accord « d’un autre âge », jugeant ses bénéfices économiques limités, estimés par la Commission à 0,05 % du PIB européen d’ici 2040. Pour certains diplomates, ces déclarations fragilisent la crédibilité commerciale de l’Union.

Et quelle est la prochaine étape ?

La signature ne va pas entrée en vigueur immédiate. Le Parlement européen doit encore se prononcer, même si une application provisoire est envisagée. Les débats s’annoncent tendus, tant l’accord cristallise les divisions européennes entre ouverture commerciale, agriculture et exigences environnementales.

On continue ce journal à Téhéran, où la contestation massive contre le régime s’accompagne d’une terrible vague de répression qui peine à être précisément documentée. Les autorités iraniennes promettent des procès « rapides » et menacent Washington après les annonces de Donald Trump selon lesquelles, je cite, un soutien des Etats-Unis était en route. 

Selon les dernières données de l’ONG HRANA, publiées hier, la répression aurait fait plus de 2 500 morts depuis le 28 décembre, dont plus de 2 400 manifestants. Certains sources évoquent même un bilan sidérant de 12000 morts. De son côté la justice iranienne évoque la possibilité de condamnations à mort et que des exécutions pourraient intervenir très rapidement.

Le mouvement touche au moins 187 villes à travers le pays. HRANA fait état de dizaines de milliers d’arrestations et de centaines de blessés graves. Plusieurs responsables judiciaires ont annoncé vouloir juger les manifestants dans des procédures accélérées, laissant craindre des verdicts expéditifs. Une fuite en avant pour un régime qui qualifie les protestations « d’émeutes » ou « d’actes terroristes ».

À l’inverse, de nombreuses ONG et les chancelleries occidentales dénoncent une répression aveugle et disproportionnée.

Amnesty International et Human Rights Watch évoquent un usage illégal de la force, des tirs à balles réelles et des arrestations arbitraires massives. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme s’est dit « horrifié » par l’escalade de la violence et a mis en garde contre le recours à la peine de mort. Parallèlement, la coupure quasi totale d’Internet se poursuit depuis plusieurs jours, isolant la population et compliquant la circulation des informations.

D’un autre côté, les réactions européennes se multiplient et se durcissent. 

Plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, ont convoqué des représentants diplomatiques iraniens. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a condamné « sans équivoque » l’usage excessif de la force et promis de nouvelles sanctions ciblées. Le chancelier allemand estime, lui, que la République islamique pourrait vivre ses derniers jours.

Clôturons ce journal en revenant sur les conclusions d’une étude de l’Insee qui a fait la une cette semaine en France.

Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès a été supérieur à celui des naissances dans l’hexagone. En 2025, la France a enregistré 645 000 naissances contre 651 000 décès, faisant basculer le solde naturel en négatif (- 6 000). Ce constat inédit souligne une évolution démographique majeure dans le pays longtemps très dynamique au niveau démographique par rapport à ses voisins.

La population française diminue-t-elle pour autant ?

Non. Malgré ce solde naturel négatif, la population continue de croître légèrement, atteignant environ 69,1 millions d’habitants au 1ᵉʳ janvier 2026. Cette progression (+ 0,25 %) ne repose cependant plus sur un excédent de naissances, mais uniquement sur un solde migratoire positif, estimé à + 176 000 personnes.

Quelles sont les causes de cette évolution démographique ?

Deux tendances convergent : un recul durable de la natalité, avec un taux de fécondité tombé à 1,56 enfant par femme, un niveau historiquement bas, et un vieillissement de la population, avec une proportion de personnes âgées en forte croissance, ce qui entraîne naturellement davantage de décès.

Quelles sont les implications de ce basculement ?

Ce tournant démographique pose plusieurs défis : le financement des retraites et de la dépendance, la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs, et la nécessité de repenser les politiques familiales, l’accueil de la petite enfance et la politique migratoire.

Un Journal de Thomas Kox et Giona Melotto.