Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 17 juin 2026

Le G7 à Evian, en présence d’Ursula von der Leyen et Volodymyr Zelensky, 16 juin 2026 © Presidency of Ukraine Aujourd'hui en Europe - 17 juin 2026
Le G7 à Evian, en présence d’Ursula von der Leyen et Volodymyr Zelensky, 16 juin 2026 © Presidency of Ukraine

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Sommet du G7 : l’Ukraine au cœur des discussions 
  • Accord de Turnberry : l’UE se protège des surtaxes américaines 
  • NGT : l’UE s’apprête à accepter une biotechnologie qui divise le monde agricole

On ouvre ce journal en France, où le sommet du G7 à Evian s'achève ce mercredi, avec l'Ukraine toujours au cœur des discussions.

Les dirigeants européens cherchent toujours à convaincre Donald Trump de maintenir son soutien à Kyiv et d'accentuer la pression sur Moscou. Après sa rencontre avec Volodymyr Zelensky, le président américain a estimé que "la Russie devrait conclure un accord", tandis que les puissances européennes plaident pour une paix négociée associant l'Ukraine, les États-Unis et l'Union européenne. De son côté, le président ukrainien, qui était présent au G7, demande davantage de soutien militaire, dans un contexte marqué par l’intensification des frappes russes, faisant dimanche dernier 11 morts et 53 blessés et endommageant la cathédrale de la Dormition à Kyiv.

En parallèle, plusieurs nouvelles mesures de soutien à l'Ukraine ont été annoncées en marge du sommet.

Quelques jours après l'officialisation du nouveau paquet de sanctions européennes, c'était, lors d’un point presse en marge du G7, au tour du Canada de dévoiler hier un nouveau train de sanctions visant plus de 160 personnes, entités et navires liés à la "flotte fantôme" russe, ainsi qu'aux secteurs de l'énergie, de la défense et vis-à-vis “des acteurs de la désinformation”. Le Royaume-Uni a également annoncé hier, lors du sommet, de nouvelles sanctions contre plus de 600 navires utilisés pour exporter le pétrole russe, ainsi qu'un financement de 210 millions de livres, destiné à sécuriser l'approvisionnement en uranium enrichi des centrales nucléaires ukrainiennes.

Quant à l'Union européenne, elle souhaite également aller plus loin que les mesures évoquées hier par les États membres du G7.

Ursula von der Leyen a appelé les partenaires du G7 à financer le tiers restant des besoins budgétaires ukrainiens pour 2026 et 2027, alors que Bruxelles a déjà validé un prêt de 90 milliards d'euros. L'UE a par ailleurs ajouté un volet cybersécurité à sa politique de soutien vis-à-vis de l’Ukraine : depuis hier, Kyiv a donc la possibilité d'activer le dispositif d'assistance européenne d'urgence en cas de cyberattaque majeure.

Mais ce dernier jour de sommet ne se limite pas à la guerre en Ukraine : les dirigeants du G7 consacrent aujourd’hui une session de travail à la sécurisation de l'intelligence artificielle.

Oui, après des échanges en présence de figures mondiales de la tech, une déclaration commune sur l'encadrement de l'accès des mineurs aux réseaux sociaux est attendue, même si les divergences persistent sur la régulation du numérique et la taxation des grandes entreprises technologiques.

Cette prise de position sur l’intelligence artificielle s’ajoute à des déclarations sur d’autres enjeux internationaux.

Les dirigeants du G7 se sont engagés à renforcer la lutte contre le trafic mondial de drogues, ont réaffirmé leur opposition aux revendications chinoises en mer de Chine et dans le détroit de Taïwan, tout en exprimant leur vive inquiétude face aux ambitions nucléaires de la Corée du Nord. Ils ont également soutenu le principe d'un libre passage dans le détroit d'Ormuz après l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran, tout en annonçant vouloir diversifier leurs approvisionnements énergétiques pour réduire leur dépendance à cette route stratégique.

On continue ce journal à Strasbourg, où le Parlement européen a donné hier son feu vert final à la mise en œuvre de l’accord commercial avec les États-Unis, après des mois de négociations.

L’accord, signé en juillet 2025 par Ursula von der Leyen et Donald Trump à Turnberry, en Écosse, prévoit la suppression des droits de douane sur la plupart des exportations américaines vers l’UE, ainsi qu’un accès préférentiel au marché européen pour certains produits agricoles et de la pêche. En échange, l’Union obtient le plafonnement à 15 % des taxes imposées par Washington sur les produits européens, en particulier sur l’acier et l’aluminium. Mais plusieurs eurodéputés jugeaient cet accord déséquilibré, au détriment des intérêts européens, et exigeaient donc un certain nombre de garanties avant de permettre sa mise en œuvre.

L’adoption actée hier a donc été facilitée par l’ajout de plusieurs garde-fous.

Parmi eux : une clause permettant à la Commission européenne de suspendre des préférences tarifaires si Washington relève ses droits de douane au-delà de 15%, ne respecte pas ses engagements ou discrimine des entreprises européennes. Une clause de sauvegarde permet quant à elle à l’UE de réagir si l’afflux de produits américains, dû aux taux préférentiels, menace l’industrie européenne. Enfin, l’accord expirera automatiquement fin 2029, sauf décision contraire, et fera l’objet d’une évaluation de ses effets.

Un compromis conclu pour tenter d’apaiser les relations transatlantiques, après des mois de tensions.

L’UE y voit un moyen de se prémunir contre de nouvelles offensives commerciales américaines, récurrentes depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Lundi encore, il a menacé d’imposer des droits de douane de 100% sur les vins et champagnes français en réponse à la taxe française sur les géants américains du numérique. Le président américain a également récemment brandi la menace de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance d'une soixantaine d'économies, dont l’Union européenne. Les textes adoptés hier doivent toutefois encore être formellement approuvés par le Conseil de l’Union européenne pour entrer en vigueur définitivement.

On termine ce journal, toujours à Strasbourg, où les eurodéputés devraient aujourd’hui approuver une nouvelle génération d’OGM dans l’agriculture en Europe, après un premier feu vert lundi en commission.

Le Parlement s’apprête en effet à autoriser des plantes issues de nouvelles techniques génomiques (NGT). Contrairement aux OGM traditionnels, ces techniques modifient le génome d’une plante, mais sans y introduire d’ADN étranger. Leurs promoteurs mettent en avant des cultures plus productives, plus résistantes à la sécheresse ou aux maladies et moins gourmandes en pesticides.

Une évolution qui divise toutefois le monde agricole.

Les principaux syndicats agricoles soutiennent cette technologie, qu’ils jugent utile pour mieux faire face aux pénuries d’eau ou aux maladies et “faciliter” la vie des agriculteurs.

À l’inverse, les petits exploitants, les agriculteurs bio et les militants écologistes dénoncent les risques de concentration des brevets entre les mains des plus grands semenciers, au risque de coûts supplémentaires et d’une dépendance accrue pour les agriculteurs. Ils pointent aussi une possible réduction de la diversité des cultures et un manque de garantie en matière de traçabilité et de surveillance des semences. Malgré ces critiques, l’issue du vote laisse peu de doute : le texte bénéficie d’un large soutien dans l'hémicycle, de la droite jusqu’au centre.

Un journal de Manon Gendreau et Nicolas Le Guily.